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Princess Margaret, la princesse scandaleuse

PODCAST - La princesse Margaret n'a jamais été une altesse sans couronne. Elle fut au contraire la reine de pique de l'Angleterre, le double extravagant et désespéré de sa sœur Elizabeth. Un miroir brisé qui brillait de tous ses éclats mais dans lequel la royauté n'osait pas se regarder de peur de s'y reconnaître.

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Princess Margaret, la princesse scandaleuse Crédit Image : AFP | Crédit Média : Jean-Alphonse Richard | Durée : | Date : La page de l'émission
Jean-Alphonse Richard
Jean-Alphonse Richard et Marie Bossard

Margaret Rose Windsor, Princesse de Snowdon, a vu le jour le 21 août 1930 dans le château familial de Glamis, en EcosseUne lourde bâtisse de pierres ocres qui n'avait pas connu de naissance royale depuis l'année 1600. Sa sœur aînée, Elizabeth, appelée un jour à régner, est née quatre ans plus tôt, mais à Londres, dans un hôtel particulier du quartier huppé de Mayfair. Malgré son ascendance écossaise, Margaret, baptisée de ce seul prénom dans la chapelle de Buckingham Palace, ne viendra jamais traîner sur les terres de son enfance, trop froides, trop pluvieuses, trop ennuyeuses. Elle leur préfèrera les rues de Londres et le soleil des Tropiques.

Dès sa petite enfance, Margaret, fille du prince Albert, surnommé Bertie, et de Elisatbeth Bowes-Lyon, apprend l'art d'être seconde. L'obligation d'être une ombre portée. Celle de son aînée Elisabeth. Une doublure qui ne verra jamais la lumière, car ainsi marche la monarchie. Est-ce dans les méandres de ces jeunes années que Margaret tisse sa différence, choisit une route qui sera une bifurcation sans retour ? Pour le moment, Margaret et Elisabeth sont inséparables, complices, affectueuses. Toutes deux élevées par la même armée de précepteurs, nurses, écuyers, professeurs d'escrime et de danse, qui leur apprennent le métier de princesse. Margaret a six ans quand son père devient roi d'Angleterre sous le nom de George VI. La famille déménage à Buckingham Palace. Dix ans quand la guerre éclate. Margaret et Elisabeth sont alors hébergées derrière les murs du château de Windsor, une cible plus discrète pour les bombes allemandes qui s'abattent sur la capitale anglaise.

Margaret n'a pas de défi à relever, si ce n'est celui de marcher dans les pas de sa sœur aînée. Elle a donc tout loisir de faire ce qu'elle veut. Autant Elisabeth est sérieuse et réservée - consciente sans doute de la destinée qui s'annonce - autant Margaret est pétillante et libérée. Elle aime danser et jouer la comédie. À 13 ans, contre toutes les règles du protocole, elle est autorisée à dîner avec le couple royal. Avec elle, le Roi a trouvé son divertissement. Il lui accorde tout. Elle est sa protégée. Il dit d'elle : "Ma fille serait capable de charmer la perle d'une huitre". Lui qui est arrivé sur le trône d'Angleterre par accident a également été longtemps un éternel numéro deux. Il a connu l'enfance cruelle des princes laissés pour compte. Il ne veut pas que sa cadette subisse le même sort. La gouvernante, Marion Crawford décrira Margaret comme une petite fille passant davantage de temps à s'amuser et à imaginer des singeries qu'à s'instruire. Bien des années plus tard, la princesse regrettera de ne pas être allée à l'école comme tout le monde et de n'avoir peut-être pas eu une éducation digne de ce nom.

"Désobéir est mon bonheur"

En ce début d'année 1952, Margaret 21 ans, n'a guère la tête à la fantaisie. La mort de son père, le roi George VI, l'a plongée dans un profond chagrin. Elle se bourre alors pour la première fois de somnifères et de sédatifs, des drogues qui ne cesseront de l'accompagner tout au long de son existence. La presse continue de la présenter comme la célibataire la plus convoitée du Royaume. Les journaux vont régulièrement la marier à des aristocrates, des fils de famille. La famille royale lui a même choisi un parti, Lord Dalkeith, duc de Buccleuch et de Queensberry. Mais elle l'a trouvé trop ennuyeux, elle a décliné. Depuis quelques mois elle est sous le charme d'un autre homme, le capitaine Peter Townsend, ancien écuyer de son père, seize ans de plus qu'elle. Elle le connait depuis longtemps. À 14 ans, elle avait déjà posé les yeux sur ce pilote de la RAF blond, sportif et souriant. "Dommage qu'il soit marié", avait-elle alors soupiré. A 17 ans, il  l'avait accompagnée à Belfast et demandé à être logé au château d'Hilllsborough dans la chambre voisine de celle de la princesse. Début d'une liaison, sans doute. Townsend, père de deux enfants, est désormais divorcé et Margaret s'est laissée rattraper par sa passion. Le 2 juin 1953, jour du couronnement d'Elisabeth, on l'a vue en train d'épousseter une poussière sur l'uniforme du capitaine Townsend. Un geste qui n'a échappé à aucun des journalistes présents.

