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Comment Francis Ford Coppola a convaincu Marlon Brando de faire le Parrain

Le "Parrain", film porté par un Marlon Brando vieilli et parfaitement inquiétant. Et pourtant. La Paramount n'en voulait pas, et Brando ne voulait pas du rôle. "Vanity Fair" nous raconte comment Coppola est arrivé à ses fins, avec notamment, une fausse crise d'épilepsie.

10. Marlon Brando en Vito Corleone dans "Le Parrain" (1972)
10. Marlon Brando en Vito Corleone dans "Le Parrain" (1972)
Comment Marlon Brando est devenu le Parrain
03:45
Isabelle Choquet

Parlons cinéma. Pas d'un film de Noël mais d'un monument du 7e art : Le Parrain. Film porté, incarné, sublimé par un Marlon Brando vieilli et parfaitement inquiétant. Et pourtant. La Paramount n’en voulait pas, et Brando ne voulait pas du rôle. Vanity Fair nous raconte comment Coppola est arrivé à ses fins. C’est une histoire pas possible.

Nous sommes en janvier 1971 : pour une bouchée de pain ou presque, la Paramount achète les droits du Parrain, roman phénomène paru deux ans plus tôt. Des réalisateurs de renom sont approchés mais tous déclinent. C’est un jeune cinéaste qui va accepter le projet: Francis Ford Coppola. Dès le début, il sait avec qui il veut travailler, il a même fait une liste : Al Pacino, James Caan, Robert Duvall. Et pour incarner Vito Corleone, il ne veut que Marlon Brando.  

Mais face à lui, il y a Robert Evans, producteur exécutif échaudé par quelques mauvais choix. Pour Brando, il a plus que des doutes. À 47 ans, l’acteur est devenu obèse et la profession le considère comme un has-been ingérable, il enchaîne les bides, et on n‘entend parler que de ses retards sur les plateaux et de ses caprices de diva. Le grand patron de la Paramount veut Charles Bronson, Burt Lancaster est intéressé par le rôle. Quant à Brando, il vomit Hollywood. Selon lui, les réalisateurs avec qui il a travaillé sont tous "des trous du cul sans talent qui pensent être les nouveaux Orson Welles".  C'est mal parti.

"Pas question de glorifier la mafia"

C’est là qu’entre en scène l’auteur du roman. Mario Puzo imaginait déjà Brando dans le rôle-titre pendant qu'il écrivait. Alors il se fend d’une lettre à la star:  "Cher M. Brando, je pense que vous êtes le seul acteur qui puisse interpréter le parrain avec toute la force tranquille et l’ironie requises". 

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Brando a juré de ne plus tourner. Mais après un troisième divorce sanglant, il est criblé de dettes et complètement accro au valium. Il doit se remettre au boulot, ou disparaître. Pourtant, quand Alice, sa fidèle assistante lui présente un exemplaire du Parrain, il repousse le livre : "Pas question de glorifier la mafia. Je ne jouerai pas un gangster". Alice, elle, a une certitude: ce rôle, c’est Brando ; le convaincre devient la mission de sa vie.

Laurence Olivier dans le rôle ?

D’abord, elle tente de le rendre jaloux. À chaque fois qu’un nom est envisagé, même le plus improbable, elle lui fait passer l’information. Brando s’agace mais ne craque pas. Elle parvient ensuite à organiser un entretien avec Mario Puzo. Brando se montre aimable mais pas emballé. Alors elle lui porte le coup de grâce : la Paramount aurait jeté son dévolu sur... Laurence Olivier. Brando en tombe de sa chaise : impossible de se faire piquer le boulot par un British. 

Au même moment Coppola est convoqué par les dirigeants de la Paramount. Le président de la compagnie vocifère: aussi longtemps que je serai en poste, Marlon Brando ne fera pas ce film. Alors foutu pour foutu, Coppola réagit comme au poker, il joue le tout pour le tout : il s'effondre et il fait semblant d'avoir une crise d’épilepsie. Coup de bluff, coup de génie: les patrons décident de laisser une chance à Brando. Mais ils posent trois conditions : une caution personnelle d’un million de dollars pour prévenir ses dérapages ; un salaire minimum sans discussion ; et un bout d’essai filmé, comme s’il débutait. 

Le screen test qui a tout changé

Coppola n’en mène pas large. Comment proposer un "screen test", un essai, à une star comme Brando? Timidement, il lui propose “une petite séance d’improvisation autour du rôle”, juste comme ça, pour  voir. Miracle : Brando accepte immédiatement. La suite, c’est un moment de grâce, raconté dans le détail par Vanity. "C’était un rêve", dira Coppola plus tard. "Je venais de le voir devenir le parrain, et tout était sur pellicule."

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