Samuel Le Bihan : "Il faut avoir peur, il faut avancer avec ses doutes"

Dans cet épisode de "Les 1001 vies de...", Samuel Le Bihan raconte un parcours de conquête, de réparation et de liberté. Au micro de Xavier de Moulins, le comédien revient sur une enfance modeste, dans un milieu populaire, entre un père ouvrier, blessé et taiseux, une mère soutenante, et surtout des femmes - sa mère, sa grand-mère - qui ont cru en lui quand son désir d'être artiste paraissait irréaliste.

L'entretien retrace la naissance d'une vocation improbable. D'abord attiré par le dessin et les beaux-arts, Samuel Le Bihan découvre le théâtre presque par hasard, comme une manière de sortir de sa solitude, de se confronter aux mots et de se lancer un défi intime. Il raconte les débuts difficiles, les concours ratés, le travail acharné, les spectacles de rue, le jonglage, le feu, les petits boulots, jusqu'au conservatoire, à la Comédie-Française puis au cinéma. Chez lui, rien ne relève du miracle: il défend une vision très concrète de la réussite, faite de passion, de labeur de disponibilité au hasard.

L'acteur revient aussi sur ce qui l'a construit plus profondément : la relation complexe au père, la quête de reconnaissance, l'accordéon appris pour lui plaire jusqu'à devenir champion de France, puis abandonné quand il comprend que cela ne suffira pas à combler le manque. Samuel Le Bihan dessine le portrait d'un homme qui a transformé ses fragilités en énergie d'action. Très engagé sur les questions d'écologie, de solidarité et surtout d'autisme, il raconte comment une épreuve intime est devenue un combat collectif avec la création "d'Autisme Info Service".