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Un scientifique de l'Institut Malbrán tenant un tube à essai utilisé pour diagnostiquer le hantavirus
Crédit : Handout / ARGENTINE HEALTH MINISTRY / AFP
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Depuis le 3 mai dernier, le monde entier a les yeux rivés sur un navire de croisière. Ce jour-là, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné l'alerte quant à l'existence d'un foyer d'infection à hantavirus à bord d'un navire de croisière, le MV Hondius qui pourrait être à l'origine de la mort de trois personnes.
Le navire, qui effectuait depuis le 1er avril une croisière dans l'Atlantique, se trouve ce jeudi 7 mai aux îles Canaries, où les quelque 150 passagers et membres d'équipage restants seront surveillés avant d'être autorisés à prendre l'avion pour rentrer chez eux. Les cinq Français qui se trouvaient à bord du navire ne présentent pas de symptômes inquiétants, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Trente passagers avaient également quitté le bateau lors d'une escale le 24 avril sur l'île britannique de Saint-Hélène, a ajouté son exploitant Oceanwide Expeditions, précisant que "tous ont été contactés" depuis.
Selon le site de l'Inserm, les hantavirus, présents sur tous les continents, "circulent principalement chez les rongeurs sauvages, notamment les campagnols, mais aussi plus rarement chez d’autres animaux comme certaines chauves-souris, reptiles ou poissons". Le séquençage du virus est en cours en Afrique du Sud, mais l'"hypothèse de travail" de l'OMS est celle de la souche des Andes, le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée entre contacts a été documentée. À ce stade, l'OMS suppose qu'un ou des premiers cas "ont été infectés en dehors du navire" par le virus et qu'il y a eu ensuite "une transmission interhumaine". Selon l'OMS, l'épisode présente un risque "faible" pour le reste du monde.
Le hantavirus est endémique dans certaines régions d'Argentine, avec davantage de cas cette année, mais sans "foyer" épidémique, et reste absent de la province patagonienne, la Terre de Feu, d'où est parti le navire de croisière affecté, le Hondius, soulignent autorités sanitaires et experts. Selon le dernier bulletin épidémiologique du ministère argentin de la Santé cette semaine, 42 cas de hantavirus ont été recensés depuis le début de l'année et 101 sur la campagne épidémiologique, qui court de juin à juin.
À titre de comparaison, la saison 2024-2025 avait vu 57 cas recensés, 75 en 2023-2024, et 63 lors de la saison 2022-2023. Raul González Ittig, biologiste Conicet, l'équivalent argentin du CNRS, et auteur de plusieurs études sur le virus, estime que qu'un dernier foyer a été détecté en 2018 dans le sud du pays, où une personne avait contaminé 50 autres à un anniversaire. 15 personnes étaient décédées.
L'origine du foyer qui a fait trois morts parmi les passagers du MV Hondius, navire de croisière parti le 1er avril d'Ushuaïa, n'a pour l'instant pas été élucidée. Juan Petrina, directeur de l'Épidémiologie de la province, a jugé mardi pour l'AFP "très improbable", la contagion locale à Ushuaïa d'un passager du Hondius avant l'embarquement, en raison de l'absence de virus dans la province, ainsi que du rat à longue queue, rongeur porteur.
Les hantavirus se transmettent à l'être humain par l'intermédiaire de rongeurs sauvages infectés qui excrètent le virus par la salive, l'urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l'inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.
L'Inserm précise qu'il "est rare qu’un hantavirus se transmette d’un être humain à un autre". Sur les 38 souches connues, seule celle des Andes peut se transmettre d'une personne à une autre. Selon les premières investigations menées à bord, c'est bien la souche des Andes qui est en circulation.
La transmission entre êtres humains a généralement lieu à l'apparition des premiers symptômes. Les personnes exposées sont majoritairement les proches du malade, car le virus se transmet "lors de contacts étroits, notamment les relations sexuelles, ou dans des espaces confinés", explique l'Inserm. C'est pourquoi le directeur général de l'OMS estime qu'"à ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible".
Chez les humains, les symptômes des hantavirus s'apparentent à ceux d'une grippe. "Les hantavirus peuvent être responsables d’infections de gravité très variable, parfois mortelles, précise l'Inserm. Après une phase d’incubation pouvant aller de une à six semaines (en moyenne deux), les premiers symptômes (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires), évoquent le plus souvent ceux d’une grippe. Les personnes contaminées peuvent également développer une toux et avoir une respiration plus difficile, entre un et cinq jours après le début des symptômes".
Virginie Sauvage, spécialiste à l'Institut Pasteur, à Paris, où elle est responsable du Centre national de référence des hantavirus, explique à l'AFP que la létalité de la souche des Andes peut dépasser 40% : "Les cas peuvent évoluer rapidement vers une atteinte pulmonaire pouvant aller jusqu'à un syndrome respiratoire aigu sévère, associé parfois à une atteinte cardiaque. Plus la prise en charge est rapide, meilleur sera le pronostic".
"Comme pour toute infection, ajoute-t-elle, les populations à risque sont les personnes immunodéprimées, les personnes âgées dont le système immunitaire est moins fonctionnel et celles avec des comorbidités.
Aucun traitement, ni de vaccin n'existent contre les hantavirus. Il s'agira surtout de traiter les symptômes chez les personnes touchées. "Dans les formes les plus sévères, les patients doivent être hospitalisés, souvent en unité de soins intensifs, avec une surveillance étroite et, si nécessaire, une aide respiratoire (oxygénothérapie, voire ventilation)", explique l'Inserm.
La stratégie la plus efficace pour éviter la transmission reste donc la prévention et la réduction des risques d'exposition aux rongeurs.
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