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Solitude, crises d'angoisse... 3 jeunes sur 10 ont régulièrement des problèmes de santé mentale

Une étude Elabe pour le Cercle des Économistes, révélée par RTL, ce mardi 17 février et réalisée en janvier 2026 auprès de 5.000 jeunes âgés de 15 à 29 ans met en lumière les problématiques de santé mentale qui touchent cette génération.

3 jeunes sur 10 chez les 15-29 ans ont régulièrement des problèmes de santé mentale.

Crédit : Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Solitude, crises d'angoisse... 3 jeunes sur 10 ont régulièrement des problèmes de santé mentale

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Un tiers des jeunes ont régulièrement des problèmes de santé mentale : des étudiants témoignent sur RTL

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Hortense Crépin - édité par La rédaction numérique de RTL

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3 jeunes sur 10 chez les 15-29 ans affirment avoir régulièrement des problèmes de santé mentale. C'est le résultat d'une étude du cabinet Elabe pour le Cercle des Economistes (en amont des rencontres économiques d'Aix en Provence prévues en juillet) que RTL vous dévoile ce mardi 17 février. 

Autre enseignement de l'étude : 29% des sondés se sentent seuls en permanence. Un constat et un sentiment que partagent des jeunes étudiants parisiens rencontrés par RTL et qui sont parfois même traités pour ces troubles de santé mentale. 

Dans les immenses amphithéâtres bondés de l'université, Jeanne se sent régulièrement perdue et isolée, un malaise qui l'accompagne depuis le début de sa licence de gestion, entamée il y a deux ans. "C'est quand même un concept où on est assez seul. C'est difficile de rencontrer quand même beaucoup de personnes, de créer beaucoup de liens", explique l'étudiante. 

À ses côtés, Héloïse acquiesce. La jeune femme, elle, doit parfois se tourner vers des médicaments. "Je prends des cachets pour dormir parce que c'est vrai que ça me rassure, souffle-t-elle. Avant des exposés, je suis plus calme. Avant un partiel aussi, je suis plus apaisée".

"Je n'arrivais pas à savoir gérer mes émotions et mon stress"

Les plus jeunes sont aussi concernés, comme le confie Manon au micro de RTL. Cette lycéenne, qui passe le bac cette année, a déjà été victime de crises d'angoisse. "Même si je connaissais mon cours, je n'arrivais pas à savoir gérer mes émotions et mon stress. Je paniquais et je n'arrivais plus trop à réussir mes contrôles. J'ai fait une séance d'hypnose pour apprendre à gérer mon stress. Maintenant, ça va un peu mieux".

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Selon l'assurance maladie, près d'un million de jeunes chez les 12-25 ans ont bénéficié du remboursement d'au moins un psychotrope en 2023. C'est 18% de plus qu'avant la pandémie de Covid.

Bernard Sananès, président du cabinet d'étude et de conseil Elabe qui a réalisé l'étude, explique ce sentiment de solitude. "D'abord, il y a évidemment une rupture qui est née après le Covid. Le Covid a isolé une partie de ces jeunes. Il n'a pas été facile de retrouver des points d'appui dans la société. Deuxièmement, un jeune sur deux vit dans une grande ville, pas propice forcément à développer le plus de liens de solidarité. C'est dans les zones des petites villes, dans les zones rurales qu'on développe ces liens". 

Le président poursuit : "C'est aussi un âge où on acquiert l'indépendance, en tout cas le début de l'indépendance. On quitte sa famille, souvent son territoire, ses amis d'école ou de lycée, et donc on se sent plus isolé". 

4 jeunes "NEET" sur 10 ont des problèmes de santé mentale réguliers ou permanents

Enfin, Bernard Sananès pointe aussi du doigt les réseaux sociaux. "Le dernier point, c'est évidemment celui de la vie virtuelle. Ces réseaux, ces bulles dans lesquelles on se protège, dans lesquelles on s'informe, finalement ces bulles ne sont pas des bulles réelles. Elles renforcent parfois, pour certains, qui sont les plus fragiles, ce sentiment d'isolement".

À l'heure des vidéos en mode accéléré et de l'ultra présence sur les réseaux sociaux, 2 jeunes sur 3 déclarent justement préférer une vie calme et sereine plutôt qu'une vie à 1.000 à l'heure. "Les jeunes évoluent avec les outils de leur temps mais pour autant, ils ont vraiment conscience des problématiques qui les entourent", rappelle sur RTL Helen Verryser, directrice du projet Jeunesse pour le cercle des économistes et les rencontres économiques d'Aix en Provence. 

Si les crises n'épargnent aucune jeunesse, toutes ne les vivent pas avec la même intensité. Les "NEET", ces jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation, cumulent toutes les fragilités. 71% ont du mal à boucler leurs fins de mois et 63% d’entre eux ont perdu ou eu du mal à trouver un travail. Leur rapport même à l'existence s'en trouve dégradé : 4 jeunes "NEET" sur 10 ont des problèmes de santé mentale réguliers ou permanents.

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