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Carlos Santana : "pouvoirs divins", "Marseillaise"... Le guitariste de légende se confie

Le musicien mexicain vient de publier "Blessings & Miracles". Partons à la découverte de ces nouveaux morceaux et de cet artiste incontournable.

Carlos Santana le 25 janvier 2020
Carlos Santana le 25 janvier 2020
Crédit : Alberto E. Rodriguez / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Le guitariste de légende Carlos Santana publie "Blessings & Miracles", son nouvel album
21:02
Le guitariste de légende Carlos Santana publie "Blessings & Miracles", son nouvel album
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Steven Bellery & Aymeric Parthonnaud

C'est l'un des plus grands guitaristes du rock. Précurseur de la world music, il était sur la scène de Woodstock en 1969. Carlos Santana est de retour. Le musicien mexicain vient de publier Blessings & Miracles, coincé aux États-Unis alors que - d'habitude - il court les scènes du monde entier. Carlos Santana a enregistré ces quinze nouveaux morceaux durant ces mois de confinement, à distance. À 74 ans, le guitariste voulait honorer les bénédictions et les miracles de la vie, d'où le titre du disque. Carlos Santana l'assure : nous naissons tous avec des pouvoirs divins. Quels sont les siens ?

"Mes pouvoirs divins, c’étaient que j’étais, je suis et je serai toute ma vie un bon élève, confie-t-il au micro de RTL. D’abord, de mon père José et de ma mère Josefina. Mon père m’a appris à jouer du violon et à articuler la musique. Ma mère à me présenter au monde avec élégance. Mon miracle, c’est d’avoir été un bon fils et un bon élève. Ça m’a aidé pour ce disque encore. Quand j’ai commencé, on enregistrait sur des bandes, puis des cassettes, des CD. Et là on a tout fait à distance et sans difficulté. Mon imagination m’a projeté dans les mêmes pièces que les chanteurs et musiciens du disque. Je fermais les yeux et pas visioconférence, hop on était tous ensemble…"

 "Collaborer avec les autres, c’est de l’intelligence divine pour moi, continue-t-il. Moi, j’ai juste l’impression de jouer de la guitare sur les mots que les autres ont écrits. C’est plus gracieux, plus séduisant de travailler ainsi. Ça amène de l’humilité et de la sincérité. Mes invités sont des vagues. Moi, je surfe dessus."

Dans cet album on peut découvrir le titre "Joy" avec la voix du chanteur country Chris Stapleton. Carlos Santana et son groupe livrent ici leur 26e album en plus de 50 ans de carrière. Un rythme créatif effréné. "Je crois que je crée même quand je ne suis pas en phase de composition. Mon esprit est ainsi fait. Quand je conduis, je n’écoute pas de musique, car la musique se bouscule dans ma tête. J’aime plus que jamais la musique africaine. Et les thèmes universels, dit-il. J’adore aussi votre hymne national ! Chez vous, tout le monde chante et met la main sur le cœur. C’est extrêmement puissant ! C’est La Marseillaise c’est ça ?, interroge-t-il. Ce genre de mélodie universelle, ça me parle. Je crois avoir la chance de faire partie des guitaristes qu’on reconnait en quelques secondes à la radio. C’est un cadeau de Dieu."

"Mes fréquences sont féminines"

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Avec Rob Thomas, Santana avait signé Smooth en 1999. Tube mondial qui avait porté l'album Supernatural vendu à 30 millions d'exemplaires. Disque après disque, Carlos Santana a créé un rock latino, d'Oye Como Va à Maria Maria, Santana a façonné un style fusionnant l'électricité du rock à la rondeur, la chaleur des rythmes sud-américains. 

"Ma guitare, c’est ma voix, assure Santana. Et je crois que j’ai la voix d’une femme. Miles Davis avait une voix musicale féminine aussi. John Coltrane avait une voix musicale d’homme, profonde, masculine. Mes fréquences sont féminines ; même si je ne suis pas gay. Mais je crois, qu’avoir été si proche des femmes de ma vie - ma mère, mes quatre sœurs, mes filles et mon épouse – ça m’a appris à honorer la beauté. J’en ai souvent parlé avec Paco de Lucia : il est très important de rendre les femmes heureuses."

Quand j’étais jeune, j’avais mis un rideau sur la sensualité, explique-t-il. Je n’étais pas à l’aise avec. À cette époque, j’étais empreint de mon éducation catholique. Et les catholiques ont peur du sexe. Ils pensent que c’est un pêché. Ils se cachent dans l’obscurité au lieu de faire l’amour la lumière allumée. Eh bien, oui, ma musique est spirituelle et sensuelle. Mais quel chemin ça a été ! Oui j’ai soif, j’ai faim et je suis chaud. Ce sont des dons ! Et tu te dois de les honorer. Si tu ne le fais pas, tu deviens amer, colérique et bizarre. C’est normal d’être assoiffé, affamé et excité !"

Quel lien avec sa guitare ?

Carlos Santana est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs guitaristes au monde grâce à un jeu très lyrique, bouillonnant, parfois saturé. Adepte du legato, technique consistant à lier toutes les notes entre elles sans silence, Santana sait faire chanter sa guitare. Pour RTL, le "guitar hero" raconte son lien personnel avec son instrument...

"Ma guitare est une extension de mon esprit. Je ne pense pas en terme de notes, de cordes ou de théories mais en termes de sentiments, d’émotions et de passion. Comment mettre le feu à mes doigts sur le manche ? La musique, ça ne se convoque pas, assure le musicien. Quand je suis chez moi, ma guitare est dans un placard. Et je n’y touche pas. Je ne joue pas tous les jours. Je ne veux pas devenir un perroquet qui répète des choses qu’il ne comprend pas, juste parce qu’il s’ennuie. Quand je prends ma guitare, c’est que j’ai envie de me balader, avec Albert King, Stevie Ray ou Miles Davis. Et je prends mes doigts pour marcher avec Miles Davis et j’essaie de me connecter à ses sentiments, à sa sonorité. Et là, je crée une assurance qui m’est nécessaire sur scène pour aller attraper le cœur des gens…"

"Je jouais du violon depuis l’âge de 7 ans, la guitare électrique est arrivée plus tard, après avoir vu Javier Bátiz à Tijuana, il jouait de la guitare électrique et ça m’a foudroyé. J’ai su instantanément que c’était la raison pour laquelle j’étais sur Terre. J’avais 10 / 11 ans. Mettre ses doigts sur des cordes pour la première fois, c’est comme votre premier baiser avec la langue. C’est très intime, sensuel, un moment de perfection. Ça forge une confiance avec l’instrument. Mes doigts ne mentent pas. Donc quand j’attrape ma guitare, c’est un truc sacré. Parce qu’une guitare c’est un être vivant. D’ailleurs tu dois lui parler : "pourquoi t’es désaccordé ? c’est quoi ton problème ? pourquoi tu bégaies ? tu hésites ? ». Tu dois faire comprendre à la guitare que TU es responsable. Tu dis où on va, comment on y va et par quel chemin émotif. Il faut de l’assurance. Mais je n’ai aucune fierté ! De la gratitude oui. La fierté est une fausse énergie. La fierté c’est toujours de la déception. L’humilité, c’est la découverte de soi". 

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