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Le vol Virgin Galactic de Richard Branson est-il vraiment allé dans l'espace dimanche ?

L'entreprise Blue Origin de son concurrent Jeff Bezos estime que Richard Branson n'a pas volé dans l'espace car il n'a pas atteint 100 kilomètres d'altitude. Une limite conceptuelle appelée à devenir un argument commercial pour les nouveaux acteurs du tourisme spatial.

L'avion spatial Virgin Galactic SpaceShipTwo Unity et le vaisseau-mère se séparent alors qu'ils volent bien au-dessus de Spaceport America
L'avion spatial Virgin Galactic SpaceShipTwo Unity et le vaisseau-mère se séparent alors qu'ils volent bien au-dessus de Spaceport America
Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

À peine accompli, l'exploit de Richard Branson est déjà mis en doute. Selon la version officielle, le magnat britannique de 70 ans est devenu dimanche 11 juillet le premier milliardaire à voyager dans l'espace à bord de sa propre fusée. Le vaisseau VSS Unity de Virgin Galactic a atteint une altitude de 80 kilomètres et fait vivre une expérience d'apesanteur à ses passagers durant quelques secondes avant de revenir se poser sans encombre au large du Nouveau-Mexique. Mais certaines voix dissonantes s'élèvent depuis plusieurs jours pour affirmer que Sir Richard ne s'est pas vraiment rendu dans l'espace, le vrai.

En compétition avec Virgin Galactic pour devenir le fer de lance de cette nouvelle industrie du tourisme spatial privé, l'entreprise Blue Origin de Jeff Bezos a publiquement questionné le storytelling de son concurrent. Selon elle, le vol de VSS Unity du 11 juillet n'était pas un vol spatial à proprement parler mais seulement un voyage aux limites de l'espace.

L'entreprise de Jeff Bezos s'appuie sur le fait que la limite de l'espace n'est pas une frontière clairement établie. Selon la Fédération aéronautique internationale, l'espace débute à 100 kilomètres au-dessus de nos têtes, au niveau de la ligne de Kàrman, du nom du physicien qui avait calculé l'altitude à laquelle les gaz de l'atmosphère terrestre n'ont plus d'effet sur les objets spatiaux redescendant sur Terre. C'est à cette altitude que doit voler la capsule New Shepard de Jeff Bezos le 20 juillet.

Richard Branson a volé à moins de 100 km d'altitude

Deux jours avant le décollage de Richard Branson, Blue Origin avait publié sur Twitter un comparatif des deux vols pour mieux souligner les limites du vaisseau de Virgin Galactic.

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"Dès le départ, [notre vaisseau] a été conçu pour voler au-dessus de la ligne de Kármán, de sorte qu’aucun de nos astronautes n’a d’astérisque à côté de son nom. Pour 96 % de la population mondiale, l’espace commence à 100 km d’altitude, au niveau de la ligne de Kármán, reconnue internationalement.".

Début juillet, le patron de Blue Origin avait déjà insisté auprès du New York Times sur le fait que le vol de Richard Branson était "une expérience très différente" du voyage opéré par sa compagnie le 20 juillet car "il ne vole pas au-dessus de la ligne de Kàrman".

L'espace, une frontière conceptuelle et commerciale

Mais la limite de la frontière de l'espace fait débat. Il n'existe pas de démarcation nette car la pellicule protectrice de notre planète s'estompe progressivement à mesure que l'on s'éloigne de son sol. Le gouvernement américain a toujours reconnu que l'espace débutait à une altitude de 50 miles, soit environ 80 kilomètres, à l'endroit où la mésosphère et la thermosphère se séparent, deux strates qui composent notre atmosphère. Par convention, on confère les fameuses ailes de l'insigne américain d'astronaute à toute personne voyageant au-delà de cette limite. 

De son côté, le centre de contrôle de la Nasa place le curseur à 122 kilomètres d'altitude, car selon Bhavya Lal et Emily Nightingale, experts du Sciences and Technology Policy Institute, c’est à "ce point que la traînée atmosphérique commence à se remarquer". En résumé, il n'existe pas une frontière de l'espace mais plusieurs délimitations conceptuelles appelées à devenir des arguments commerciaux pour les acteurs de la nouvelle industrie du tourisme spatial ces prochaines années.

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