2 min de lecture Sciences

Des scientifiques recréent le diamant bleu de Louis XIV

Rachetée par le monarque à un voyageur français, la pierre précieuse avait ensuite été dérobée en 1792, et dégradée. Elle est exposée au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris.

Le diamant bleu de Louis XVI a été volé en 1792 (Illustration)
Le diamant bleu de Louis XVI a été volé en 1792 (Illustration) Crédit : MNHN - Bernard Faye
Maxime Magnier et AFP

Un bout d'Histoire a refait surface grâce à la science. Le diamant bleu de Louis XIV, dérobé sous la Révolution, puis abîmé par les voleurs, a été recréé par des scientifiques, notamment grâce à la physique quantique. La réplique est désormais exposée au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris, à l'occasion de l'exposition Pierres précieuses, qui démarre le 16 septembre 2020. 

En 1668, un voyageur français, Jean-Baptiste Tavernier, ramène des Indes un diamant bleu de 23 grammes et 115 carats. Le roi Louis XIV le rachète "pour une somme fabuleuse", et le fait tailler. Il passe du bleu clair au bleu roi, et devient le "premier grand brillant de l'histoire de l'art", raconte François Farges, le commissaire de l'exposition.

Mais, le diamant est dérobé en 1792 et, pour qu'on ne puisse pas l'identifier, les voleurs le retaillent, vite et mal. La pierre perd beaucoup de ses carats, devient "bleu foncé, quasiment noire", poursuit François Farges. La gemme sans éclat est aujourd'hui conservée au Smithsonian Institution de Washington. Et sur la base de cette pièce, il n'était malheureusement pas possible de reconstituer la pièce d'origine, détaille le minéralogiste.

Une première mondiale

Mais en 2007, une équipe tombe, dans les réserves, sur un moulage de diamant, sans nom et sans provenance. "En le comparant avec des archives, on s'est rendu compte qu'il s'agissait du moulage du diamant mythique !", se souvient-il.

À lire aussi
Des fossiles découverts à la surface d'un ancien lac, en Arabie saoudite (illustration) international
Arabie Saoudite : des empreintes humaines vieilles de 120.000 ans découvertes

Des chercheurs du Muséum, associés à des collaborateurs nord-américains, parviennent alors à "recalculer par ordinateur, de manière absolue, la couleur du minéral, en prenant en compte sa composition chimique", une première mondiale selon lui. La mécanique quantique leur permet de "retraduire l'interaction entre la lumière et la structure atomique". Au bout d'une centaine d'essais, ils arrivent à obtenir une simulation du fameux bleu roi, sans équivalent à ce jour.

Ils déposent ensuite des nanoparticules de titane sur une réplique du diamant en zirconium (moins cher, mais aux propriétés optiques similaires) : la lumière reflétée par ces nanoparticules "donnaient l'impression de voir enfin ce diamant bleu, tel qu'apparut au Roi-Soleil". "On l'a montré à des diamantaires, ils étaient incapables de faire la différence avec un vrai", se réjouit François Farges.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Sciences Louis XIV Exposition
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants