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"Il faut qu’on se voie" ou "il faut qu’on se voit" ?

Il faut qu’on se voiE ou qu’on se voiT ? J’aimerais qu’il RIE ou qu’il RIT ? Un spot du ministère de la Santé confond subjonctif et indicatif. Les trucs de Muriel Gilbert pour ne plus se tromper.

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"Il faut qu'on se voie" ou "il faut qu'on se voit" ? Crédit Image : FRED DUFOUR / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
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Aujourd’hui, nous allons parler d’une bourde du ministère de la santé. Enfin, en réalité, c’est Pascal Praud qui m’a signalé cette bêtise. 7h54, lundi matin, il m’envoie une photo d’écran extraite d’un spot pour la promotion des gestes barrières contre le Covid. Il a failli me mettre de mauvaise humeur pour toute la semaine. Les dialogues étaient sous-titrés, et on pouvait lire la phrase suivante : "Ce serait pas mal qu’on se voit avant la réunion de 16 heures."

Oui, il y a une faute, mais elle ne s’entend pas. C’est même ce qui explique qu’elle soit aussi fréquente : au lieu de "voit" on aurait du lire "voie". Je comprends parfaitement que tout un chacun commette ce genre d’erreur, mais il est inadmissible qu’une campagne de pub ne soit pas corrigée et répande des fautes aussi énormes dans l’espace public.

Un truc pour ne plus commettre cette erreur ? Après "il faut que", "j’aimerais que", "il est possible que", "afin que" et toutes ces formules en "que" qui expriment un souhait, un désir, une crainte, on utilise non pas le mode indicatif "je fais, tu viens, il dit" mais le subjonctif : "il faut que je fasse, j’aimerais que tu viennes, il est possible qu’il dise". On dit que le subjonctif est le mode de l’incertain.

Je dis "j’aimerais qu’il fasse beau dimanche" et non "j'’aimerais qu’il fait beau dimanche" parce qu’il n’est pas certain qu’il fasse beau. D’ailleurs, même s’ils ont parfois oublié que ça correspondait à cette étiquette rébarbative de subjonctif, tous les Français ou presque l’utilisent naturellement, sans y penser, les doigts dans le nez.

L'astuce pour ne plus se tromper

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En fait, la difficulté arrivé quand la différence ne s’entend pas, comme dans de ce spot, pour les verbes qui se prononcent pareil à l’indicatif et au subjonctif, tout en s’écrivant différemment. Ce sont tous des verbes du 3e groupe, les verbes irréguliers. Voir en fait partie, ainsi que courir, croire, fuir, ou rire par exemple. Les terminaisons au présent du subjonctif sont toujours les mêmes : e, es, e, ions, iez, ient : que je voiE, que tu voiES, qu’il voiE, que nous voyIONS, que vous voyIEZ, qu’ils voiENT. On écrit donc à l’indicatif : "je croiS, je fuiS, je riS" mais au subjonctif : "il faut que je croiE, que je fuiE, que je riE". Le truc, si vous n’êtes pas sûr de vous, c’est de remplacer ces verbes piégés par des verbes où l’on entend la différence entre indicatif et subjonctif, un verbe du 2e groupe, en IR, ou le verbe aller, par exemple.

Dans notre spot, on aurait pu remplacer "il faut qu’on se voie" par le verbe aller. On ne dit pas "il faut qu’on va", indicatif, mais "il faut qu’on aille", subjonctif. Donc on met voir au subjonctif : "il faut qu’on se voiE". CQFD !

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