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Des premiers symptômes aux évacuations : comment un navire de croisière est devenu un foyer d'hantavirus en 4 dates clés

Le foyer d’hantavirus détecté à bord du navire de croisière MV Hondius a déjà fait trois morts pendant la traversée entre l’Argentine et l’Atlantique. Alors que plusieurs passagers et membres d’équipage ont été évacués ou hospitalisés, le bateau doit rejoindre Tenerife sous surveillance sanitaire.

Trois morts sur un bateau de croisière au large de Cap Vert

Crédit : AFP

Juliette Vignaud & AFP

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Une crise sanitaire en plein océan. L'apparition d'un foyer d'hantavirus à bord d'un bateau de croisière, MV Hondius, en pleine traversée entre l'Argentine et l'Atlantique, a déjà enregistré trois morts. Cinq autres personnes ont été prises en charge : une personne est hospitalisée à Johannesburg, une autre à Zurich et trois cas suspects ont été évacués du navire avant d'être transférés dans deux avions médicalisés.

Le navire, longtemps immobilisé au large du Cap-Vert, se dirige vers les Canaries pour accoster en vue de la prise en charge de ses quelques 150 passagers. Selon les informations du mercredi 6 mai, il devrait parvenir "dans un délai de trois jours" au port de Granadilla sur l'île de Tenerife, malgré l'opposition affichée par le gouvernement régional de cet archipel. 

À bord du navire, les passagers ne semblent pas inquiets, à l'image d'un couple de Français, joint par RTL. "Il n'y a aucune panique à bord", assure Roland, précisant "prendre les précautions habituelles, de bien se laver les mains et garder ses distances".

11 avril : un premier décès pendant la traversée

Sur le papier, la croisière avait tout d'un voyage de rêve. Des vacances sur l'eau de 35 jours entre Ushuaïa, en Argentine, et le Cap-Vert, rythmées par plusieurs escales dans les îles de Géorgie du Sud et de Sainte-Hélène. 149 personnes, dont 5 Français, participaient à ce séjour idyllique à bord du bateau MV Hondius avant qu'il ne vire au drame. En cause, un foyer de syndrome respiratoire aigu qui s'est déclaré à bord du navire.

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Selon les premières informations rapportées dimanche 3 mai par le porte-parole du Département sud-africain de la Santé, un Néerlandais de 70 ans est mort pendant la traversée, le 11 avril dernier. Il avait présenté des symptômes de fièvre, de maux de tête et de diarrhée, cinq jours auparavant. Son corps a été débarqué sur l'île de Sainte-Hélène, territoire britannique dans l'océan Atlantique sud, le 24 avril. 

Son épouse, âgée de 69 ans, est également tombée malade à bord du navire et a été évacuée vers l'Afrique du Sud, le 25 avril. Elle décède à son tour, le lendemain. Son infection à l'hantavirus, une famille de virus qui peuvent provoquer une fièvre hémorragique, a été confirmée le 4 mai. 

Le 27 avril, un ressortissant britannique de 69 ans, a lui aussi été évacué dans la capitale économique sud-africaine où il est traité en soins intensifs. Il a été testé positif à un hantavirus. Une ressortissante allemande est ensuite décédée à bord du bateau le 2 mai, sans que la cause ait été établie. Sa dépouille se trouve toujours dans une chambre froide sur le navire.

4 mai : le navire immobilisé au large du Cap-Vert

Depuis l'annonce de ce foyer d'hantavirus, le MV Hondius se trouvait immobilisé non loin du port de Praia, la capitale du Cap-Vert, située au large du Sénégal. Des médecins se sont rendus à bord pour évaluer l'état de santé des passagers malades, lundi 4 mai, sans qu'aucune autorisation ne soit accordée pour les évacuer vers la terre ferme. 

L'équipe médicale est intervenue une deuxième fois, cette même journée, pour commencer le traitement de certains. ll s'agit de deux membres d'équipage. Ils présentent des symptômes respiratoires aigus, l'un légers et l'autre sévères. Cinq autres cas sont suspectés.

L'épisode présente un "faible risque" de propagation, a estimé lundi le directeur régional de l'OMS Europe. "Il n'y a aucune raison de céder à la panique ni d'imposer des restrictions de voyage", a jugé Hans Kluge, soulignant que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l'exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettaient "pas facilement entre personnes". 

Si l'OMS s'est montrée rassurante, les passagers, sans symptômes, n'ont également pas été autorisés à débarquer au port de la capitale cap-verdienne, afin de "protéger la population", selon les autorités sanitaires du pays. 

5 mai : imbroglio quant à son accostage final

Depuis, le navire se trouvait dans un imbroglio quant à sa destination finale, les autorités de plusieurs pays étant réticentes à autoriser son accostage. L'archipel espagnol des Canaries était au départ "envisagé" pour débarquer les passagers, entre Las Palmas ou Tenerife. Mais l'information a été contredite, mardi 5 mai, par le ministère espagnol de la Santé. L'Espagne ne prendra "aucune décision" sur l'accostage du navire de croisière frappé par un possible foyer d'hantavirus tant que "les données épidémiologiques" n'auront pas été analysées, a-t-il indiqué.

Mardi soir, les autorités espagnoles ont finalement autorisé l'accueil du bateau, d'ici samedi, au port de Granadilla sur l'île de Tenerife. Le MV Hondius a ainsi pris la direction des Canaries après l'évacuation de trois cas suspects, mercredi matin. Il s'agit, selon l'OMS, de deux membres d'équipage malades - de nationalité néerlandaise et britannique - et d'une personne cas contact conduits par ambulance à l'aéroport de Praia.

Un des deux avions médicalisés qui avait décollé du Cap-Vert pour les Pays-Bas a néanmoins atterri aux Canaries mercredi après-midi, en raison d'une escale technique. En cause, la bulle de protection défectueuse d'un patient.

En attendant, les passagers doivent prendre leur mal en patience sur le navire, avec des mesures d'isolement, des protocoles d'hygiène et une surveillance médicale. "Il n'y a pas de raison de paniquer", rassure un couple de Français, au micro de RTL, à bord du navire, précisant n'être "pas du tout enfermé" et portant le masque à l'extérieur de leur cabine.

6 mai : un homme hospitalisé à Zurich

Mercredi, un autre passager a été hospitalisé à  Zurich en Suisse, après avoir été testé positif au virus des Andes, un hantavirus présent en Amérique du Sud. L'homme s'est présenté à l'hôpital de Zurich après avoir ressenti des symptômes de la maladie, selon le ministère suisse. Auparavant, il avait consulté son médecin de famille par téléphone.  

Selon l'OMS, il avait reçu un courriel de l'opérateur du MV Hondius, Oceanwide Expeditions, prévenant les passagers de la crise sanitaire. Il a immédiatement été placé en isolement à l'hôpital. Son épouse, qui ne présente jusqu'ici aucun symptôme, s'est aussi placée en isolement pour des raisons de sécurité. Les autorités cherchent à savoir si le patient a eu des contacts avec d'autres personnes alors qu'il était malade, le variant américain étant transmissible entre humains.  

Ainsi, au 6 mai, on dénombre 8 cas, dont 3 confirmés par des tests. Une seule personne morte, l'épouse du premier homme contaminé, fait partie des cas confirmés d'hantavirus.

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