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Une cyberattaque cible les vaccins anti-Covid à l'Agence européenne des médicaments

L'agence européenne du médicament est la dernière victime d'une série d'attaques informatiques visant des organisations impliquées dans la course au vaccin contre le Covid-19. Des documents relatifs au vaccin BioNTech/Pfizer ont été consultés.

Le siège de l'Agence européenne des médicaments à Amsterdam
Le siège de l'Agence européenne des médicaments à Amsterdam
Crédit : AFP
Cyberattaque contre le vaccin Pfizer à l'Agence européenne des médicaments : quel est le profil des pirates ?
01:32
Benjamin Hue & Sophie Joussellin

Les vaccins contre le Covid-19 sont devenus un enjeu majeur dans le cyberespace. Plus une semaine ne passe sans que ne soient rapportées des attaques informatiques visant la chaine de fabrication des possibles remèdes à la pandémie qui paralyse la planète depuis le début d'année. Dernière illustration en date avec la cyberattaque qui a visé l'Agence européenne des médicaments ces derniers jours et compromis des documents relatifs au vaccin Pfizer/BioNTech contre le Coronavirus qui vient d'être autorisé au Royaume-Uni et au Canada.

Le régulateur européen chargé d'évaluer et d'approuver les médicaments, dispositifs médicaux et les vaccins pour les 27 membres de l'Union européenne a annoncé dans l'après-midi ce mercredi 9 décembre qu'il avait fait l'objet d'un incident informatique et qu'une enquête avait été ouverte avec les forces de l'ordre et les entités concernées, sans fournir plus de détails.

En début de soirée, le fabricant de médicaments américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont indiqué dans un communiqué que des documents réglementaires relatifs au développement de leur vaccin avaient été illégalement consultés lors de l'offensive menée contre l'EMA.

"Nous avons été informés aujourd'hui que l'EMA a fait l'objet d'une cyberattaque et que certains documents relatifs à la procédure réglementaire du candidat vaccin Pfizer/BioNTech pour le vaccin Covid-19, BNT162b2, qui étaient stockés sur un serveur EMA, avaient été illégalement consultés", a indiqué le laboratoire BioNTech. 

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Selon l'entreprise allemande, "ni le système de BioNTech, ni celui de Pfizer n'ont été violés" lors de l'incident. Les données personnelles des participants aux études médicales n'auraient pas été compromises non plus. L'EMA aurait assuré au laboratoire que l'attaque n'aura pas d'impact sur le calendrier de son examen qui est toujours attendu d'ici au 29 décembre.

Créée en 1995 et basée à Amsterdam (Pays-Bas), l'EMA supervise actuellement les demandes d'autorisation de quatre vaccins candidats contre le Covid-19 dans le cadre d'une procédure accélérée.

Le plus avancé est le projet développé par Pfizer et BioNTech. Vient ensuite le vaccin de Moderna, dont la demande d'autorisation sera examinée d'ici le 12 janvier. L'institution se penche aussi sur les vaccins développés par l'université d'Oxford et AstraZeneca, ainsi que celui de Johnson & Johnson, qui sont moins avancés. On ignore pour l'instant si des documents relatifs à ces projets ont été impactés lors de l'incident. 

La course aux vaccins, enjeu majeur de l'intelligence économique

L'institution européenne et les laboratoires Pfizer et BioNTech sont les dernières victimes d'une série d'attaques informatiques visant des organisations médicales impliquées dans la lutte contre le coronavirus.

Au regard des enjeux économiques énormes charriés par la fabrication des vaccins contre le Covid-19, les soupçons se portent sur "des groupes cyber très bien équipés, directement liés ou commandités par des États ou par des services de renseignement", estime Gérôme Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone, joint par RTL. 

"Tous les services de renseignement de tous les pays développés et en voie de développement ont des actions autour du Covid. On sait que certains États font appel à des groupes de mercenaires qu'ils financent et équipent pour réaliser certaines de leurs actions", poursuit le spécialiste.

Ces dernières semaines, plusieurs attaques informatiques visant à dérober des informations sur le coronavirus et ses traitements possibles ont frappé des organisations comme Johnson & Johnson, Novavax, Moderna ou AstraZeneca. Elles ont été attribuées à des groupes liés à la Corée du Nord, à la Chine, au Vietnam ou à la Russie.

La semaine dernière, le groupe informatique IBM a révélé qu'une offensive avait ciblé des entreprises chargées de stocker et transporter des vaccins contre le coronavirus, qui doivent être conservés à très basse température.

Ces attaques répondent à plusieurs objectifs possibles. Il peut s'agir de "capter des informations sensibles, comme les formulations ou l'efficacité d'un certain nombre d'éléments qui rentrent dans les vaccins", avance Gérôme Billois. Elles peuvent aussi s'inscrire dans "une logique de déstabilisation voire de sabotage de la distribution des vaccins ou de la confiance des vaccins dans les populations".

À écouter

Saison 2 - 9. Coronavirus : le point sur la course aux vaccins
13:22
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