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Lune, Mars, station spatiale... L'ambitieux programme spatial de la Chine

La sonde chinoise Chang'e 5 doit se poser sur la Lune mardi 1er décembre pour ramener sur Terre 2 kilos de fragments lunaires. Une étape supplémentaire dans l'ambitieux programme spatial du pays qui vise l'envoi d'hommes sur la Lune à la fin de la décennie.

La Chine a propulsé une sonde vers la Lune à l'aide d'une fusée Longue Marche-5 mardi 17 novembre 2020
La Chine a propulsé une sonde vers la Lune à l'aide d'une fusée Longue Marche-5 mardi 17 novembre 2020 Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

La Chine met le cap sur la Lune en attendant Mars. Le lancement de la mission Chang'e 5 mardi, chargée de rapporter des fragments de Lune sur la Terre, pose un nouveau jalon dans l'histoire de la conquête spatiale chinoise, entamée sous Mao dans les années 1960 et désormais tournée vers l'exploration martienne et l'envoi d'astronautes sur la Lune d'ici une dizaine d'années. 

Lundi soir, la sonde chinoise de la mission Chang'e 5 a été propulsée avec succès par une fusée Longue Marche 5 sortie de son hangar sans crier gare depuis le centre spatial de Wengchang sur l'île de Hainan, dans le sud du pays.

Direction le massif volcanique Mons Rümker, sur la face visible de la Lune, une zone qui contiendrait les ressources géologiques les plus récentes de l'histoire de l'astre. La sonde doit s'y poser mardi 1er décembre dans la région de l'océan des Tempêtes, la plus grande des mers lunaires, dont le sol a déjà été foulé par des gens soviétiques et américains dans les années 60.

Une fois posée sur la Lune, la sonde va déployer un bras robotique pour forer le sol sur deux mètres de profondeur et collecter 2 kilos d'échantillons de poussières et cailloux lunaires qu'elle déposera dans une capsule afin de les ramener sur Terre. Si les opérations se déroulent sans encombre, le retour sur Terre est attendu mi-décembre, du côté de la Mongolie Intérieure.

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En cas de succès, la Chine deviendra la troisième puissance à réaliser pareil exploit, après les Etats-Unis et l'URSS, la première depuis plus de 40 ans. Les scientifiques pourront alors analyser les propriétés chimiques de ces rares échantillons lunaires et peut-être percer les secrets de la naissance et de l'évolution de notre satellite. 

Une sonde sur Mars en 2021, des hommes sur la Lune en 2030 ?

À travers cette mission express, la Chine entend afficher à la face du monde sa maîtrise parfaite des vols spatiaux et renforcer ses ambitions lunaires. "Il s'agit d'une mission cruciale parce qu'avec Chang'e-5, on répète toutes les étapes d'un voyage habité vers la Lune, c'est-à-dire qu'on va sur le satellite et on revient sur Terre", explique Philippe Coué, spécialiste du programme spatial chinois, joint mardi dernier par RTL.  

Depuis les années 2000, la Chine a investi des milliards pour rattraper et dépasser les puissances concurrentes. Le pays maîtrise désormais tous les secteurs de la conquête spatiale, des lanceurs aux satellites, en passant par les vols habités et les alunissages. Avec en point d'orgue en 2019 la réussite de la mission Chang'e 4, première sonde à se poser sur la face cachée de la Lune.

Forte de ces succès, la Chine ne s'interdit aucun projet ambitieux désormais. Le pays doit faire atterrir sa sonde Tianwen-1 sur Mars en début d'année prochaine après un voyage de sept mois pour faire évoluer un véhicule téléguidé dans la région du bassin d'Utopia Planitia, une vaste plaine de l'hémisphère nord de la planète rouge que l'on suspecte d'abriter de grandes quantités de glace en profondeur. Une manoeuvre que seuls les Etats-Unis ont réussi à ce jour. 

Pékin espère aussi achever la construction de sa grande station spatiale Tiangong-3 (Palais céleste) en 2022. Dotée de trois modules, elle pourra accueillir six astronautes et permettre à la Chine de mener ses propres missions scientifiques en orbite sans dépendre de l'Europe ou du Japon. Elle deviendra alors le troisième pays à en assembler une par ses propres moyens.

Cette station constituera un point intermédiaire durable sur la route de la Lune. La Chine ambitionne d'y envoyer des hommes d'ici à 2030 pour établir une base scientifique permanente et peut-être griller la politesse aux Etats-Unis. Avant cela, la mission Chang'e 6 prendra le relai de Chang'e 5 d'ici à 2024 pour aller récolter des matières lunaires sur la face cachée de la Lune, un défi qu'aucune puissance spatiale n'a relevé jusqu'ici.

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