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Superman, "Les Eternels", Robin... De l'importance des coming-out des super-héros

ÉCLAIRAGE - La révélation de la bisexualité de "Superman" a réveillé la question de la représentativité de nos héros préférés. Retour sur une évolution pas si récente (et qui est loin d'être achevée).

De Marvel à DC Comics, les personnages ouvertement LGBTQ+ apparaissent
De Marvel à DC Comics, les personnages ouvertement LGBTQ+ apparaissent
Crédit : Marvel / DC Comics / Montage RTL.fr
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Robin est bisexuel. Superman aussi. D'ailleurs saviez-vous que Marvel allait enfin montrer la première famille homoparentale dans son prochain film Éternels ? Ces différentes révélations dans le monde merveilleux des comics et des super-héros font la une des magazines et blogs spécialisés et provoquent toujours plus de débats dans la communauté des fans. 

Il faut dire que les deux temples du genre que sont Marvel et DC Comics ont toujours été particulièrement ambivalents sur la question. Oui, il y a des personnages bisexuels ou homosexuels depuis un petit moment dans les pages de telle ou telle série, mais il faut dire que les héros les plus importants de leurs panthéons respectifs restaient étrangement hétéronormés. 

Avec l'annonce de la bisexualité de Superman, le plus célèbre des super-héros, DC Comics fait enfin évoluer son univers de façon radicale et franche. La nouvelle pourrait cependant questionner certains fans qui ont toujours vu Clark Kent amoureux de la journaliste Lois Lane. Une relation hétérosexuelle on ne peut plus légendaire dans le monde de la BD. Un élément fondateur que nul ne pourrait remettre en question. Qu'ils se rassurent, ce Superman-là, ne change pas.

Les comics ont pour habitude de créer des suites, des mondes parallèles, des reboots, des reboots de reboots... C'est là toute la force de ces univers. Le superman qui vient de faire très officiellement son coming-out bi chez DC n'est pas Clark Kent, le premier Superman que nous connaissons tous. C'est le fils de Clark Kent et Lois Lane, un jeune homme qui a repris le titre de son vénérable père qui a dévoilé son amour pour un autre garçon Jay Nakamura dans le prochain volume de Superman: Son of Kal-El à paraître début novembre. DC Comics fait donc évoluer son personnage-phare mais continue de respecter la construction ancienne de ses personnages. De quoi conquérir un nouveau public qui brille par sa diversité sans froisser inutilement les jeunes hommes blancs américains qui étaient il y a encore quelques décennies le cœur de cible quelque peu monolithique de ces maisons d'édition. 

Des surprises ? Pas vraiment

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Mais les temps changent, et Marvel et DC, plus puissants que jamais, ne veulent pas rester à la traîne. Ils savent que leurs lecteurs et spectateurs ne sont plus que des Américains ou des Occidentaux. Mieux encore, ils ont compris que la diversité était un incroyable moteur de croissance et non pas le frein que certains redoutaient. Il suffit de voir les succès de Black Panther ou Shang-Chi au cinéma, deux blockbusters qui s'intéressent enfin à l'Afrique et à l'Asie. 

Sur la question de l'orientation sexuelle, ces mastodontes du divertissement préféraient avancer masqués auparavant. Mais les thématiques et visuels crypto-gay étaient des évidences pour la frange LGBTQ+ du public... et pour tout le monde à vrai dire. Robin est bisexuel ? La surprise était loin d'être immense. Marvel est une entreprise LGBTQ-friendly ? Il suffit de regarder l'intrigue des X-Men depuis des décennies pour voir que ce récit sur des mutants rejetés pour leurs différences est une vaste métaphore. Le mutant Northstar est d'ailleurs ouvertement homosexuel depuis 1992 et il s'est marié à son petit ami Kyle en couverture d'Astonishing X-Men #51 en 2012. 

La couverture d'"Astonishing X-Men" avec le mariage de Northstar et Kyle
La couverture d'"Astonishing X-Men" avec le mariage de Northstar et Kyle
Crédit : Marvel

Green Lantern, Catwoman, Miss America, Batwoman, Iceberg ou encore le fils de Scarlet Witch, Wiccan... Les personnages LGBTQ+ ne manquaient pas. Rien de bien nouveau en 2021 ? Pas forcément.

Dernière étape : le cinéma

Si les pages des comics font la part belle à des héroïnes féministes, des musulmans, des noirs, des homosexuels, des bisexuelles, des aromantiques... depuis des années, les super-héros au cinéma, eux, ont bien du mal à sortir du placard. Et justement Marvel compte bien changer les choses avec la sortie de sa prochaine grande bataille cosmique sur grand écran : Les Éternels. Le personnage de Phastos (joué par Brian Tyree Henry) offrira au Marvel Cinematic Universe son premier baiser entre deux hommes. Un pas de géant pour les Studios Marvel et leur maison-mère Disney encore frileuse sur ces questions dans ses films d'animation notamment. 

La scène ne manquera pas de faire parler puisqu'elle concerne aussi deux personnages non-blancs (Brian Tyree Henry et son mari, joué par Haaz Sleiman) qui forment une famille et élèvent un enfant. Mais le courage de Disney pourrait bien montrer ses faiblesses en dehors du marché occidental... Ces scènes pourraient aisément être coupées au montage dans certains pays qui criminalisent ou réprouvent l'homosexualité... L'argent reste maître, même en 2021.

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