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La biathlète française Julia Simon après sa victoire avec le collectif tricolore sur le relais féminin lors des JO d'hiver, le 18 février 2026 à Anterselva.
Crédit : FRANCK FIFE / AFP
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Depuis le début des JO, Anterselva est devenue une enclave bleue en Italie et la Marseillaise entonnée après le titre des relayeuses, mercredi 18 février, a de nouveau illustré cette tendance. Avec dix médailles, dont cinq en or, décrochées en seulement neuf courses, le biathlon tricolore a montré combien il était performant lors de ces Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, maintenant à lui seul la délégation aux places d'honneur du tableau des nations. Et ce, alors même qu'il reste les deux dernières épreuves de mass start prévues en fin de semaine.
La quinzaine avait été idéalement lancée par le sacre en relais mixte, suivi ensuite d'une belle moisson, avec un podium minimum sur chaque course (hormis la poursuite féminine). Pour expliquer une telle réussite, il faut se figurer combien cette discipline, encore relativement inconnue dans l'Hexagone avant les années 1990, est une histoire de transmission.
Le patron des équipes de France Stéphane Bouthiaux a été à l'origine des premiers coups d'éclats avec deux médailles de bronze dans l'épreuve par équipes des Mondiaux en 1990 et 1995. Tandis que sa femme, Anne Briand, devenait la première championne olympique française de biathlon avec Corinne Niogret et Véronique Claudel sur le relais féminin en 1992 à Albertville, alors même qu'elles n'étaient que sept licenciées dans le pays.
"À l'époque, ceux qui font du biathlon, ce sont les losers du ski de fond. Ce sont ceux qui ne vont pas assez vite qui essaient de faire une carrière là-dedans", s'amuse Florence Baverel, championne olympique 2006 dans le documentaire Biathlon, une histoire de France. Mais derrière, chaque génération a inspiré la suivante.
En trois décennies, ce sport de militaire et de douaniers est sorti de l'ombre grâce à ses têtes d'affiche : il y a eu Raphaël Poirée - octuple champion du monde, vainqueur de quatre Coupes du monde et triple médaillé aux JO dans les années 2000 - qui a su briller au moment où ce sport se modernisait, avec l’avènement de formats dynamiques comme la mass start. Mais sans atteindre l'or olympique.
Puis dans le sillage de Vincent Defrasne et Florence Baverel, qui ont percé ce plafond de verre à Turin 2006, le géant Martin Fourcade s'est dressé contre la domination norvégienne pour aligner six sacres sur la plus grande scène.
De quoi donner de l'idée à Quentin Fillon Maillet, qui a écrasé les Jeux de Pékin, puis à la génération des Éric Perrot et Lou Jeanmonnot, actuels leaders de la Coupe du monde. "Quand j'étais junior, on faisait d'abord du ski de fond, un jour on essayait le tir, ça nous plaisait, et on devenait biathlète", racontait Sandrine Bailly, médaillée d'argent et de bronze olympique en relais (2006 et 2010), au Parisien en début de quinzaine. "Désormais, les jeunes viennent au biathlon par choix, ce qui apporte une forte densité".
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Crédit : Gabriel Joly / Datawrapper
En 2014, la Fédération française de ski (FFS) ne comptait que 350 licenciés en compétition et autour de 5.000 pratiquants. Six ans plus tard, lors de la retraite de Martin Fourcade, ils étaient 750 licenciés en compétition et 20.000 pratiquants à travers la France, rapporte France 24. La preuve d'un boom évident, que sa personnalité a aussi facilité, drainant l'intérêt des médias.
D'ailleurs en 2016, l'achat des droits de la saison de biathlon par la chaîne L'Équipe a été un tournant. Accessible en clair et en intégralité, la discipline a séduit un nouveau public, jusqu'à ce que la chaîne ne revendique un million de téléspectateurs en moyenne.
Il faut dire que les compétitions sont attractives : outre la réussite insolente des Français, le suspense induit par les formats assez courts proposés a de quoi captiver et donner envie de s'essayer, au vu des nombreux retournements de situation. Derniers exemples en date ? Les relais masculin et féminin des JO mardi et mercredi, sur lesquels les Bleus ont compté respectivement 45 et 55 secondes de retard au bout d'un quart de la course, pour finalement l'emporter.
Mais à chaque médaille, tous insistent aussi sur le collectif - dont la réussite n'a justement pas pâti des tensions chez les femmes - et les hommes de l'ombre, sans qui ils ne seraient pas aussi performants : que ce soit les techniciens pour les skis ou les entraîneurs à l'image de Jean-Pierre Amat, champion olympique de tir en 2000 à Sydney, qui chapeaute le travail des Bleus à la carabine.
Aujourd'hui, les moyens financiers mis à disposition de l'équipe de France par l'Agence nationale du sport (ANS) changent la donne. Bientôt un nouveau camion de travail pour les techniciens, qui ont aussi un contrat plus long afin de travailler en dehors de la saison sur le nouveau matériel, sera mis à disposition. Tout semble donc en place pour perpétuer la gagne et c'est de bon augure avant les Alpes 2030.
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