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George Clooney : "J'ai passé ma vie à être surveillé"

PODCAST - George Clooney n'a jamais été le séducteur fanfaron d'Hollywood, le meilleur ami, le gentil célibataire. Dès l'enfance, il avait appris à jouer avec les apparences, à apprivoiser le reflet du miroir. Il savait déjà que tout dire ne signifie pas forcément se confesser.

George Clooney a affirmé que le Royaume-Uni devrait rendre à la Grèce des antiquités acquises au début du XIXe siècle lors d'une interview à Berlin, en février 2014.
George Clooney a affirmé que le Royaume-Uni devrait rendre à la Grèce des antiquités acquises au début du XIXe siècle lors d'une interview à Berlin, en février 2014.
Crédit : JOHANNES EISELE / AFP
George Clooney : "J'ai passé ma vie à être surveillé"
28:52
Jean-Alphonse Richard & Marie Bossard

George Timothy Clooney est né le 6 mai 1961 dans le Kentucky. A Lexington, une grosse ville laborieuse qui depuis des lustres vit du tabac, du bourbon et de l'élevage de chevaux. Dans ce cœur paumé de l'Amérique, Nick Clooney, le père de George et d'Adelia, Ada, la petite sœur. Nick Clooney  est une célébrité. Il présente le journal télévisé sur une chaîne locale. Il a de l'allure, de la prestance. Il sait se faire respecter et affiche ses idées démocrates dans cette ville conservatrice. Des années plus tard, en 2004, Nick Clooney se présentera à la Chambre des Représentants mais ne sera jamais élu. George grandit dans l'ombre de ce père à qui il ressemble de façon troublante. Qui lui inspire sa façon de marcher, de s'habiller, et d'observer le monde qui l'entoure. "Il m'a influencé à 100%", reconnait-il. "Mon père était très connu. Lorsque nous sortions dîner, les gens nous regardaient manger. J'ai donc passé ma vie à être surveillé", ajoute George Clooney. Enfant qui aura appris très tôt à renvoyer une image impeccable. Propre, bien coiffé, parfaitement vêtu et surtout instinctivement souriant dès qu'on le regarde.

George Clooney grandit ainsi entre un père célèbre - dont la sœur Rosemary Clooney est une star du music-hall -  et une mère affectueuse. Nina, ancienne reine de beauté, une petite brune pétillante et enjouée. Elle aussi passionnée de politique. La discipline règne dans cette famille qui veut montrer un visage irréprochable et vit au rythme des contrats du journaliste Nick Clooney et des déménagements successifs. Lexington et Fort Mitchell dans le Kentucky. Colombus, Cincinatti, Mason puis Augusta dans l'Ohio. Les écoles se succèdent pour George et sa sœur Ada. Tous deux ne garderont de ces établissements que de vagues souvenirs. Même si pour le petit George, l'école, l'obligation d'apprendre à lire et à écrire s'avère un chemin de croix. A huit ans, il est diagnostiqué dyslexique. Sa mère lui donne alors la recette pour surmonter ses difficultés. Prendre la parole, monter sur une estrade et faire rire le public. Pour la première fois, George se met en scène.

Cinq ans plus tard, à l'âge de 13 ans, c'est une autre épreuve qui barre la route de George Clooney. Alors qu'il déjeune en famille dans un restaurant de Cincinnati et boit un verre de lait, il est brusquement atteint d'une paralysie faciale, la paralysie de Bell. Le trouble touche un nerf crânien. Une joue enfle et se déforme, sa langue picote, un œil ne parvient plus à se fermer". Le fils de Nick Clooney, le présentateur vedette au visage de cire, va être pendant plusieurs mois un monstre pour ses camarades de classe. On le surnomme Cloondog référence au chien Droopy ou encore Frankenstein. "C'était la pire période de ma vie. J'étais moqué et insulté, complètement anéanti. Mais ça m'a enseigné plein de choses, c'est là que j'ai appris à me moquer de moi même", racontera Clooney qui venait de découvrir qu'il pouvait avoir plusieurs visages. Et jouer avec eux. Comme le font les acteurs.

Une carrière qui ne décolle pas

George Clooney a 20 ans. Il sait qu'il ne sera jamais journaliste. Il ignore ce qu'il deviendra jusqu'à cette année 1981, où le destin lui donne rendez-vous lors d'un weekend familial. Sa tante Rosemary, ex-star du music hall, et son mari, le comédien José Ferrer, Oscar du meilleur acteur en 1950 pour Cyrano de Bergerac, sont en visite. Ferrer est venu tourner dans la région un film sur les courses de chevaux qui n'aura aucun succès. Il propose à George un rôle de figurant, celui d'un garçon qui traverse un champ avec une botte de foin sur l'épaule. La légende de George Clooney raconte que ce seul passage devant une caméra changea  sa vie. "Naïvement je me suis dit que je pouvais aller à Los Angeles et devenir acteur" dit-il. George Clooney rassemble toutes ses économies, gagnées avec des jobs de serveur ou en travaillant dans des plantations de tabac, 300 dollars au total. Sa voiture, une antique Chevrolet Monte-Carlo qui n'a plus de freins est sa monture pour se lancer à la conquête de l'Ouest. Deux jours et deux nuits de route entre Augusta, où vit alors la famille, et les collines de Hollywood. Ici il est un temps hébergé chez la tante Rosemary - qui le transforme en homme de ménage, balayeur et jardinier. Il préfère déménager, dégotte une minuscule chambre chez un ami qui, comme lui, prend des cours de comédie. Les tous débuts d'une bande de copains qui va se surnommer les Boys. Neuf garçons liés à la vie à la mort et qui ne vont plus jamais se quitter. Si George Clooney ne se fera pas d'ami intime à Hollywood, il restera attaché à ses toutes premières connaissances. Ces garçons qui avaient partagé avec lui les jours maigres et quelques mémorables fiestas.

