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La Nasa a enfin découvert l'identité de l'objet qui se rapprochait de la Terre

L'objet céleste inconnu qui s'est invité dans l'orbite de la Terre lundi est bien un propulseur de fusée utilisé dans les années 1960 pour envoyer une sonde sur la Lune.

La Terre vue de l'espace (illustration)
La Terre vue de l'espace (illustration) Crédit : AFP / Nasa
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Il ne s'agissait ni d'un astéroïde, ni d'une mini-Lune naturelle. La Nasa a enfin mis au jour la véritable identité de l'objet céleste inconnu d'une dizaine de mètres de large sur trois mètres de long baptisé 2020 SO passé à proximité de la Terre lundi 1er décembre. 

Cet étrange visiteur, qui s'est brièvement invité dans l'orbite de notre planète, était finalement un morceau de fusée, explique la Nasa, et plus précisément, un étage supérieur du lanceur Atlas-Centaur qui fut utilisé dans les années 1960 pour lancer la sonde spatiale Surveyor en direction de la Lune.

Cette hypothèse avait pris de l'épaisseur ces dernières heures au fil des analyses des données du télescope infrarouge hawaïen IRTF et de celles du Centre d'étude des objets proches de la Terre du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, qui calcule les orbites des astéroïdes et des comètes afin d'en évaluer les risques.

Passé à 50.000 kilomètres de la Terre

Repéré pour la première fois le 17 septembre dernier par le télescope astronomique Pan-STARRS, 2020 SO est passé à environ 50.000 kilomètres de la Terre durant quelques heures le 1er décembre, à peu près dix fois plus près que la distance qui nous sépare de la Lune, pour le plus grand bonheur des astronomes qui ont pu immortaliser son passage. 

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Des premières analyses ont permis de déterminer qu'il ne s'agissait pas d'un astéroïde. Les regards se sont alors vite tournés vers le propulseur de l'étage supérieur du lanceur Centaur de la mission Surveyvor 2 lancée en 1966 à destination de la Lune qui s'était soldée par un échec quelques mois après un premier alunissage réussi. Plusieurs études ont été lancées pour vérifier cette piste.

Des analyses approfondies ont permis d'obtenir des correspondances entres les données de SO 2020 et un acier inoxydable utilisé dans la conception des propulseurs de la fusée. La comparaison n'était pas parfaite mais les scientifiques ont mis ces écarts sur le compte de la détérioration du matériau après 50 ans d'errance spatiale. Il ont fini par comparer les données de 2020 SO à celles d'un autre propulseur de fusée Centaur en perdition autour de la Terre pour valider leur hypothèse.

La fusée Atlas-Centaur fut utilisée dans les années 60 pour envoyer des missions sur la Lune
La fusée Atlas-Centaur fut utilisée dans les années 60 pour envoyer des missions sur la Lune Crédit : AFP

2020 SO devrait rester encore quelques semaines dans le voisinage de la Terre. Il repartira ensuite sur une orbite autour du Soleil au printemps 2021. Ce morceau de fusée n'est pas le premier débris d'une mission spatiale à flirter avec notre planète. Entre 2002 et 2003, un vestige de la fusée Saturn V de la mission Apollo 12 avait effectué plusieurs orbites entre la Terre et la Lune avant de repartir en direction du Soleil.

Peu de danger pour la Terre

Des millions de débris spatiaux sont en orbite autour de la Terre. Surveillés en permanence par des radars et des télescopes, ils ne présentent généralement aucune menace pour l'humanité car les perturbations gravitationnelles provoquées par notre planète et la Lune les déportent presque toujours sur des orbites solaires. 

En cas de collision, leur descente présente un risque limité car l'essentiel de leurs matériaux se désintègrent en traversant l'atmosphère et ce qu'il en reste a beaucoup plus de chance de terminer sa course dans une zone inhabitée comme la Terre est essentiellement recouverte d'océans, de forêts et de déserts. Mais il arrive parfois que des débris s'écrasent à proximité de zones habitées, comme ce fut peut-être le cas en mai dernier en Côte d'Ivoire à la suite de la chute des restes d'une fusée chinoise. Une enquête doit encore le confirmer.

Les déchets spatiaux sont plus problématiques pour les satellites, qu'ils peuvent percuter et détruire. La Station spatiale internationale doit aussi régulièrement manoeuvrer pour éviter de les toucher. L'Agence spatiale européenne prévoit de faire décoller un satellite nettoyeur pour supprimer un débris de ce type d'ici cinq ans.

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