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"Salut les terriens" : Isabelle Morini-Bosc revient sur la colère d'Elisabeth Lévy

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur l'intervention d'Elisabeth Levy dans "Salut les terriens". La journaliste a dénoncé le mouvement #balancetonporc et a qualifié certaines femmes de "menteuses".

Thierry Ardisson dans son émission "Salut les Terriens"
Thierry Ardisson dans son émission "Salut les Terriens" Crédit : Canal+
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

Plantons un peu le décor : une salle violemment éclairée, façon galerie des glaces sans la galerie et sans les glaces. Dans cette salle, une table rococo design, mi Versailles mi nouveau formica. Derrière cette table, enfin, un présentateur trônant face à divers intervenants

Ils sont tous là pour se raconter et participer au débat à haut-débit qui va agrémenter et compléter la discussion, comme la compote agrémente et complète le boudin blanc. De quoi s'agit-il ? Du plateau de Salut les terriens pardi, cette émission de C8 dans laquelle, soyons honnête, il se passe toujours quelque chose. Face aux invités, le maître de céans Thierry Ardisson, justement assis sur le sien, de séant. J'avoue aimer ce programme comme j'aime marcher dans les bois : c'est bon pour le cerveau, c'est intéressant pour qui aime observer, c'est parfois fatigant, et il arrive que ça provoque de l'urticaire comme cela peut être le cas quand on marche dans les fougères.

Exemple typique samedi dernier, où j'ai assisté à une scène aussi riche d'enseignements que l'est l'observation de la nature, en l'occurrence de la nature humaine. Il y avait ainsi au milieu de la pièce, une petite bonne femme énervée qui s'agitait au milieu d'hommes patauds ne sachant trop comment réagir à ses propos. Elle était à l'attaque, ils étaient en attente. La petite bonne femme, c'était la journaliste Elisabeth Lévy, traditionnellement aussi douce qu'un gant de crin alors qu'elle ne prend justement jamais de gants. Cela ne signifie pas qu'elle ait tort, tout particulièrement ce soir-là. 

Elisabeth Lévy s'insurge contre #balancetonporc

Samedi dernier, elle m'a ainsi enthousiasmée par sa façon obstinée d'être anti-politiquement correct, mais attention, de cet anti-politiquement correct qui n'est pas du tout tendance, Elisabeth ne cherchant pas plus à être aimée qu'à être aimable. Malgré la sympathie qu'elle m'inspire, j'ai d'ailleurs moi-même parfois du mal à la suivre sur la forme, notamment quand elle bouscule tellement l'auditoire que les mots se bousculent en plus dans sa bouche ! Mais comme j'aime son sens de la formule, et surtout son réel courage dans une époque qui en manque, j'avoue apprécier souvent sa façon de mettre à mal toutes les manifestations de la pensée unique

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Elle s'en prenait ainsi ce 21 octobre vers 19h30 à #Balancetonporc, une expression pour elle si indigne qu'elle rendait toute dignité impossible ! "Balance à tous le nom de ton porc", voilà qui est effectivement nuancé ! Bien sûr que, selon elle, il fallait détester et dénoncer à la justice les mecs authentiquement détestables mais il lui apparaissait malgré tout parfaitement haïssable de mettre en place un système de dénonciations déversoir certes utilisé par les femmes authentiquement en souffrance car jadis harcelées. Mais également par des "menteuses" (sic) et des opportunistes ayant pratiqué "l'ascension verticale par la position horizontale". Et c'est évident qu'il y en a. Aussi. Et tout aussi évident qu'il faut actuellement être kamikaze pour seulement oser y faire allusion. 

La gêne sur le plateau

Elisabeth a osé, et la gêne était palpable sur le plateau. Tous les "mâles" semblaient supputer les risques qu'il y avait à s'exprimer sur le sujet à sa suite. D'autant plus frileux qu'elle avait déclaré la guerre à l'absence actuelle de pluralisme de penséeLaurent Baffie, par exemple, parlait comme on marche sur des œufs cachés dans l'herbe, c'est-à-dire avec une précaution extrême. Il faut dire que lui, l'humaniste, vient d'être accusé d'agression sexuelle pour avoir remonté d'un centimètre la jupe de Nolwenn Leroy en précisant, "remonte ta jupe, à la télé il faut du cul". 

C'était évidemment de l'humour fait "entre amis", mais l'incroyable violence des réactions a de quoi inciter durablement à la prudence. Samedi, c'est seulement après avoir longuement et logiquement glorifié la "libération de la parole des femmes", qu'il a ainsi évoqué le "risque de lynchage médiatique", et le vrai danger pour un humoriste "de ne plus rien pouvoir dire". C'est en fait David Ginola qui a le plus librement parlé des "souffrances à exprimer" mais aussi de la "tentation pour certaines de profiter de la situation", alors que Jeremy Ferrari soutenait lui, le "flingage tous azimuts", et tant pis pour les dommages collatéraux

Et si on rappelait simplement aux femmes qui ont été en butte aux butors, voire évidemment à quelques porcs (c'est à dire quasiment à nous toutes) que des recours et des secours légaux existent. Que, s'il n'est pas question de s'en balancer, il n'est peut-être pas obligatoire de tout balancer tout le temps publiquement. Surtout au même moment. 

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