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Pourquoi la 5G va avoir du retard dans les aéroports français

L'aviation civile a émis des réserves à l'activation des antennes 5G à proximité des aéroports le temps de s'assurer qu'elles ne nuisent pas au guidage des avions. Les opérateurs déplorent un manque d'anticipation et redoutent des retards dans le déploiement de certains sites.

L'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (illustration)
L'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (illustration)
Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Le déploiement de la 5G ne sera pas pour tout de suite dans les aéroports français. Comme le rapporte le journal Les Echos, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a émis des réserves sur l'activation des antennes à proximité des sites aéroportuaires du pays. En cause : l'impact des fréquences du nouveau réseau mobile sur les systèmes de guidage des avions. 

L'aviation civile s'appuie sur un rapport américain qui évoquait en octobre un risque majeur d'interférences avec les radioaltimètres des avions, qui servent à mesurer leur distance par rapport au sol et aux obstacles se dressant sur leur chemin, mais aussi pour les équipements de radiofréquence au sol, qui guident les avions lors de l'atterrissage et au décollage. 

Ces systèmes passent par les fréquences de la bande des 3,7-3,9 Ghz, qui est aussi utilisée pour la 5G. L'aviation civile souhaite s'assurer que les antennes de la 5G ne vont pas brouiller les ondes et nuire au fonctionnement des outils nécessaires à la navigation aérienne. Une réserve a donc été émise le temps de vérifier que la cohabitation entre les installations se fera en toute sécurité, comme à chaque évolution technologique. Une procédure normale, souligne-t-on à la DGAC.

Avant d'allumer un site de téléphonie mobile, les opérateurs doivent effectuer une déclaration auprès de l'ANFR pour permettre à d'autres utilisateurs du spectre d'émettre des réserves pour éviter tout risque de brouillage des ondes. Les entités concernées (autorités, opérateurs, EDF, SNCF, Météo France, etc.) ont un mois pour se prononcer. 

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Les premières demandes ont été soumises après la fin des enchères autour du 20 octobre. La majorité d'entre elles ont été autorisées ces derniers jours. Mais des analyses techniques complémentaires sont encore nécessaires pour près de 5% d'entre elles. L'enjeu est notamment d'adapter les zones de protection autour des sites aux spécificités de la 5G.

Un retard de quelques semaines à quelques mois

Même si l'objectif est d'abord de déployer la 5G dans les villes, les réserves de l'aviation civile passent mal auprès des opérateurs. Ces derniers ont consenti à de lourds investissements pour déployer la 5G à travers le pays. Ils regrettent d'avoir été informés de ces études tardivement et redoutent des retards dans leur calendrier dans les localités situées à proximité des aéroports. Une lettre a été adressée à Cédric O pour se plaindre de la situation et des pressions auraient été exercées sur les versements dus à l'Etat, rapporte Les Echos.

La Fédération française des télécoms, jointe par RTL, déplore "un manque total d'anticipation sur cette thématique qui n'a jamais été abordée jusqu'alors". Selon elle, "l'exploitation des fréquences 3,5 GHz auraient dû être anticipée par les acteurs publics, notamment afin de disposer d’une approche harmonisée au niveau européen". La FFT demande au gouvernement de "donner rapidement de la visibilité" aux opérateurs sur "cette situation qui doit trouver une issue" pour leur permettre de "déployer leurs réseaux sereinement".

"Je ne doute pas que le problème se règle assez vite", a déclaré Cédric O lors d'un déplacement dans le Val-d'Oise, en estimant que, pour les "5% d'antennes" concernées, le retard de déploiement pourrait être de "quelques jours, quelques semaines". Ca montre que le processus français de principe de précaution fonctionne extrêmement bien", a ajouté M. O, estimant que le gouvernement est "maximaliste dans la protection des populations" car "pas un seul pays européen n'a posé des réserves sur ces questions d'aéroports"

Interrogé par Les Echos, le directeur de l'ANFR table pour sa part sur un retard de quelques semaines, voire de quelques mois sur un nombre limité d'antennes à proximité des aéroports, mais promet qu'il n'y aura pas de zones d'exclusion durables de la 5G. Cela ne devrait pas pénaliser outre-mesure les usagers qui transiteront par les terminaux français dans les prochaines semaines. Mais les opérateurs et les exploitants des hubs de la première destination touristique mondiale se seraient volontiers passés de cette mauvaise publicité.

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