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Inventer un mot, est-ce une faute ?

Les versions 2024 du "Petit Robert" et du "Petit Larousse" sont de sortie, l’occasion pour Muriel Gilbert de partager sa passion des néologismes.

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Crédit : jelleke-vanooteghem/unsplash
Inventer un mot, est-ce une faute ?
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Muriel Gilbert

La semaine dernière, amis des mots, j’ai notamment évoqué le barbarisme, cette erreur qui consiste à déformer un mot (pécunier au lieu de pécuniaire, elle sorta au lieu de elle sortit). Et j’ai reçu un message de Christine, qui me demande : "Mais si je fais exprès de déformer un mot, par plaisanterie, est-ce que je commets un barbarisme ?" Chère Christine, vous avez tout à fait le droit de déformer les mots, d’en créer de nouveaux à votre guise, c’est même ces créations qui font que notre langue est vivante. Evidement, tout dépend du contexte : pas question de créer des mots dans les dictées !
 
Il y a quelque temps, j’ai reçu une autre question du même genre, de Caroline cette fois. Elle a vu sur mon blog, MurielGilbert.com, un bouton "Courrielez-moi !". Elle me dit : "J’ai cherché partout mais n’ai pas trouvé ce verbe. Est-ce une fantaisie de votre part ?" Eh oui, Caroline ! C’est un verbe que j’ai inventé par plaisanterie et aussi par commodité, courrielez-moi, ça va plus vite qu’envoyez-moi un courriel. Et d’ailleurs, depuis, il est apparu, semble-t-il, dans le Grand Dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française… bon, ils n’ont pas adopté tout à fait la même orthographe (j’ai mis un seul L et eux deux).
 
Quoi qu’il en soit, à partir du moment où l’on fait exprès de créer un mot, eh bien ce n’est plus un barbarisme, c’est un néologisme, du grec ancien neos (nouveau) et logos (la parole). Si je décide de qualifier Valérie Quintin de pullmochophile (parce qu’elle aime les pulls bariolés), d’avouer ma réglissophilie (parce que je ne résiste pas à un rouleau de réglisse), ou de présenter Christophe Bourroux comme un voiturologue, je crée des mots pour le plaisir, et c’est mon droit.

C’est ce que font tous les jours les poètes

Inventer des mots qui n’existent pas, c’est ce que font tous les jours les poètes, les écrivains, et tous nos contemporains qui en ont la fantaisie, parmi lesquels d’ailleurs ceux qui créent de nouvelles marques. Vous serez peut-être seul à utiliser votre néologisme… ou bien il se répandra comme une traînée de poudre… et il finira dans nos dictionnaires ! Les néologismes, après tout, c’est le gagne-pain des dictionnaires, ce qui fait qu’on a envie d’avoir la nouvelle version chaque année.
 
D’ailleurs, les Petit Larousse et Petit Robert 2024 viennent de sortir, j’en profite pour vous parler d’une expression que j’ai rencontrée pour la première fois sur Twitter voici quelques années. Quelqu’un avait photographié une énorme faute et écrit en légende : "Muriel Gilbert en PLS". Je n’avais pas compris tout de suite. PLS, c’est un terme de secourisme, un sigle pour "position latérale de sécurité". Eh bien, son utilisation dans le langage courant est un néologisme qu’entérinent à la fois le Petit Robert et le Petit Larousse 2024, avec l’exemple : "A l’annonce de sa note, ses parents étaient en PLS". C’est-à-dire dans tous leurs états, catastrophés, quoi. C’est tellement imagé. J’adore !

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