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Des morceaux de sucre sur une table (photo d'illustration).
Crédit : Polina Tankilevitch / PEXELS
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Le sucre est souvent présenté comme une "drogue douce". Beaucoup de personnes disent avoir du mal à résister à une tablette de chocolat, à des biscuits ou à d’autres aliments sucrés, au point de se sentir parfois "accro". L’idée est largement répandue, mais la réalité scientifique est plus nuancée.
Cette croyance s’est notamment installée à partir d’expériences menées chez l’animal. L’une des plus citées a beaucoup frappé les esprits : des rats semblaient préférer une solution sucrée à de la cocaïne. Ces résultats ont contribué à populariser l’idée selon laquelle le sucre pourrait provoquer une dépendance très puissante.
Pourtant, aujourd’hui, la majorité des spécialistes considèrent qu’il n’existe pas de preuve solide montrant que le sucre entraîne une véritable addiction, comparable à celle observée avec le tabac, l’alcool ou certaines drogues.
Dire cela ne revient pas à nier ce que ressentent certaines personnes. Certaines ont réellement l’impression de perdre le contrôle face à certains aliments, d’y penser constamment ou encore de culpabiliser après en avoir consommé. Cette souffrance existe et elle est reconnue.
La question est donc moins de savoir si le malaise est réel que de choisir les bons mots pour le décrire. Car le terme "addiction" n’est pas neutre : il oriente aussi la manière de chercher des solutions.
Quand on parle d’addiction, on pense spontanément au sevrage, à l’arrêt total, à l’interdit. Or, dans le cas des compulsions alimentaires ou de la perte de contrôle avec les aliments sucrés, cette logique peut parfois aggraver la situation. Les restrictions, les règles rigides et les interdits absolus peuvent renforcer les envies, les obsessions alimentaires et les épisodes de surconsommation.
C’est là que le risque apparaît. Une personne peut tenter d’éliminer totalement un aliment, finir par craquer, culpabiliser, puis recommencer un nouveau "sevrage". Ce cercle vicieux peut retarder une prise en charge adaptée.
Dans beaucoup de cas, il est plus utile d’apprendre à réintégrer les aliments sucrés de façon normale plutôt que d’essayer de les supprimer complètement. L’enjeu est de retrouver une relation plus apaisée avec la nourriture, sans interdits excessifs.
Il est aussi important de regarder ce qui entoure ces envies de sucre. Le manque de sommeil, le stress, certaines émotions difficiles ou encore des repas insuffisamment rassasiants peuvent favoriser les compulsions alimentaires.
En réalité, il n’y a généralement pas une cause unique, mais un ensemble de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux qui s’entremêlent. Lorsque ces difficultés deviennent fréquentes ou envahissantes, il est utile d’en parler à un professionnel de santé formé à ces questions. Des approches efficaces existent pour aider à retrouver une relation plus sereine avec les aliments sucrés, et avec l’alimentation en général.
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