3 min de lecture Bertrand Tavernier

Le réalisateur Bertrand Tavernier est décédé à 79 ans

L'Institut Lumière a annoncé le décès du réalisateur de "La princesse de Montpensier" ou encore de "Quai d'Orsay", ce 25 mars.

Thomas Sotto RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
>
Le réalisateur Bertrand Tavernier est décédé à 79 ans Crédit Image : CHARLY TRIBALLEAU / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Capucine Trollion
Capucine Trollion
et Stéphane Boudsocq

Bertrand Tavernier, réalisateur multi-récompensé à la tête de l'Institut Lumière, est décédé ce 25 mars à 79 ans. C'est le compte officiel de l'Institut Lumière à Lyon qui publié la triste nouvelle. 

"Avec son épouse Sarah, ses enfants Nils et Tiffany et ses petits-enfants, l'Institut Lumière et Thierry Frémaux ont la tristesse et la douleur de vous faire part de la disparition, ce jour, de Bertrand Tavernier", peut-on lire dans le message illustré par des portraits du réalisateur en noir et blanc.

Quand Bertrand Tavernier vous parlait de cinéma, la conversation pouvait durer des heures et vous n'aviez pas envie qu'elle s'arrête. Cet homme-là vivait le cinéma, pensait cinéma et il était aussi le cinéma pour en avoir épousé tous les contours : critique, attaché de presse, scénariste, producteur et bien sûr réalisateur. Ses 25 films et documentaires montrent la richesse et la diversité de l'inspiration de Tavernier. Trait commun entre tous ses longs-métrages : le combat de ses personnages contre l'adversité, l'injustice ou la fatalité.

Son coup d'essai en 1974 est un coup de maître et va marquer le début de sa longue collaboration avec Philippe Noiret. L'Horloger de Saint-Paul raconte la naissance d'une vraie relation entre un père et son fils accusé de meurtre. Récompensé du prix Louis-Delluc et au festival de Berlin, le film impose d'emblée le talent de Tavernier qui renoue avec la tradition française cinématographique tout en osant une mise en scène fluide, nerveuse, plus près de ses personnages. Il retrouve Noiret deux ans plus tard dans Le juge et l'assassin, avec aussi Michel Galabru. Il obtiendra pour ce film le César du meilleur acteur, Tavernier, lui, poursuit sa route et explore d'autres genres. 

>
L'Horloger de Saint-Paul ( 1974 - bande annonce )

Parler de la guerre au cinéma

À lire aussi
Robert de Niro
Robert De Niro blessé à la jambe sur un tournage a ressenti "une douleur atroce"

Coup de torchon sort en 1981. C'est une comédie dramatique dans l'Afrique coloniale des années 30 sur l'arrivisme et de la médiocrité, avec Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Eddy Mitchell, Guy Marchand et Philippe Noiret, encore. Pour l'anecdote, Coup de Torchon sera nommé dix fois aux César et repartira dix fois bredouille. En 1982, Bertrand Tavernier en obtiendra trois et le prix de la mise en scène à Cannes deux ans plus tard, pour Un dimanche à la campagne, une merveille tendre et impressionniste sur l'art et l'inspiration illuminée par Sabine Azéma, sacrée meilleure actrice. 

En 1986, le réalisateur aborde deux des passions de sa vie : le cinéma américain et le jazz. Il connaissait l'un et l'autre comme personne, capable de vous citer les plus pointus, des références comme la plus savoureuse, des anecdotes à propos d'un artiste renommé ou d'un autre méconnu. Mais, pour Bertrand Tavernier, fils de résistant, il fallait un jour parler de la guerre de ceux qui la font, de ces horreurs, de ces naufrages aussi, à travers deux films majeurs. La vie et rien d'autre en 1989 s'attaque à un sujet tabou : l'injustice de 14-18. La Grande Guerre encore en 1996 avec Capitaine Conan, dans lequel Philippe Torreton est un époustouflant gradé orchestrant la furie meurtrière de ses hommes dans les tranchées des Balkans.

Un homme qui avait foi en la beauté

Mais n'allons surtout pas cantonner Bertrand Tavernier à la noirceur de l'espèce humaine et de ses folies. C'était aussi un homme qui avait foi en la beauté, qui croyait à l'espoir, à la rédemption, à la résilience et au romantisme. 

Holy Lola en 2004, parlait de l'adoption, La princesse de Montpensier en 2010 ou La fille de d'Artagnan en 1994 glorifiait leurs personnage féminins. Dans la brume électrique avec Tommy Lee Jones en 2009, mettait un policier blanc de Louisiane face au racisme et Quai d'Orsay, son dernier film de fiction en 2013, nous permettait de découvrir les coulisses vaudevillesques du pouvoir auprès de Thierry Lhermitte en tourbillonnant ministre des Affaires étrangères. 

>
Quai d'Orsay - Bande-annonce officielle

Bertrand Tavernier était un homme et un cinéaste complet, complexe, curieux, surprenant. Il avait voué sa vie au cinéma. Président de l'Institut Lumière de Lyon, qui célèbre justement le septième art depuis sa naissance et jusqu'à demain. Un parcours et une œuvre résumée par le titre de son deuxième film en 1975 : Que la fête commence.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Bertrand Tavernier People Cinéma
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants