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Le projet pharaonique de l'artiste Christo dans le désert d'Abou Dhabi révélé

Décédé l'an dernier, Christo, l'artiste qui emballait les monuments, avait un rêve pharaonique : construire une nouvelle pyramide dans le désert d'Abou Dhabi. Un rêve pas complètement abandonné.

La pyramide du pharaon Djoser (illustration)
La pyramide du pharaon Djoser (illustration)
Crédit : Mohamed el-Shahed / AFP
L'artiste Christo rêvait de construire une pyramide dans le désert d'Abou Dhabi
00:03:44
L'artiste Christo rêvait de construire une pyramide dans le désert d'Abou Dhabi
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Isabelle Choquet - édité par Sarah Belien

Dans huit jours sera dévoilé l’empaquetage de l’Arc de Triomphe dont Christo, décédé l'an dernier, avait rêvé avec son épouse Jeanne-Claude. Pour l'occasion, Le Monde revient sur le rêve pharaonique de l'artiste : construire une nouvelle pyramide dans le désert d’Abou Dhabi. Un projet fou pas complètement abandonné.
 
L'empaquetage de l’Arc de Triomphe est supervisé par le neveu de l'artiste, Vladimir Yavachev, à qui Christo, juste avant sa mort, lui a arraché un ultime serment : qu’il réalise enfin le rêve qui l’obsède depuis quarante ans, une structure composée de plus de 400.000 barils de pétrole vides dans le désert d’Abou Dhabi. La forme évoquerait un mastaba, une nécropole égyptienne aux allures de pyramide tronquée.

Le projet donne le vertige. La structure ferait 150 mètres de haut sur une base de 300 mètres. Ce serait alors la sculpture la plus immense de toute l’histoire de l’humanité, plus haute que la pyramide de Khéops.

Une œuvre permanente à 385 millions de dollars

La structure est censée peser 50.000 tonnes, faire quatre fois le volume de la tour Eiffel et être capable de résister aux tempêtes de sable. Il faudrait deux ans pour assembler le squelette composé de pylônes et les barils, qui eux, seraient fabriqués par une usine construite spécialement pour l'occasion, directement sur le site.

Projet démesuré, facture démesurée : 385 millions de dollars, vingt-cinq fois plus que l’empaquetage de l’Arc de triomphe ou celui du Reichstag de Berlin en 1995. Mais cette fois, il ne s'agirait pas d'une œuvre éphémère.

Le projet entravé par les guerres du Golfe

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Pour ériger leur Mastaba, Christo et Jeanne-Claude avaient pensé au Texas, ou aux Pays-Bas. Ils n'ont pas été convaincus. Ils se sont alors tournés vers Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis, fondée quelques années plus tôt. Chou blanc, encore. Même là, c'est trop gros, trop cher. Là-dessus éclate la guerre Iran-Irak, puis, la première guerre du Golfe. Le projet en reste là, pour un temps, et les artistes vont performer ailleurs.

Mais Christo n'a jamais renoncé à son rêve. A l’automne 2006, il retourne à Abou Dhabi. Il fait d'innombrables repérages, et il se fixe près d’une oasis peuplée d’antilopes, dans les dunes de sable rouge du désert de Liwa, celui qui servira de décor à Star Wars : Le Réveil de la Force.

Une financement participatif

Pour obtenir un prêt des Emiratis, pas le choix, il faut parler leur langue, celle du "retour sur investissement". Le Mastaba doit devenir une destination touristique, comme le Louvre des sables, et pour ça il doit se coupler à un hôtel. Les équipes de Christo imaginent une billetterie en ligne, et le recours au financement ­participatif, genre "adopte un baril". Christo  propose même de mettre l’ensemble de ses œuvres en gage jusqu’à ce que les fonds soient remboursés. Pour ce projet, il a déjà dépensé plus de 2 millions d’euros en études et en lobbying.

L'ancienne secrétaire d’État de Bill Clinton recrutée

Pour renforcer ses chances, l'artiste recrute une personnalité : Madeleine Albright, l’ancienne secrétaire d’État de Bill Clinton. Elle orchestre un rendez-vous au sommet. Le prince héritier est séduit, mais ne donne pas suite. Il y a d’autres priorités. Et puis le symbole du baril, ça collait bien à l’émirat en 1979, mais 40 ans plus tard, en pleine révolution verte, c'est un peu anachronique.

Désormais, avec la mort de Christo, le Mastaba serait une œuvre posthume, pas forcément sexy pour les investisseurs potentiels. "Au contraire, dit le bras droit d'Allbright, la valeur de ses pièces est encore plus grande". Le photographe officiel des œuvres renchérit : "Que trouve-t-on aujourd’hui à Abou Dhabi ? Le Louvre, le Guggenheim, la Formule 1, des copies de ce qui existe en Occident. Là, on vient avec quelque chose de particulier : la plus grande sculpture de tous les temps." Quant à Vladimir, il est aussi obstiné que son oncle: "Quoi qu’il arrive, dit-il, le Mastaba ne sera pas un mirage". Le Mastaba de Christo, grand récit à lire sur le site du Monde...

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