3 min de lecture Sexisme

Le CES de Las Vegas est-il le festival du sexisme ?

Aucune femme n'interviendra lors d'une "keynote" cette année à l'occasion du CES de Las Vegas, célèbre salon d'électronique grand public. Une absence qui fait gronder les professionnelles du secteur.

Le CES de Las Vegas s'ouvre au grand public ce mardi 9 janvier
Le CES de Las Vegas s'ouvre au grand public ce mardi 9 janvier Crédit : DAVID MCNEW / AFP
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

Aucune femme ne prendra la parole lors d'une "keynote" programmée durant le CES de Las Vegas. En sept ans, elles ne sont que trois à avoir eu le privilège d'intervenir dans le salon mondial de l'électronique grand public qui débute ce mardi 9 janvier outre-Atlantique.

Cette absence d'intervenante n'est d'ailleurs pas passée inaperçue pour l'édition 2018 de ce rendez-vous annuel particulièrement médiatisé. Les critiques se sont faites entendre de la part des professionnelles de l'industrie, comme le rapporte un article de Sciences et Avenir. 

"Le fait que ce large rassemblement mondial de la haute technologie ignore complètement la question montre sa surdité et son irresponsabilité", a ainsi réagi Liliana Aide Monge, directrice de l'école de codage Sabio basée en Californie et citée par Sciences et Avenir.

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Rappelons que le monde de la Tech a été secoué en 2017 par de nombreuses accusations de harcèlement sexuel dans de grandes entreprises (chez Uber Technologies, par exemple) ou de la part de puissants investisseurs. Face aux scandales, plusieurs hommes ont été obligés de démissionner de leur fonction dont Shervin Pishevar, puissante figure de la Silicon Valley et à la tête du fonds d'investissement Sherpa Capital. 

Le plafond de verre du CES

Karen Chupka, vice présidente de la Consumer Technology Association (CTA), est en charge de l'organisation du CES et s'est défendue de cette absence de diversité dans un article publié sur le site de l'association professionnelle.

Se ventant de l'équipe exécutive 100% féminine du CES, Karen Chupka a tenu à rappeler que de nombreuses femmes puissantes avaient déjà eu l'occasion de s'exprimer durant le CES comme Mary Barra de General Motors ou Marissa Mayer à la tête de Yahoo!.

Mais pour accéder à l'une des deux sacro-saintes grandes scènes réservées aux plus grands et aux meilleurs, les femmes de la Tech font face à un plafond de verre on ne peut plus évident. Karen Chupka explique alors que si aucune femme n'a été invitée à parler, c'est parce que le CES n'en a tout simplement pas trouvée.

Nous comprenons votre peine. Cela nous dérange également

Karen Chupka, vice-présidente de la Consumer Technology Association
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"Pour prononcer un keynote au CES, la personne intervenante doit diriger (au niveau de la présidence ou de la direction générale) une large entité reconnue par l'industrie", écrit la vice-présidente de CTA avant d'ajouter : "Aussi contrariant cela soit-il, le pool est limité quand on parle de femmes occupant ces positions. Nous comprenons votre peine. Cela nous dérange également. L'industrie technologique et tous les autres secteurs doivent faire mieux". 

En compensation peut-être, Karen Chupka inonde son compte Twitter de messages où les hashtags #WomenInTech et #GirlPower ne cessent de s'inviter ici et là pour mettre en lumière le travail des femmes de la Tech tandis que le CES a mis en service une application dédiée aux problèmes durant l'événement. L'option "harcèlement" y a été activée, preuve que le salon a bien conscience d'au moins un danger auquel sont exposées les femmes dans son industrie ?

Des pubs sexistes contre des "voix qui comptent"

Si le CES se rattrape sur la présence d'entrepreneures dans les allées de son salon ou sur les plus petites scènes de l'événement, les marques sur place n'aident pas toujours à une meilleure représentation des femmes, observe une journaliste de France Inter. Exemple avec une publicité issue de la conférence de presse Sony où l'on peut voir une mère de famille gérer le dîner, la machine à laver, la livraison des courses et le bébé qui pleure (tout ça en même temps) tandis que papa attend patiemment devant la télé qu'on lui serve son souper. 

Pour protester contre la mauvaise représentation des femmes au CES, certaines ont décidé de boycotter l'événement à l'instar de Liliana Aide Monge. Leslie Berland, directrice marketing de Twitter, a quant à elle choisi de s'exprimer sur les réseaux sociaux. Enfin, d'autres comme Gina Glantz, co-fondatrice de l'association Gender Avenger, ont décidé d'investir les quartiers du CES pour sensibiliser les visiteurs et visiteuses à l'importance dans la diversité dans l'industrie des nouvelles technologies où les femmes ont d'ailleurs toujours eu une place d'une grande importance.

Gina Glantz distribua des autocollants sur lesquels on peut lire : "la voix des femmes compte", rapporte un article du Point. Des initiatives suffisamment fortes pour marquer les esprits et changer la donne pour l'édition 2019 ?

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2018-01-09 17:52:00
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