A l'aube des années 60, Margaret est une princesse pourchassée par les photographes. Chacune de ses apparitions se retrouve le lendemain dans les journaux. On voit en elle le visage lumineux et turbulent d'une monarchie grisâtre et corsetée. Elle peut faire tout ce que le protocole et la bienséance interdisent à sa sœur Elisabeth II : sortir sans se cacher dans les clubs, rire aux éclats, déambuler dans des cocktails et fumer des cigarettes..."Désobéir est mon bonheur", dira t-elle en attribuant ce mot au poète Jean Cocteau. Désobéir et rencontrer des hommes. Billy Wallace, surnommé Lucky Billy, un héritier richissime et fort en gueule, champion de polo et habitué aux nuits blanches, est celui qui pourrait être son mari. Des fiançailles sont envisagées. Pourtant, un voyage en amoureux aux Bahamas ruine le projet. Margaret a trouvé son amant trop sûr lui. Elle ne veut pas d'un homme qui lui impose une muselière. Elle le congédie. Au mois d'octobre 1958, lors d'un dîner dans le quartier de Chelsea, elle a pour voisin le photographe de mode Antony Armstrong-Jones. Playboy bronzé, fêtard et sportif. Il lui plait. Quelques semaines plus tard, Armstrong-Jones reprend rendez-vous sous prétexte de réaliser un portrait. Ils se voient en secret. Un an plus tard, le 6 mai 1960, ils se marient à l'abbaye de Westminster. Premier mariage royal diffusé en direct à la télévision. 20 millions de téléspectateurs pour assister aux noces de la princesse rebelle.

Une princesse habituée des frasques

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Margaret, altesse mariée, peut-être, mais pas femme rangée pour autant. Bien décidée à profiter de la vie. Les deux enfants du couple, Sarah puis David, ne changeront rien à l'affaire. Aussitôt après la noce, les époux sont partis en croisière sur le yacht royal, le Britannia, dans les Caraïbes. La lune de miel fait escale sur l'île féérique de Moustique tout juste achetée par un ami de la famille d'Angleterre, le riche et excentrique Colin Tennant, troisième baron Glenconner. Il offre alors un terrain aux jeunes mariés. Margaret y fera bâtir la maison de ses rêves, une villa baptisée d'un nom français Les Jolies Eaux, ouverte sur la mer turquoise des Caraïbes. Les Jolies Eaux seront son dernier refuge, le lieu de ses ultimes excès, un paradis où le soleil finira par disparaître.

Margaret court sans le savoir au bord d'un précipice. Elle joue avec le feu, délurée, excessive, portée sur l'alcool. A tout moment, le scandale peut frapper à sa porte car certaines liaisons sont dangereuses. En 1968, elle est vue en compagnie d'un mauvais garçon, vaguement acteur, John Bindon, surnommé Big John dans les bas fonds de Londres en raison de son anatomie avantageuse. Bindon est connu pour émoustiller les épouses d'aristocrates en soulevant une pinte de bière avec son sexe. À deux reprises, Margaret l'invite sur l'île Moustique. Bindon affirmera, pour le plus grand plaisir des tabloïds, avoir couché avec la princesse. Elle passera son temps à démentir cette rencontre malgré les photos publiées dans les journauxÀ la même période, elle a une autre aventure qui fait jaser. Avec le neveu d'un ancien Premier ministre, le pianiste de jazz, Robin Douglas-Home. Elle lui écrit des lettres enflammées puis finit par rompre. Dix huit mois plus tard, on retrouvera l'amant dépressif suicidé chez lui. Aucun lien établi avec Margaret, mais c'est comme si une mauvaise ombre avait alors commencé à planer alors sur la princesse. En cette année 1973, Margaret, assiste ainsi à la ruine de son mariage. Elle et son mari ont brûlé leur vie commune par les deux bouts. Leur couple est depuis bien longtemps un couple de façade. Leurs photos sur papier glacé publiées par des magazines, sur fond de sourires et de paysages de rêve, n'abusent personne. Pour la première fois, elle est absente lors de l'anniversaire de son époux. Elle a emmené avec elle les enfants à Moustique. Le Royaume s'est habitué aux frasques de cette princesse qui boit trop et se couche tard. Jusque là on lui a tout pardonné. Il va suffire d'une simple brise chargée de soufre, un nouvel amant, trop jeune et trop quelconque, pour provoquer la chute de la maison Margaret.

L'invité "Confidentiel"

Jérôme Carron, grand reporter au magazine Point de Vue.

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