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Sexe oral : comment bien se protéger lors d'une fellation ou d'un cunnilingus ?

Pratiquer le sexe oral ne protège pas des infections sexuellement transmissibles. Voici un guide pour des relations sexuelles en toute sécurité.

Pratiquer le sexe oral ne protège pas des IST
Pratiquer le sexe oral ne protège pas des IST Crédit : Unsplash/Sarah Cervantes
Arièle Bonte
Arièle Bonte
et Charlie Vandekerkhove

Pour bien vivre sa sexualité tout en se protégeant des infections sexuellement transmissibles, il faut garder une chose en tête : en matière de sexe, les prises de risque sont liées aux pratiques sexuelles dans leur ensemble.

Ainsi, bannir la pénétration lors d'un rapport par peur de contamination au profit du sexe oral par exemple, ne protège pas d'une infection. Voici alors quelques rappels essentiels et les réflexes à adopter pour vivre une sexualité en toute sécurité.

Un peu de vocabulaire pour commencer. De quoi faut-il d'abord se protéger précisément ? Des IST (Infections sexuellement transmissibles), autrefois appelées MST (Maladies sexuellement transmissibles). Depuis 2009 en effet, le ministère de la Santé recommande de parler d'IST, car avec le terme de "maladies", MST laisse penser que des symptômes accompagnent ces infections. Comme la fièvre ou les courbatures peuvent annoncer une grippe.

Or certaines IST sont dites "asymptomatiques", c’est-à-dire qu’on peut en être atteint mais ne pas s’en rendre compte. Ces dernière ne s'accompagnent donc pas forcément de symptômes. D'où l'importance de bien se protéger mais aussi de se faire régulièrement dépister. 

Qu'est-ce qu'une IST (Infection sexuellement transmissible) ?

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"Les infections sexuellement transmissibles sont provoquées par des microbes (virus, bactéries, parasites) qui passent d’une personne à l’autre principalement au cours des relations sexuelles. Mais certaines d’entre elles, comme l’infection par le VIH, l’hépatite B et parfois la syphilis, peuvent également se transmettre autrement que par voie sexuelle", explique sur son site l'INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). Comme le rappelle l'institut, la plupart des IST se soignent facilement, mais leur gravité est variable.

Concernant le sexe oral, ce n'est pas par la salive ou la langue que les infections se transmettent mais bien lorsque deux muqueuses se rencontrent. En cas de lésions buccales (même minimes), comme on peut en avoir après s'être lavée trop fort les dents par exemple, les IST peuvent se frayer un chemin jusqu'à votre organisme. Les risques d'infection ne sont pas aussi élevés que lors d'une pénétration par exemple mais ils existent. Donc en cas de doute : protégez-vous ! 

Les bases de la prévention du sexe oral

Pour se protéger de manière général, il existe pour quelques IST des vaccins efficaces, comme celui contre l'hépatite B ou le papillomavirus. Pour se protéger d'autres infections comme le VIH par exemple, il n'existe qu'une solution, même lorsqu'on pratique le sexe oral : les préservatifs et un dépistage régulier.

Le dépistage est particulièrement recommandé quand on change de partenaire, mais il s'applique à tout le monde et peut être réalisé de manière anonyme et gratuite. Il peut être prescrit par un médecin généraliste ou réalisé sans ordonnance dans des centres dédiés : les CDAG (Consultations de dépistage anonyme et gratuit), répertoriés dans toute la France sur le site de Sida Info Service ; le planning familial ou encore dans les CIDDIST (Centres d'information, de dépistage et de diagnostic des IST), dont la liste est disponible sur le site de Sida Info Service également.

Préservatif et digue dentaire : savoir se protéger

Dans le cas d'une fellation, il n'existe qu'un moyen de se protéger : demander à son partenaire de porter un préservatif comme lors d'une pénétration.

Pour un cunnilingus ou un anulingus, là aussi il n'existe qu'un outil pour vous permettre de pratiquer du sexe oral en toute sécurité : la digue dentaire. On vous en a peut-être déjà posé une sur le fauteuil de votre dentiste ? Le principe de la digue dentaire est simple : il s'agit d'un carré en latex que l'on pose sur la vulve ou l'anus de son ou sa partenaire. 

Elle permet donc à la bouche de ne pas entrer directement en contact avec les muqueuses et autres fluides de la personne qui reçoit le cunnilingus ou l'anulingus et donc, vous l'avez compris, de se protéger de toutes IST. Seul inconvénient : les digues dentaires ne sont pas très populaires et il n'est pas toujours simples d'en trouver dans les pharmacies de son quartier. On vous conseille donc de faire le plein via des sites internet spécialisés. 

Évidemment, comme pour un préservatif, une digue dentaire ne s'utilise pas si sa date de péremption est dépassée. Son usage est unique et une fois le rapport terminé, elle se jette à la poubelle. 

Vous pouvez coupler préservatif et digue dentaire avec un lubrifiant. Ce dernier facilite les mouvements et diminue les chances de lésions (donc de sang) sur les parois vaginales et anales pendant le rapport. Il est impératif de le choisir à base d'eau, car d'autres substances peuvent abîmer le latex des sextoys ou des préservatifs : la vaseline par exemple, rend les préservatifs poreux et annule donc leur effet protecteur.

Se faire dépister : la porte d'entrée au sexe oral sans latex

À noter que les deux solutions que nous vous avons présentées peuvent être remplacées une fois qu'un test vous aura dépisté-e-s vous et votre partenaire. En cas de résultats négatifs aux infections, vous pourrez avoir des rapports bucaux sans qu'aucune zone de latex ne vienne séparer votre langue des parties génitales de votre partenaire. 

Bon à savoir : aller aux toilettes après un rapport

Autre réflexe bon à connaître, et qui s'adresse aux femmes : il est important d'aller uriner après chaque rapport, car un rapport sexuel entraîne toujours une remontée de microbes dans l’urètre, ces microbes peuvent remonter dans la vessie et provoquer une infection urinaire. Uriner fait l’effet d’un nettoyage, en renvoyant les microbes vers l’extérieur. 
Si le sexe pendant les règles vous tente, gardez en tête que la présence de sang pendant cette période accroît le risque de transmission d'IST, et que la flore vaginale est déséquilibrée pendant ces quelques jours, donc plus vulnérable.

Derniers conseils

Au début de la vie sexuelle, se protéger des risques peut parfois sembler compliqué, mais avec les bonnes informations, tout s'arrange. Il ne faut donc pas hésiter à poser des questions aux personnes compétentes, à visiter les sites de Sida Info Service et des autres associations de prévention, ou à consulter un gynécologue si quelque chose ne vous semble pas normal. Il faut surtout apprendre à connaître son corps, et à communiquer avec son ou sa partenaire. Pour des questions anonymes et précises et des réponses claires, vous pouvez aussi consulter le très bon blog Sexy Soucis

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