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ÉDITO - Réforme des retraites : si Macron "a changé d'avis si rapidement, c'est parce qu'il n'en a pas", affirme Lenglet

Emmanuel Macron a étonné en laissant la porte ouverte à des assouplissements importants de sa réforme des retraites. Pourquoi ce revirement ?

Emmanuel Macron, lors d'un déplacement de campagne à Carvin (Pas-de-Calais)
Emmanuel Macron, lors d'un déplacement de campagne à Carvin (Pas-de-Calais)
Crédit : BENOIT TESSIER / POOL / AFP
ÉDITO - Retraites : si Macron "a changé d'avis si rapidement, c'est parce qu'il n'en a p
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ÉDITO - Réforme des retraites : si Macron "a changé d'avis si rapidement, c'est parce qu'il n'en a pas", affirme Lenglet
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François Lenglet - édité par Philippine Rouvière Flamand

Emmanuel Macron a créé la surprise hier, en déplacement, lorsqu’il a ouvert la porte à des assouplissements importants de sa réforme des retraites. On se souvient de ce qui était indiqué dans son programme : report de l’âge légal à 65 ans, il est aujourd’hui fixé à 62 ans, de façon progressive, à hauteur de 4 mois supplémentaires d’activité par an. 

La première génération touchée devait être celle qui est née en 1961. Mais les choses changent vite. Le premier tour à peine passé, le président explique que tout cela doit être négocié, qu’on peut discuter et du rythme et des bornes, c’est-à-dire de l’âge légal lui-même. Ultime pirouette, il n'exclut pas un référendum sur la question, pour que les Français s’expriment.
 
S'il a changé d'avis si rapidement, c'est parce qu'il n'en a pas. Seules comptent les circonstances politiques. Avant le premier tour, il fallait tuer Valérie Pécresse, potentiellement dangereuse, en captant l’électorat de droite. D’où la surenchère à 65 ans, alors que le projet raté de 2019 prévoyait 64 ans. Une fois que Valérie Pécresse a disparu, il faut maintenant récupérer les décombres du vote Mélenchon, donc cap à gauche toute. Rappelons que déjà en 2017, le candidat et son équipe avaient conçu une usine à gaz inapplicable : régime universel sans augmentation de la durée, rien que pour récupérer l’héritage électoral du socialiste François Hollande. Politique, déjà. 

Ce que fera Macron s'il était élu

S'il était élu, Emmanuel Macron ne fera probablement pas plus que lors du précédent quinquennat, c’est-à-dire rien. Jamais on n'a autant parlé de réforme des retraites que depuis cinq ans, et jamais on en a aussi peu fait. Si on demande aux Français par référendum s’ils préfèrent continuer à travailler ou partir à la retraite, on n’a pas besoin d’institut de sondage pour connaître le résultat. Dans le même genre, on pourrait consulter les Français pour savoir si leur pouvoir d’achat est suffisant. 
 
Emmanuel Macron nous dit que la précédente réforme a été interrompue par l’épidémie de Covid-19. En réalité, le virus est venu le sauver d’avoir à mettre en œuvre un projet mal préparé, peu négocié, sur lequel s’était greffé tardivement un allongement de la durée de cotisations qui n’avait pas été annoncé pendant la campagne. 

Comment changer notre système de retraites ?

Il y a eu une bonne réforme dont on pourrait s’inspirer pour changer notre système de retraite, c’est la dernière, faite par Marisol Touraine en 2014. Elle a été noyée dans les controverses sur le compte pénibilité, un dispositif très complexe pour mesurer l’usure au travail, qui avait mis en fureur les patrons avant d’être simplifié. 

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Mais sur le fond, cette réforme était bonne : un trimestre de travail de plus tous les trois ans, s’appliquant aux générations d’après 1973. Touraine avait alors allongé la durée de cotisation, ce qui est beaucoup plus juste que de retarder l’âge légal, parce que cela permet à ceux qui ont commencé tôt de partir à la retraite tôt, alors que les entrées tardives sur le marché du travail, elles, doivent attendre davantage. C’est simple. C’est compréhensible. C’est prévisible. C’est juste. 
 
En 2017, Emmanuel Macron voulait garder la retraite à 62 ans. En 2019, c’était 64 ans. Jusqu’au 10 avril 2022, c’était devenu 65 ans. Depuis, c’est à nouveau 64. Le 25 avril, au lendemain du second tour, s’il était réélu, on n’en sait fichtrement rien.

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