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Méningite à méningocoque : faut-il s'inquiéter de l'épidémie au Royaume-Uni, après le décès d'une femme dans la Manche ?

Le Royaume-Uni fait face à une recrudescence de cas de méningite à méningocoque B, avec plusieurs décès recensés dans le sud-est de l’Angleterre. En France, la mort d’une femme à Cherbourg soulève des questions sur les risques de propagation et les mesures de prévention à adopter.

Les 15-24 ans sont les plus sensibles à la méningite

Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP

Eléonore Aparicio & AFP

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Depuis plusieurs semaines, le sud-est de l’Angleterre fait face à une épidémie de méningite à méningocoque B, qui a déjà causé deux décès et une trentaine de cas. Plus de 400 personnes faisaient la queue samedi 21 mars sur le campus de l'université du Kent pour se faire vacciner, dans le cadre de la campagne de vaccination ciblée contre le méningocoque B lancée par les autorités.

Au total, 5.764 vaccins ont été administrés et 11.010 doses d'antibiotiques ont été distribuées dans le Kent, région où sévit l'épidémie, a indiqué l'agence de sécurité sanitaire UKHSA dans son communiqué.

En France, une salariée de la société Orano est décédée jeudi 19 mars à Cherbourg dans la Manche. "Pour le moment, aucun lien n'a été établi avec l'épidémie" en cours outre-Manche, a indiqué l'entreprise. Environ 50 cas contacts potentiels ont été identifiés. Les concernés ont bénéficié d'un traitement antibiotique préventif pendant 2 jours et sont isolés chez eux une dizaine de jours. 

Une infection grave

La méningite est une infection grave des membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Elle peut être causée par des virus, des bactéries ou plus rarement des champignons. La forme bactérienne, notamment celle due au méningocoque, est la plus dangereuse : elle peut évoluer très rapidement et entraîner la mort en 24 heures sans prise en charge rapide. 

Environ 20% des personnes qui contractent une méningite bactérienne développent des complications à long terme, notamment des handicaps durables, comme la surdité.

La méningite à méningocoque est une forme de méningite bactérienne qui se transmet principalement par les sécrétions respiratoires ou la salive, lors de contacts rapprochés : toux, éternuements, baisers ou vie en collectivité. Les jeunes sont particulièrement à risque, notamment dans les lieux très fréquentés comme les universités ou les discothèques.

Les symptômes qui doivent alerter

La méningite se manifeste par une sensibilité à la lumière, de violents maux de tête, de la fièvre, des vomissements, une raideur de la nuque et une altération de l’état mental.

Le taux de mortalité par une méningite bactérienne est de 10%, selon l'Institut Pasteur. La plupart des cas et des décès dus à la méningite pourraient cependant être évités par la vaccination, souligne l'OMS. Pour se protéger, la vaccination reste donc le moyen le plus efficace.

En France, le vaccin contre le méningocoque B est obligatoire pour les nourrissons depuis 2025 et recommandé pour certains enfants et adolescents. En cas de contact avec une personne infectée, un traitement antibiotique préventif peut aussi être proposé à l’entourage proche. 

Le vaccin Bexsero, développé par le laboratoire britannique GSK, protège contre les infections invasives à méningocoque B dès l’âge de 2 mois. Autorisé en Europe depuis 2013, il est notamment fabriqué sur le site de Rosia, en Italie. En France, la couverture vaccinale avec Bexsero atteint environ 90 % chez les 0-2 ans, entre 60 et 70 % chez les 2-4 ans, mais reste faible chez les 15-24 ans, autour de 3 %.

Une épidémie maîtrisée

Anjan Ghosh, directeur de la santé publique dans le Kent, a averti que de petits foyers sporadiques pourraient émerger dans d’autres régions du Royaume-Uni si des étudiants ayant quitté le Kent sont encore en période d’incubation. Il se veut toutefois rassurant : selon lui, ces foyers devraient rester "maîtrisables" et le risque de contagion entre individus demeure faible.

En France, l’ARS précise que la contagiosité de la méningite à méningocoque reste faible et concerne principalement les contacts proches, en collectivité ou en famille. Les adolescents et les jeunes adultes sont particulièrement exposés, car ils se retrouvent plus souvent dans des situations à risque, notamment dans des lieux très fréquentés. 

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