Claire Gibault : "Un chef d'orchestre ne doit pas dominer les musiciens, ni se laisser dominer"

Xavier de Moulins

Première femme française à s'imposer comme cheffe d'orchestre, Claire Gibault raconte un parcours marqué par la ténacité, le travail et la passion de la musique classique. Au micro de Xavier de Moulins, elle évoque ses débuts dans un univers très masculin, les résistances rencontrées au sein des orchestres et les préjugés persistants contre les femmes chefs d'orchestre. Elle décrit aussi la réalité concrète de ce métier, à la fois artistique, physique et profondément collectif.

Fondatrice du Paris Mozart Orchestra en 2011, Claire Gibault défend une autre idée de la direction d'orchestre. Pour elle, un chef ne doit ni dominer les musiciens ni se laisser dominer, mais construire avec eux une interprétation commune. Amoureuse de Mozart, attentive à la transmission, elle insiste sur l'importance du regard, de l'écoute, du souffle et de la mémoire dans son travail. Elle revient aussi sur l'influence décisive de Claudio Abbado, qui l'a aidée à trouver sa place dans ce milieu fermé.

L'entretien éclaire enfin son engagement en faveur de l'inclusion par la culture. Avec le Paris Mozart Orchestra, Claire Gibault joue aussi bien dans les grandes salles que dans les prisons, les écoles ou les hôpitaux psychiatriques. Cofondatrice du concours La Maestra, elle agit pour une meilleure place des femmes dans la direction d'orchestre. Sa conviction est claire : la musique peut apaiser, relier et redonner une place à chacun dans la société.