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Entre deux castings, George Clooney empoche quelques dollars comme manœuvre sur des chantiers ou en passant la serpillière dans un théâtre. Il sort beaucoup, goûte un peu à la cocaïne et  surtout à la métaqualone, une substance aux vertus euphorisantes. "Je pensais que c'était vraiment le meilleur des stupéfiants, même si je n'ai jamais été un gros consommateur de drogue", dit-il. Côté casting, la chance ne lui sourit pas. Il n'est généralement pas retenu. Cinq auditions pour Thelma et Louise mais on lui préfère Brad Pitt. Clooney fait alors tout pour sortir du lot, arrivant dans des tenues extravagantes aux auditons, avec un chien ou un bouquet de fleurs. Se faire remarquer à tout prix quitte à réciter son texte avec un accent épouvantable lors d'un test pour le Dracula de Francis Ford Coppola. Il est recalé. Coppola pensera avoir eu à faire à un garçon dérangé. Clooney, toutefois, s'obstine. "Je venais d'une famille du spectacle : à 7 ans on me poussait déjà sur scène. Apparaître, se montrer, le showbiz, j'étais né dedans", se souvient l'acteur. 

A force d'obstination, et de sorties dans toutes les soirées où il peut rencontrer réalisateurs et producteurs, il devient un habitué des petits rôles à la télé. Séries et sitcoms. D'Arabesque à Rick Hunter en passant par Roseanne. On le voit dans des films de série Z comme le Retour des Tomates Tueuses. Rien de glorieux mais les cachets se multiplient. En ce début des années 90, il empoche déjà 400.000 dollars par an. 1994, il tourne le pilote d'une série d'un genre inédit - tout se passe dans un hôpital - et à laquelle personne ne croit. Il décroche le premier rôle. Urgences va faire de lui une superstar.

L'ascension de Docteur Ross

George Clooney, alias Docteur Ross, est célèbre du jour au lendemain. Le médecin d'Urgences, tempes bientôt grisonnantes, pas trop bronzé, tout à la fois sexy et fragile, devient le chouchou des téléspectatrices. La série va générer plus de 40 millions de téléspectateurs. "C'est Urgences qui a changé ma vie pour toujours", affirme-t-il. Clooney devient soudain un acteur rentable et très bien payé. Dès la fin de la première saison, il s'achète une vaste maison sur les hauteurs de Hollywood. La Casa de Clooney, comme il l'appelle, n'est pas la plus somptueuse demeure du coin, mais il ne va jamais en changer. L'un des amis de la bande des 9, Rande Gerber, fortuné patron de bars et futur mari de Cindy Crawford, va se charger de refaire toute la décoration. Décor des plus masculins où l'on remarque les photos de deux hommes qui ont inspiré Clooney : Steve McQueen et JFK, le président Kennedy. Hollywood et la Maison Blanche. Deux lieux qui sont depuis toujours dans  les pensées les plus profondes de l'acteur.

George Clooney, 35 ans, acteur reconnu sur le tard, met les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. Steven Spielberg lui a donné ce conseil : "Si tu cesses de remuer la tête dans tous les sens, alors tu seras une star de cinéma". Urgences mais aussi Batman et Robin, Hors d'Atteinte, La Ligne Rouge, Ocean's Eleven. Toutes les portes s'ouvrent pour Clooney. En fait, c'est comme si ce garçon tout à la fois poli et facétieux avait toujours fait partie du paysage hollywoodien. Avec ses faux airs de Cary Grant ou de Grégory Peck, il apparaît come la réminiscence d'un âge d'or. Il suscite la nostalgie. Un acteur suffisamment beau et mystérieux, pour perpétuer à lui tout seul la légende des studios.

Au fil des années, Clooney est devenu le plus familier des acteurs, le seul que tout le monde appelle par son prénom. Il s'est vite changé en proie idéale de la presse people. La  cible numéro un des paparazzi qui suivent le feuilleton ininterrompu des conquêtes féminines. De la mannequin française Céline Balitran jusqu'à la catcheuse Stacy Keibler, en passant par la starlette italienne Elisabetta Canalis - dont le nom apparaîtra dans une trouble histoire de drogue et de prostitution. Les photographes campent devant ses trois maisons, la demeure de Hollywood, la résidence Cabo San Lucas au Mexique, construction partagée avec l'ami inséparable Rande Gerber, ou encore la villa Oleandra sur le lac de Côme en Italie. Petit palais du 18eme acheté 13 millions et demi de dollars. Clooney sera souvent éreinté par cette chasse permanente qui l'oblige à se cacher. Résigné aussi face aux rumeurs régulières qui courent sur sa frénésie amoureuse, qui ne serait qu'un paravent pour masquer son homosexualité. Clooney évite de répondre. A quoi bon passer son temps à donner de l'écho aux bruits qui courent. Au magazine gay The Advocate, il finit par dire : "Vous ne me verrez jamais m'agiter dans tous les sens et dire ce sont des mensonges. Je ne laisserai personne m'amener à prétendre que l'homosexualité est une mauvaise chose. Qui cela dérange si quelqu'un me croit gay ? Je serai mort depuis longtemps que les gens continueront à dire que je l'étais".

L'invité "Confidentiel"

Maëlle Brun, journaliste et auteure du livre "George Clooney, une ambition secrète" aux éditions du moment

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