4 min de lecture Cinéma

"Spider-Man: Far From Home" : Peter Parker et Marvel à l'assaut des "fake news"

NOUS L'AVONS VU - L'homme-araignée est de retour et, après avoir vaincu Thanos, le jeune Peter Parker s'offre des vacances européennes bien méritées. Critique garantie sans spoiler.

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Spider-Man: Far From Home | Official Trailer Crédit Image : Sony Pictures |
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Maintenant que Thanos est mort et que sa Décimation a été annulée grâce au travail des Avengers dans Endgame, le monde tente de se remettre de cet événement cataclysmique. C'est cet "après" qu'exploite le nouveau volet des aventures de Spider-Man baptisé Far From Home. Aux commandes, nous retrouvons tout naturellement Tom Holland dans le costume de l'homme-araignée. 

Après sa vaporisation dans Infinity War, le lycéen du Queen est revenu dans son lycée mais cinq années se sont écoulées. Une bonne partie de ses camarades (dons les personnages principaux comme son meilleur ami Ned) ont disparu (puis sont réapparus) comme lui. Une coïncidence qui s'explique, naturellement, par la nécessité d'avoir une cohérence entre l'âge des acteurs et celui des personnages. 

Pour se remettre de la bataille épique d'Endgame et de la mort de son mentor Tony Stark (alias Iron Man), Peter Parker décide de partir en voyage scolaire en Europe. Objectifs : se détendre, mener une vie normale loin des Avengers et avouer ses sentiments à MJ (Zendaya). Mais naturellement tout ne va pas se passer comme prévu...

Spider-Man face à l'ère de la post-vérité

Ce nouveau Spider-Man: Far From Home parvient totalement à conserver la fraîcheur du très bon Homecoming. Le nouveau casting est toujours aussi attachant et l'intrigue mêle habilement les forces d'un teen-movie et ses paniques adolescentes avec la force dramatique des précédents films Marvel. Les petites plaisanteries et la compétition entre Peter et son camarade Brad pour attirer l'attention de MJ fonctionnent. Mais Spider-Man: Far From Home n'est pas qu'une comédie romantique avec quelques touches d'action. Le film n'oublie pas de s'inscrire dans la mythologie du Marvel Cinematic Universe (MCU) et traite avec délicatesse la question de la mort de Tony Stark.

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Père spirituel de Peter Parker, Iron Man confie une partie de sa technologie à l'adolescent. Ce dernier ne se sent pas les épaules d'un prochain Iron Man et ne cesse de se battre entre l'envie d'une vie plus tranquille et la responsabilité que lui impose son statut d'Avengers et ses pouvoirs. Ce conflit moral et une certaine tristesse vient épaissir l'intrigue sans pour autant révolutionner le genre. 

En revanche, sur la seconde moitié du film, Far From Home s'attaque à un thème encore jamais abordé par me MCU et particulièrement dans l'actualité : les fake news. Plus que des révélations ou des rebondissements inattendus, le film construit un miroir aux alouettes saisissant. Plus que les ennemis réels ou imaginaires que doit combattre Spider-Man, le film joue avec les nombreuses rumeurs et théories des fans et de la presse autant qu'avec les personnages. 

Toutes ces illusions servent à surprendre efficacement le public (même si on est un cran en dessous de la grande surprise de Homecoming avec la révélation de l'identité du Vautour). Far From Home s'amuse avec les médias et avec la puissance des informations fabriquées (ou non) et la dangerosité des mensonges. Des premières citations sur le sujet comme "Vous croyez vraiment ce qui est écrit sur Internet ?" aux scènes post-générique, ce nouveau Spider-Man surprend et fait réfléchir. Far From Home s'intéresse aussi à la question de l'identité cachée de Peter Parker, un élément central de l'intrigue des comics mais que le MCU avait un peu abandonné avec ses personnages de Tony Stark, Thor ou Captain Marvel qui évoluent dans le monde sans mystère. 

L'araignée invulnérable

Les deux autres forces de ce Far From Home sont les combats et les personnages secondaires. Le nombre de pirouettes de Peter Parker est particulièrement impressionnant. C'est une Europe vue des États-Unis qui est visitée avec de grandes villes comme Venise et Londres qui servent de grands terrains de jeu à Peter Parker et ses ennemis. Certains effets spéciaux comme les modélisations des titans élémentaux ou des explosions oscillent entre la perfection et la médiocrité. 

Une raison toute scénaristique pourrait expliquer cette baisse de qualité mais il est probable que le budget et le temps de post-production soient les vrais coupables. Mais, rassurez-vous, ce sont de minuscules détails dans une fresque d'effets spéciaux très réussis (notamment les pouvoirs de Mystério [Jake Gyllenhaal] ou certaines acrobaties de Spider-Man). Seules quelques incrustations en fond vert sont visibles et une explosion d'un lance-roquette à Londres pourrait heurter les yeux des plus sensibles.

Les combats sont parfaitement réalisés et nous suivons avec délectation les scènes d'action. Si Peter Parker semble protégé par ce que les Anglo-saxons appelle une "plot armor" (une "armure scénaristique" qui empêche la mort du héros malgré les millions de balles qui volent en sa direction car il est un personnage central), le destin des personnages secondaires offre quelques moments de suspense. 

Humour et amours

Les amis de Peter Parker sont, en effet, toujours entre Spider-Man et les dangers qui menacent la Terre. Peter Parker doit constamment faire le choix entre suivre les ordres de Nick Fury (Samuel L. Jackson), le patron du S.H.I.E.L.D. ou sauver ses camarades de classe prisonniers de la bataille qui ravage les grandes villes européennes. Si on ne croit pas un instant que Peter Parker puisse succomber aux attaques de ses ennemis, on s'inquiète par contre pour Ned, MJ, Betty leurs professeurs ou Happy Hogan (Jon Favreau).

Ce sont d'ailleurs tous ces personnages secondaires qui offrent une grande fraîcheur à ce film. Mention spéciale pour Angourie Rice qui joue la petite amie de Ned. Ce couple délicieusement insupportable fait le sel de l'aspect teen-movie de ce film. Tony Revolori (Flash Thompson) et Remy Hii (Brad Davis) sont aussi de bons éléments perturbateurs.  Et les deux enseignants parfaitement dépassés par les événements joués par J.B. Smoove et Martin Starr offrent quelques punchlines bien trouvées. 90% de l'humour Marvel est condensé dans cette galerie de personnages. 

Enfin, plus qu'un grand spectacle estival ou d'un nouveau casse-croûte pour les fans du MCU, Far From Home arrive à construire une intrigue romantique bien jaugée et sans cliché. On croit au couple naissant entre MJ et Peter. Zendaya et Tom Holland arrivent parfaitement à capturer cette maladresse qui caractérise les amours adolescentes. Peu de surprises sur ce volet mais le réalisateur Jon Watts a su construire cette romance avec efficacité et sans tomber dans les nombreux pièges du genre. 

Une tempête d'action et d'humour, le fantôme de Tony Stark, les dangers des fake news, quelques beaux twists finaux pour les fans du MCU et une once d'amour d'été : voici la recette de ce nouveau Marvel.

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