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Ces anglicismes qui s’insinuent discrètement dans notre langue

Muriel Gilbert souligne que certains mots, bien français, sont utilisés de la mauvaise façon. La faute à l'influence de la langue anglaise.

Muriel Gilbert Un bonbon sur la langue Muriel Gilbert
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Ces anglicismes qui s'insinuent discrètement dans notre langue Crédit Image : Julien Knaub / SIPA / RTL | Crédit Média : Muriel Gilbert | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
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Sus au franglais ! Les Français interpellent souvent les journalistes sur le fait qu’ils utilisent parfois des mots anglais alors qu’ils pourraient très bien les traduire. Dans le domaine du business, pardon, des affaires ou de l’économie, en particulier, c’est flagrant, nous sommes envahis par les start-up, les challenges, le buzz, le sponsoring : c’est bien simple, on frise le burn-out. Pourquoi ne pas dire "jeune pousse" au lieu de" start-up" ? Et défi au lieu de challenge, et parrainage pour sponsoring.

Mais il existe également des anglicismes plus pervers, qui s’insinuent discrètement dans notre langue. Par exemple la phrase : "Ce salon dédié au cinéma initié par le ministère de la Culture est une mine d’opportunités pour les producteurs de films", est pleine d’anglicisme. Elle comprend quatre des pires bêtes noires des correcteurs : dédié, initié, opportunité et en charge de. Même s'ils sont bien français, on les utilise de traviole, et on en fait de la bouillie franglaise, saperlipopette !

Par exemple, en français, on ne saisit pas une opportunité. À la différence de l’opportunity anglais, qui signifie "occasion", "chance", opportunité désigne, selon Larousse, le "caractère de ce qui est opportun, vient à propos : l’opportunité d’une démarche". Dédié souffre du même mal. Il n’a pas le sens du dedicated anglais. On peut dédier une église à un saint, un poème à sa maman, pas un site Internet aux blagues de Toto ou un salon à l’industrie.

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Reste "en charge de", qui est un calque de l’anglais "in charge of". On n’est pas en charge d’un ministère ou d’un projet, on en est chargé ou responsable. Et n’oublions pas "initier", à qui l’on ne doit pas donner le sens anglais de lancer, créer. En français, on s’initie à l’orthographe ou au bridge, ça signifie apprendre les rudiments de quelque chose.

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Muriel Gilbert souligne que certains mots, bien français, sont utilisés de la mauvaise façon. La faute à l'influence de la langue anglaise.
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2017-11-18 08:33:00
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