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Faut-il séparer Facebook et Instagram ? Le Congrès américain veut limiter les pouvoirs des Gafa

Un rapport parlementaire réalisé par des élus du Congrès américain propose des mesures pour limiter le pouvoir accumulé par les géants technologiques américains lors des deux dernières décennies.

Les logos des GAFA (illustration)
Les logos des GAFA (illustration) Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Dix ans après sa création, Instagram est devenue l'application la plus importante de l'écosystème de Facebook. Mais il est de plus en plus difficile de dire si elle fera toujours partie de l'empire de Mark Zuckerberg dans les années à venir tant les appels au démantèlement des Gafa se multiplient aux États-Unis et en Europe pour limiter le pouvoir de ces entreprises tentaculaires.

La dernière banderille est venue du Congrès américain dont la commission antitrust a rendu public ce mardi 6 octobre un rapport très attendu sur les pratiques anticoncurrentielles des géants technologiques américains

Fruit de plus de quinze mois d'enquête et d'auditions avec les responsables de Facebook, Google, Apple et Amazon, le document de 449 pages est une condamnation politique inédite du pouvoir accumulé par ces quatre entreprises lors des vingt dernières années.

Empêcher les plateformes d'être juges et parties

Les géants de la Tech ont "leur propre quasi-réglementation privée qui ne s'applique qu'à eux-mêmes", écrivent les parlementaires. "Pour le dire simplement, ces géants qui étaient autrefois des petites start-up, remettant en question le statu quo, sont devenus le genre de monopoles que nous n'avions pas vus depuis l'ère des barons du pétrole et des magnats des chemins de fer".

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Le rapport, qui est purement consultatif, recommande au Congrès de gros changements législatifs pour mettre fin à ces abus de position dominante. Principale mesure : les élus appellent à démanteler ces plateformes pour "les empêcher d'opérer dans des secteurs d'activité qui dépendent ou interagissent avec elles". En clair, Facebook devrait revendre Instagram, Google se séparer de YouTube et Amazon cesser de faire la promotion de ses propres produits sur ses places de marché. 

Pour ces élus américains, il faut mettre fin aux situations où une entreprise est à la fois juge et partie. Plusieurs exemples sont cités. Facebook est accusé d'avoir tué toute concurrence en acquérant, tuant ou copiant ses rivaux. Apple est accusé d'exclure des concurrents en privilégiant ses propres offres sur son magasin d'applications. Amazon se voit reprocher des conflits d'intérêts sur ses places de marché. Et Google est montré du doigt pour ses pratiques anticoncurrentielles dans son moteur de recherche, sur YouTube ou Android. 

Des divergences entre démocrates et républicains

Ces accusations sont rejetées par les entreprises incriminées. "Les grandes entreprises ne sont pas dominantes par définition, et l'hypothèse selon laquelle le succès ne peut qu'être le résultat d'un comportement anti-compétitif est simplement fausse", s'est insurgé le géant du e-commerce Amazon dans un billet de blog. "Nous sommes en compétition avec une large variété de services avec des millions et même des milliards de personnes les utilisant", a opposé Facebook.

Le rapport recommande également que les plateformes puissent autoriser une "interopérabilité" avec les équipements de leurs concurrents pour les empêcher d'enfermer les utilisateurs dans des écosystèmes cadenassés. Il propose aussi d'instaurer une "norme" pour interdire les acquisitions qui nuisent à la concurrence, en mettant des barrières à l'achat de start-ups par les géants technologiques.

Cette mesure vise notamment Facebook, dont le patron, Mark Zuckerberg avait été longuement interrogé sur le rachat d'Instagram, fin juillet, lors d'une audition des dirigeants des quatre groupes par la commission. "Facebook voyait Instagram comme une menace (...), donc (...) ils les ont rachetés", avait martelé l'élu démocrate Jerry Nadler, fustigeant le manque de compétition sur le marché des réseaux sociaux.

Le rapport met en lumière les lignes de fracture qui déchirent les démocrates et les républicains à l'approche de l'élection présidentielle américaine. Réalisé par l'équipe de la commission judiciaire, il n'a toutefois pas été signé par ses membres républicains, et les mesures préconisées ne devraient ainsi même pas être examinées au Sénat, contrôlé par les républicains. À moins d'une victoire démocrate lors des élections de novembre.

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