Jacques Attali : "Nous sommes là pour réparer le monde"

Xavier de Moulins

Dans cet épisode de "Les 1001 vies de...", Jacques Attali déroule le fil d'une existence menée à vive allure, traversée par une même obsession : comprendre le monde, agir sur lui et laisser une trace. Au micro de Xavier de Moulins, l'économiste, écrivain, ancien conseiller de François Mitterrand, enseignant et chef d'orchestre revient sur une vie multiple, construite très tôt autour de l'exigence, du travail et d'une peur intime : celle de mener une existence ordinaire. Né à Alger en 1943, il évoque une enfance heureuse en apparence, entre la plage, la réussite sociale d'un père venu d'un milieu très pauvre et une famille où l'amour existe mais se dit peu. Il raconte un père exigeant, silencieux, jamais dans le compliment, et une éducation qui a nourri chez lui à la fois la discipline, le goût de l'effort et le besoin constant de se dépasser.

L'entretien retrace la formation d'un homme qui a très tôt refusé de se laisser enfermer dans une seule voie. Jacques Attali raconte comment il renonce à devenir médecin, voie tracée par son père, pour explorer plusieurs vies à la fois : haut fonctionnaire, écrivain, journaliste, professeur, conseiller politique, musicien. Il revient sur le rôle décisif du travail dans sa construction, sur le plaisir d'en faire toujours plus que ce qu'on attend de lui, sur l'importance de la forme physique, du sommeil, de la discipline et de la routine comme conditions de l'énergie intellectuelle. Il évoque aussi ses regrets et ses échecs, de la recherche scientifique qu'il n'a pas menée jusqu'au bout à certains grands projets internationaux inaboutis, notamment au Bangladesh ou dans la relation entre l'Europe et la Russie.