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"Destin : la saga Winx" : que vaut cette série, bien loin du dessin animé originel ?

NOUS L'AVONS VU - Avec son allure à la "Vampire Diaries", cette série fantastique s'est hissée rapidement dans le Top 10 de Netflix. Féérique ou pas ?

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Fate: The Winx Saga | Official Trailer | Netflix Crédit Image : Netflix |
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Les Winx sont de retour mais en chair et en os cette fois. Le célèbre dessin animé italien du début des années 2000, avec ses fées aux allures de poupées, diffusé en France sur France 3, a droit à son adaptation en live-action de la part de Netflix. L'objectif semble simple pour la plateforme : jouer sur la nostalgie du public du dessin animé (qui a bien grandi) pour leur offrir une série télé qui sent bon l'adolescence et les années 2020. Un pari gagnant puisque depuis sa sortie, Winx et les 6 épisodes de cette saison 1 est en tête des séries les plus visionnées sur Netflix. Nous essayerons dans les prochaines lignes de vous épargner un maximum de spoilers, vous pouvez donc lire sans crainte. 

Si vous étiez fan du dessin animé d'origine et qu'il s'agit pour vous d'une œuvre impeccable, nous ne pouvons que vous conseiller de vous éloigner le plus possible de Destin : la saga Winx sur Netflix. Outre le fait que le nom de cette série n'a pas vraiment de sens et est un errement de marketing comme on en voit peu, cette série en live-action est très différente du dessin animé. Les personnages sont différents, tant physiquement que psychologiquement. L'univers est bien plus sombre. Faute de budget et pour des choix de direction artistique, vous ne retrouverez pas non plus les ailes, les transformations et l'ambiance légère, girly et colorée du dessin animé. Il faut faire le deuil de cet héritage avant de lancer le premier épisode. 

Voici les six fées de la série originelle "Winx Club"
Voici les six fées de la série originelle "Winx Club" Crédit : Rainbow S.P.A.

En revanche, si vous aimez les séries fantastiques "young adults" comme The Vampire Diaries ou Teen Wolf, vous êtes ici au bon endroit. La proximité avec une série comme The Vampire Diaries n'est d'ailleurs pas une coïncidence puisque cette série Winx est signée Brian Young, le producteur de la fameuse série romantico-vampirique. 

Une énième école de magie

Que raconte donc cette série Destin : la saga Winx ? Vous suivez les aventures d'une jeune femme, Bloom, qui, pour une raison rapidement expédiée, se retrouve catapultée dans un monde parallèle au sein d'une école de magie qui entraîne des soldats et des fées, comme elle. L'ambiance est quelque part entre Poudlard, Sabrina et le Manoir du professeur Xavier dans les X-Men. Le concept même des écoles de magie n'est pas particulièrement audacieux, mais il reste toujours efficace. Les cours des professeurs sont une façon facile et rapide d'introduire les éléments fantastiques aux spectateurs. Par contre, on ne peut pas dire que les looks para-militaires, les 4x4, les smartphones et les ordinateurs favorisent une ambiance féérique et magique. Ces détails donnent un aspect contemporain mais ruinent quelque part l'aspect fantastique de l'univers qui n'est jamais exploité en profondeur. 

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Bloom est seule et plutôt perdue mais elle affiche une force intérieure certaine. Elle fait la rencontre de plusieurs fées qui deviendront ses amies et rivales. Chacune maîtrise un élément : Bloom (Abigail Cowen qui a 22 ans en vrai) maîtrise le feu, Stella la lumière, Aisha l'eau, Terra la terre, Musa les pensées et les émotions et Beatrix l'air et les éclairs. Si vous êtes perdu dans les personnages et leurs pouvoirs, sachez que les réalisateurs ont tout fait pour vous simplifier les choses avec un code couleur strict pour chacune : Bloom est rousse et habillée en rouge, Aisha est obsédée par la natation et a des accessoires bleus, Terra s'appelle... Terra (la série a l'intelligence de faire une blague sur ce détail) et débarque dans le dortoir avec 45 plantes en pots... Bref, les scénaristes ne font pas vraiment dans la subtilité... 

