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VIDÉO - Indochine : "College Boy", le clip choc de Xavier Dolan

LA PÉPITE RTL2 - Sorti en mai 2013, le morceau "College Boy", du groupe français Indochine, est un réquisitoire contre le harcèlement à l'école.

 Antoine Olivier Pilon dans le clip de "College Boy"
Antoine Olivier Pilon dans le clip de "College Boy"
Crédit : Capture d'écran YouTube
micro generique
La rédaction numérique de RTL
Journaliste

Du sang, noir et épais, qui jaillit du poignet d'un adolescent, alors que ses camarades de classe le clouent à une planche en bois. Tournée en noir et blanc, comme pour en tamiser la violence, la scène reste longtemps imprimée sur la rétine. 

Et c'était sans doute bien l'intention du réalisateur québécois Xavier Dolan, lorsqu'il réalise en 2013 le clip de College Boy, la nouvelle chanson d'Indochine, qui figure dans leur 12ème album, Black City Parade.

College Boy raconte l'histoire, à la fois simple et tragique, d'un jeune homosexuel victime de harcèlements à l'école. Les paroles, empreintes d'une tristesse pudique, restent fidèles au style d'Indochine mais les images du clip, elles, n'épargnent rien au spectateur. La destinée de ce College Boy joué par l'acteur Antoine Olivier Pilon (Mommy) est celle d'un véritable martyre. 

Au début du clip, une salle de classe silencieuse, des adolescents aux airs d'élèves-modèles. Pourtant, dès que la professeure tourne le dos, le cauchemar commence pour le personnage principal. Des boulettes de papier, des crayons fusent silencieusement et s'écrasent sur sa tête immobile. Au tableau, la professeure s'arrête un instant. Intervenir ? Non. Elle reprend son cours comme si de rien n'était, indifférente. Il n'y a finalement que la sonnerie pour mettre un terme à son agression.

Une montée de violence

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Au fil du clip, on découvre le casier vandalisé du jeune homme. Une main manucurée de femme qui essuie sur celle de l'adolescent, un vernis à ongles maladroitement posé, comme la tache criminelle d'un sang qu'il faudrait laver à tout prix. "J'apprends d'ici que ma vie ne sera pas facile/Chez les gens/Je serai trop différent pour leur vie si tranquille", susurre Nicola Sirkis. Puis viennent les coups de poing, et cette scène de crucifixion. Hissé tout en haut d'une croix de bois, le jeune homme est abattu d'une pluie de balles devant sa propre école, témoin austère et silencieux de ce sacrifice.

Une polémique enflammée

Le clip de College Boy ne pouvait évidemment pas passer inaperçu. Quelques jours seulement après sa sortie, en mai 2013, le CSA envisage d'interdire sa diffusion aux moins de 16 ans, voire aux moins de 18 ans, en raison de scènes d'humiliation et de violence qui y figurent.

Nicola Sirkis, le chanteur et guitariste d'Indochine, explique sur la page Facebook de son groupe qu'il reconnaît la violence du clip et le conseillera à un public averti. De son côté, Xavier Dolan défend son oeuvre dans une lettre au gouvernement et à Françoise Laborde, membre du CSA. Le réalisateur estime que la violence n'y est pas utilisée de manière gratuite mais plutôt pour mettre le spectateur en face de la réalité.

Pour Nathalie Nadaud, sociologue des médias interrogée par le Plus de l'Obs : "les images (du clip) sont dures, mais très révélatrices. En effet, elles matérialisent une violence que l’on préfère invisibiliser". "On peut comprendre ces images comme la représentation d’une société qui, à force de vouloir que tout soit aseptisé et lisse, en arrive à exécuter en place publique le déviant mais en s’efforçant de rendre invisible la brutalité de l’acte", poursuit-elle.

Un réquisitoire contre l'homophobie

Malgré la polémique qui a entouré la vidéo, qui, mieux que Xavier Dolan, aurait pu réaliser le clip d'une telle chanson ? Enfant prodige du cinéma, réalisateur à seulement 20 ans du très remarqué J'ai tué ma mère, Dolan n'a depuis cessé de défendre la cause homosexuelle. Un combat pour lequel il estime d'ailleurs que la France est "en retard", lorsque, interviewé en septembre 2014, il pousse un coup de gueule contre la Manif pour Tous : "Le droit d'ouvrir tes jambes /Quand tu te réveilleras (...) Le goût de lait sur ta peau, j'ai le droit", dit effectivement la chanson d'Indochine.
Qu'elle ait ou non été jugée trop violente, la vidéo a tout de même été visionnée plus d'un million de fois moins d'une semaine après sa sortie. Un succès fulgurant, sur lequel Indochine a continué de surfer. Deux ans plus tard, en janvier 2015, le groupe sort une version anglaise de College Boy. Un titre destiné au public étranger, alors que le groupe est en pleine tournée internationale. 

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