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Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump estime que le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis est "sous assistance respiratoire"

La trêve entre Washington et Téhéran vacille de nouveau. Le président américain durcit une nouvelle fois le ton face à l'Iran, qui promet de riposter, pendant que le blocage du détroit d'Ormuz continue de peser sur les marchés pétroliers et sur l'équilibre régional.

Donald Trump dans le bureau oval de la Maison Blanche à Washington aux Etats-Unis le 5 mai 2026

Crédit : Kent NISHIMURA / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Donald Trump met de nouveau la pression. Le président américain a estimé, ce lundi 11 mai, que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran était désormais "sous assistance respiratoire", après avoir violemment critiqué la réponse iranienne au plan américain censé mettre fin durablement au conflit. En face, l'Iran assure être prêt à "riposter" à toute nouvelle attaque.

Après plus d'un mois de trêve, les discussions diplomatiques restent dans l'impasse. Les deux camps continuent de s'échanger, via le médiateur pakistanais, des propositions pour tenter de consolider le cessez-le-feu, sans avancée majeure.

Depuis la Maison Blanche, Donald Trump a balayé la dernière réponse iranienne, la jugeant "bonne à mettre à la poubelle". Le président américain a ensuite lancé une image particulièrement sombre : "Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le docteur entre et dit : 'Monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre'".

Téhéran prêt "à riposter et à donner une leçon"

Téhéran n'a pas tardé à répondre. Sur X, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a affirmé que l'Iran était prêt "à riposter et à donner une leçon" en cas d'agression.

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Dans un appel accordé à Fox News, Donald Trump a également indiqué réfléchir à relancer son opération destinée à protéger les navires traversant le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran depuis l'offensive israélo-américaine du 28 février.

Cette mission avait pourtant été suspendue dès le 5 mai, Washington estimant alors que de "grands progrès" avaient été réalisés vers un accord avec Téhéran - un accord qui n'a finalement jamais abouti.

Autre élément susceptible d'alimenter l'escalade : selon le Wall Street Journal, les Émirats arabes unis auraient mené en avril des frappes contre des installations pétrolières iraniennes sur l'île de Lavan, dans le Golfe. Une implication qui n'a pas été confirmée par Abu Dhabi, mais qui pourrait marquer un tournant régional.

"Le plus grand choc énergétique"

"La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l'Iran", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. Parmi les demandes de Téhéran : "la fin de la guerre dans la région", la levée du blocus américain sur les ports iraniens et "la libération des avoirs appartenant au peuple iranien, injustement bloqués depuis des années".

Toujours selon le Wall Street Journall'Iran proposerait une réouverture progressive du détroit d'Ormuz en échange d'un allègement simultané du blocus américain. Téhéran évoquerait aussi des discussions sur le nucléaire sous 30 jours et accepterait de "diluer" une partie de son uranium enrichi, tout en refusant de démanteler ses installations nucléaires.

Le blocage du détroit d'Ormuz continue de faire grimper les prix du pétrole. Mardi matin, le Brent dépassait les 105 dollars le baril, tandis que le WTI approchait les 100 dollars.

Pour Amin Nasser, patron du géant saoudien Aramco, cette guerre a provoqué "le plus grand choc énergétique" jamais connu. "Même si le détroit d'Ormuz rouvrait aujourd'hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre", a-t-il averti, estimant qu'un retour à la normale pourrait ne pas intervenir avant 2027.

Un risque de "crise humanitaire majeure"

De son côté, l'ONU redoute également les conséquences humanitaires d'un blocage prolongé du détroit, crucial non seulement pour le pétrole mondial, mais aussi pour le transport des engrais. Jorge Moreira da Silva, responsable d'un groupe de travail onusien, a averti qu'une "crise humanitaire majeure" pourrait survenir "d'ici quelques semaines".

Pour le Soufan Center, "Téhéran ne montre aucun signe de capitulation" et compte sur la flambée des prix du pétrole et les pénuries pour pousser Donald Trump à mettre fin au conflit sans obtenir les concessions qu'il réclame, notamment sur le nucléaire.

Pendant ce temps, au Liban, malgré une trêve officiellement en vigueur depuis le 17 avril, les frappes continuent entre Israël et le Hezbollah pro-iranien. De nouvelles discussions entre responsables libanais et israéliens doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington afin de tenter d'ouvrir la voie à des négociations de paix.

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