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Bruxelles veut généraliser sa solution de vérification de l'âge en ligne fin 2026
Crédit : Commission européenne
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"Une solution simple et gratuite pour mettre nos enfants à l’abri des contenus dangereux et illégaux". C’est ainsi que Ursula von der Leyen a présenté cette nouvelle application de vérification de l’âge. Le dispositif s'inspire du certificat sanitaire européen mis au point lors de la pandémie de Covid-19 pour lever les restrictions de déplacements à l'été 2021, un dispositif conçu en l'espace de quelques semaines et adopté par 78 pays sur 4 continents. Bruxelles entend reproduire la performance pour répondre au défi de la protection des mineurs en ligne.
Testée depuis l’an dernier dans plusieurs pays européens, dont la France, la solution européenne de vérification d'âge en ligne est désormais "techniquement prête et sera bientôt utilisable par les citoyens", selon la présidente de la Commission. L’outil devrait être déployé d’ici à la fin de l’année et sera téléchargeable sur les plateformes d’Apple et Google. Sept pays, dont la France, s'apprêtent à l'expérimenter avant son lancement. D'après Le Figaro, l'application Snapchat pourrait être concernée par ce test dans l'Hexagone.
Cette application doit permettre aux internautes de prouver qu'ils ont l'âge requis pour utiliser les plateformes sociales en minimisant les informations transmises à ces dernières. Les utilisateurs devront s’y enregistrer avec leur carte d’identité ou leur passeport. L’objectif : prouver leur âge sans divulguer leurs données personnelles aux réseaux sociaux. "Les plateformes en ligne pourront se reposer sur elle" pour vérifier l’âge de leurs utilisateurs, a assuré Ursula von der Leyen, ajoutant qu’elles "n’auront plus d’excuses" pour se soustraire à leurs obligations.
Pour garantir la confidentialité, l’Union européenne s’appuie sur une technologie cryptographique dite de "zéro-connaissance" ("Zero-Knowledge Proofs"), qui permet de prouver une information sans la révéler.
Grâce à ce système, les internautes pourront attester de leur âge "de manière complètement anonyme, et sans pouvoir être tracés", a promis la présidente de la Commission. Lors d’une démonstration à Bruxelles, des journalistes, dont ceux de l’AFP, ont pu constater le fonctionnement de l’outil, encore indisponible pour le grand public.
L’application pourra aussi être intégrée dans les systèmes nationaux, comme les portefeuilles d’identité numérique, et fonctionner sur différents appareils, des smartphones aux ordinateurs.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de régulation des réseaux sociaux en Europe. Plusieurs États membres - la France, le Danemark, la Grèce, l’Italie ou encore l’Espagne - veulent encadrer, voire interdire, l’accès des mineurs à ces plateformes.
Emmanuel Macron doit d’ailleurs organiser une visioconférence avec plusieurs dirigeants européens, dont Ursula von der Leyen, pour maintenir "la pression" et "le tempo" sur ce dossier, selon l’Élysée.
L’objectif est notamment d’avancer vers une "majorité numérique" commune, alors que les seuils d’âge varient aujourd’hui entre 14 et 16 ans selon les pays. La France souhaite interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée de septembre.
Pour l’heure, la Commission européenne refuse de trancher. Ursula von der Leyen, qui se dit favorable à titre personnel à une telle mesure, attend les conclusions d’un comité d’experts prévues cet été.
Si certains responsables politiques saluent une avancée, d’autres appellent à aller plus loin. L’eurodéputée Stéphanie Yon-Courtin estime qu’"il faut accélérer et avancer vers une véritable approche européenne de la majorité numérique, pour éviter une fragmentation des règles entre les États membres".
Mais plusieurs organisations de défense des libertés numériques dénoncent fermement le projet. "C’est une annonce totalement vide, sans rien de neuf à part des promesses renouvelées d’appliquer avec retard le DSA", a critiqué Simeon de Brouwer, du réseau d’ONG European Digital Rights (EDRi). Selon lui, "se reposer sur la vérification d’âge pour protéger les mineurs est une mauvaise approche", car cela "empiète sur les libertés publiques” tout en “dédouanant les plateformes de leurs responsabilités".
Même inquiétude du côté de Bastien Le Querrec, juriste à La Quadrature du Net : "Cette technique ne permet absolument pas de garantir à quiconque le respect de son anonymat". Il estime au contraire qu’elle pourrait marquer "la fin de l’anonymat", puisque "l’internaute doit s’identifier auprès d’un tiers de confiance".
Le juriste dénonce également "une vision paternaliste de la régulation des contenus en ligne", qui "ne poursuit pas un réel objectif de protection des enfants", appelant plutôt à s’attaquer aux "modèles économiques addictifs des réseaux sociaux".
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