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Pourquoi de nombreux bars-tabacs s’appellent-ils "Le Balto" ?

Nos débits de tabac semblent se partager dix noms tout au plus. Muriel Gilbert se penche sur ce mystère…

Image d'illustration
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Crédit : andres-siimon/unsplash
Pourquoi mon bureau de tabac s'appelle-t-il Le Balto ?
03:07
Muriel Gilbert

Que l’on soit fumeur ou non, les bureaux de tabac font partie de notre paysage quotidien : il y en a plus de 20 000 en France métropolitaine, et on ne peut pas les louper puisqu’ils sont signalés par ce bizarre logo rouge en forme de losange qu’on appelle la carotte - un symbole exigé par la loi depuis plus de cent ans et qui doit même aujourd’hui être obligatoirement lumineux (on a vraiment peur que les fumeurs ne trouvent pas leur tabac).

Mais d’ailleurs, pourquoi une carotte ? On a parfois raconté que c’était parce qu’on mettait des rondelles de carottes dans les paquets de tabac pour éviter son dessèchement. Mais cette carotte en plastoc accrochée au mur des échoppes ne ressemble pas tant que ça à la racine orange qui fait le nez des bonshommes de neige et la joie des lapins.

Il s’agit en fait d’une allusion à une autre carotte : on a appelé ainsi, à partir du XVIe siècle, par analogie naturellement avec la forme du légume, les feuilles de tabac séchées, roulées et ficelées ensemble. On râpait ensuite ladite carotte avant de consommer le tabac, qui était arrivé en Europe dans les malles de Christophe Colomb, et dont le nom, au passage, dérive de l’espagnol tabaco, raccourci comme souvent par l’usage, le mot espagnol étant lui-même une déformation de l’appellation que donnaient à ce végétal les Indiens d’Haïti.

"J'ai du bon tabac dans ma tabatière"

Christophe Colomb raconte que les Indiens fument le tabac, mais aussi le chiquent et le prisent. Chiquer, c’est mâcher, et priser, c’est aspirer par le nez la poudre des feuilles séchées. Vous vous souvenez de la chanson de notre enfance, J’ai du bon tabac dans ma tabatière ? Elle date du XVIIIe siècle, et elle évoque en fait cet usage ancien du tabac : “j’en ai du fin et du bien râpé, mais ce n’est pas pour ton vilain nez” : dans la chanson, il s’agit bien de tabac à priser. Drôle de sujet pour une comptine, mais enfin…

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Il y a un autre truc qui m’a toujours étonnée, moi, c’est le manque d’imagination des débitants de tabac pour baptiser leurs commerces. On dirait qu’un sur deux s’appelle Le Balto ! OK, il y a aussi pas mal de Marigny… Et le Jean-Bart, le Bergerac, le Celtique, le Chiquito, le Narval… Eh bien figurez-vous qu’il existe une explication à cette homonymie tabacologique. 

“Il s'agit des marques des tabacs autrefois commercialisés par la Seita”, expliquait au Monde il y a quelques années un certain Jean Biron, ancien président de la chambre des cafetiers à l’Union des métiers de l’industrie de l’hôtellerie. “Dans les années 1950 à 1970, la régie, en situation de monopole, offrait aux débitants une aide substantielle pour peu qu'ils choisissent, comme enseigne, le nom d’une marque de cigarettes ou de cigares.” 

Les Balto étaient des cigarettes blondes, les Marigny des brunes, les Chiquito des cigares, le Narval un tabac à pipe…  Voilà un mystère de la vie quotidienne élucidé ! (Et s’il vous reste une résolution à prendre en ce début d’année, amis des mots fumeurs, je vous recommande d’essayer de devenir d’anciens fumeurs, une aventure pas facile mais passionnante).

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