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2 min de lecture
L'application TikTok. (Illustration)
Crédit : AFP
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TikTok est de nouveau dans l'œil du cyclone. La haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a annoncé lundi 13 avril avoir saisi l'Arcom, le gendarme du numérique, et la Commission européenne après la diffusion d'une enquête montrant des tentatives de recrutement de jeunes femmes par des proxénètes sur la plateforme TikTok.
"J'ai saisi l'Arcom et la Commission européenne pour renforcer la lutte contre le cyberproxénétisme, notamment via TikTok, suite à l'enquête présentée par franceinfo", écrit-elle sur son compte X.
Dans cette enquête diffusée le 9 avril, la chaîne d'information dit avoir analysé "plus de 350 offres de recrutement très faciles d'accès" de jeunes filles, parfois mineures, en leur faisant miroiter de "l'argent facile" avec des photos très explicites.
Les mots employés sur la plateforme sont "sans équivoques", les auteurs de vidéos "parlent de tapins, se présentent eux-mêmes comme des proxénètes", précise franceinfo.
Ces annonces "ciblent directement des adolescentes en exploitant leurs vulnérabilités et leur isolement", dénonce Sarah El Haïry dans un courrier daté de lundi et adressé à la vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen.
Le 6 février, "la Commission européenne a conclu à titre préliminaire que TikTok pourrait enfreindre le règlement sur les services numériques (DSA), notamment en raison de la conception addictive de la plateforme", ajoute-t-elle. "Il me semblerait pertinent que la Commission examine également d'éventuels manquements à l'article 34 du DSA relatif à l'évaluation des risques systémiques, en particulier en ce qui concerne la diffusion de contenus illicites via ces services".
Contacté par franceinfo, TikTok a indiqué "ne pas autoriser les activités ou services sexuels" sur sa plateforme.
Les autorités françaises tentent depuis plusieurs années de s'attaquer au proxénétisme en ligne et à l'exploitation sexuelle des mineures, deux phénomènes en plein essor et absents de la loi de 2016 sur la lutte contre le système prostitutionnel.
Les "plateformes numériques ne doivent pas devenir des espaces d'impunité pour les réseaux criminels", réaffirment les ministres Aurore Bergé (Egalité femmes-hommes) et Stéphanie Rist (Santé) dans un communiqué publié lundi, dix ans jour pour jour après la loi de 2016.
Selon les dernières estimations officielles, 40.000 personnes seraient en situation de prostitution en France.
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