Une intrigue cousue de fil blanc

Pour la magie, la règle est simple : elle est liée aux émotions (Bloom note même dans son journal "magic = emotions", c'est vous dire si la chose est finement amenée...). Il n'y a pas de règles, pas de limites, les élèves et les professeurs sont d'un niveau presque similaire... Cette solution qui consiste à faire de la colère ou de la détresse de l'héroïne le moteur de sa force (et sa capacité à se sortir de toutes les situations de façon spectaculaire) détruit l'enjeu dramatique. Jamais nous ne tremblons pour Bloom et ses amies. 

L'intrigue se dirige nettement du côté de l'histoire des origines de Bloom qui a vécu dans notre monde toute sa vie. Sa quête de vérité (qui est-elle ? qui sont ses parents biologiques ? pourquoi l'ont-ils abandonné) et l'invasion du monde des fées par un ennemi ancien que l'on croyait disparu sont les deux branches de l'histoire de cette saison 1 de Winx. Si vous n'avez jamais vu de série du genre et que le pitch vous intéresse, vous pourrez être emballé. Si vous avez l'habitude de ces intrigues, vous regarderez alors le scénario se déplier en respectant scrupuleusement les figures imposées du genre. 

Tout est tristement classique avec un léger twist féministe et progressif dans les dialogues pour coller à l'époque. On retrouve cependant le sempiternel triangle amoureux, des personnages archétypaux et des touches de suspense qui ne surprennent jamais vraiment. 

Les cinq héroïnes de la série "Winx"
Les cinq héroïnes de la série "Winx" Crédit : Netflix

L'illusion de la diversité

Les effets spéciaux des pouvoirs des fées et des monstres sont moyennement bien réalisés, mais la mise en scène de l'univers et la photographie restent propres. Encore une fois, on est très loin de l'univers ultra-saturé du dessin animé. Stella ( Hannah van der Westhuysen) dans son rôle de princesse "bitchy" recouverte de paillettes harcelée par sa mère a plus de reliefs que les autres. Le personnage de Terra jouée par Eliot Salt apporte aussi une petite touche de fraîcheur à la fois par son apparence et son jeu d'actrice. On peut cependant regretter qu'elle soit la seule à ne pas afficher un physique de mannequin contrairement... à la totalité du cast. 

Les producteurs ont souhaité mettre un peu de diversité et insérer un discours "body positive" dans cette série, mais ces enjeux ne sont que des clins d'œil peu subtils. Afficher une fée ronde, une fée noire (quand le dessin animé affichait bien plus de diversité) et saupoudrer une romance gay sur les personnages très secondaires quand les héros sont tous blancs, hétérosexuels, minces ou musclés donne l'impression que les créateurs voulaient donner des gages au public tout en leur servant la même histoire que d'habitude. 

Comme pour toutes les séries pensées pour un public jeune on retrouve aussi de nombreux moments de séduction avec une bonne dose de baisers passionnés, de mensonges, de petites trahisons... C'est ce qui fait le charme de ce genre. Mais, encore une fois, Winx n'innove pas. L'épisode 6 et le grand combat final (ainsi que le cliffhanger pour une hypothétique suite) sont particulièrement mal ficelés... Pourtant ces dernières années, la fantasy y compris pour un public jeune a montré qu'elle était capable d'une grande finesse sans même les moyens d'un géant comme Game of Thrones. Dans cette catégorie, une série comme The Magicians s'amusait beaucoup plus avec les clichés d'une école de magie pour développer un scénario innovant, drôle et émouvant. Winx se regarde mais ne transporte pas, ce qui, pour une série sur des mondes féériques, est bien dommage...

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