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Paris : des séances de psy gratuites et en plein air pour se libérer

C'est une séance de psy pour le moins particulière qui a lieu un samedi par mois. Elle ne se déroule pas sur un divan dans un cabinet, mais en plein air. En plus de ça, celle-ci est gratuite.

Psychologie : Eprouvons-nous tous de la culpabilité ?
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Crédit : nadia_bormotova / GETTY
Santé : des séances de psy en plein air à Paris
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Santé : des séances de psy en plein air à Paris
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Isabelle Choquet - édité par Charlotte Diry

Ce n'est pas donné à tout le monde de se rendre chez un psychothérapeute. Il faut faire la démarche, choisir le praticien, payer une consultation qui n'est souvent pas donnée. Pourtant, tout le monde peut avoir besoin d'un petit coup de pouce. 

Un samedi par mois, des psychologues proposent des séances gratuites dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, en plein air, selon le magazine Psychologies. Rendez-vous à la friche La Table Ouverte, un espace solidaire créé en 2013. Accroché au grillage, une grande banderole "Ici, on vous écoute". 

Sur le trottoir, Marie-Sylvie interpelle les passants : "Bonjour Monsieur, voulez-vous nous parler ?", "Mademoiselle, vous n'avez rien à nous dire ?". Elle est psy et il y a deux ans, elle a fondé l'association "Les écouteurs de rue". L'idée, c'est d'aller au devant des populations qui n'ont ni les moyens ni l'habitude de parler de leurs problèmes. 

Une consultation qui n'est pas classique

Le terrain, Marie connait bien. Elle a commencé sa carrière dans les township en Afrique du Sud. Ce samedi là, elle est accompagnée de cinq autres psy. En deux heures, plus d'une vingtaine de personnes vont se confier. Debout ou assis sur des chaises d'écoliers à même le bitume. "Ici, tous les verrous d'une consultation classiques sautent", dit Sandra.

À écouter aussi

Pas besoin de se déplacer, pas de codes à taper, pas de murs, pas d'argent à débourser. C'est nous qui allons vers les autres pour entendre des histoires qui ne franchissent jamais les portes des cabinets

Il y a par exemple, cette maman, avec un fils qui a mal tourné. Elle raconte comment elle est allée l'extraire du squat où il avait fugué pour le ramener chez elle. Comment faire pour veiller sur les enfants quand on les élève seules et qu'il faut partir travailler à l'aube. A-t-elle commis des erreurs ? 

La psy l'écoute pendant une bonne demi-heure. Puis elle la rassure, lui dit qu'elle a été courageuse. "Il ne faut pas qu'elle reparte plus désemparée qu'en arrivant", dit Séverine. On peut les emmener loin dans l'émotion en cabinet, mais ce n'est pas le cas dans la rue. On ne les reverra peut-être pas la semaine suivante. On fait en sorte qu'ils ne s'écroulent pas

Autant d'hommes que de femmes

D'habitude, ce sont surtout les femmes qui s'arrêtent. Aujourd'hui, il y a autant d'hommes. Des hommes énervés. Ils se sentent seuls, méprisés, maltraités, comme ce trentenaire qui explose debout en pleine rue : "Les femmes nous envoient tout le temps balader dans la vraie vie. Elles préfèrent passer par les réseaux sociaux, tout ça est complètement faussé", dit-il. 

Il vide son sac, rien ne va. La dureté des rapports hommes / femmes, la vie citadine, la psy le laisse déverser ses frustrations. Elle attend que la colère redescende, jusqu'à ce qu'il évoque des projets. Une envie de partir, de cultiver la terre. 

Un peu plus loin, un couple la quadragénaire, usé par des problèmes de voisinage, de bruit, de harcèlement. Ils ont demandé un relogement, ils n'ont pas de réponse. 25 à 50% des personnes accueillies vivent dans la précarité. "Elles passent leur temps à tenter de combler leurs besoins premiers", dit Séverine. La nourriture, le logement, les vêtements. 

Des témoignages lourds

Certains témoignages sont particulièrement lourds. De la violence, des tortures, des deuils. difficile à exprimer. Difficile à entendre aussi. "Nous ne donnons pas notre nom ni notre prénom. Nous le demandons pas non plus à ceux que nous écoutons", dit la psy. Le cadre doit être sécurisant pout tout le monde. Et elle ajoute "On a l'impression d'être des sauveurs, mais en fait, nous en retirons un bénéfice énorme. Dans ces moments là, on se rencontre soit même". 

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