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Le mystère des centenaires sardes : des chercheurs veulent comprendre pourquoi les femmes vivent si longtemps dans ce village de Sardaigne

En Sardaigne, dans la petite ville de Bolotana, des chercheurs pensent avoir identifié une nouvelle "zone bleue", ces territoires où l'on vit très longtemps en restant autonome. La particularité de cette population : les femmes y affichent une longévité exceptionnelle, portée par l'activité physique, l'alimentation méditerranéenne et un lien social très fort.

Un paysage de Sardaigne en Italie. (Illustration)

Crédit : Pixabay

En Sardaigne, ce village intrigue les chercheurs : pourquoi tant de femmes atteignent 100 ans en bonne santé

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En Sardaigne, ce village intrigue les chercheurs : pourquoi tant de femmes atteignent 100 ans en bonne santé

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Jimmy Mohamed

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En Sardaigne, la petite ville de Bolotana attire l'attention des chercheurs. Ils estiment y avoir repéré une nouvelle "zone bleue", c'est-à-dire un territoire où la proportion de personnes vivant très longtemps, notamment de centenaires, est inhabituellement élevée. La particularité de ces zones n'est pas seulement la longévité : on y observe aussi des habitants qui avancent en âge en restant autonomes.

Cinq zones bleues sont classiquement décrites dans le monde. On cite notamment Okinawa, au Japon, l'île d'Icaria en Grèce, la péninsule de Nicoya au Costa Rica, une zone de Californie aux États-Unis, ainsi qu'une région montagneuse de Sardaigne déjà connue pour la longévité de sa population. Cette fois, les chercheurs se sont intéressés à un autre secteur de l'île, situé à une centaine de kilomètres, où le signal apparaît particulièrement fort chez les femmes.

Une longévité exceptionnelle chez les femmes

C'est l'un des points les plus marquants de cette observation. Dans cette nouvelle zone étudiée en Sardaigne, les femmes de 70 ans ont encore environ 20 ans d'espérance de vie. Surtout, une femme sur sept qui atteint 70 ans vivra jusqu'à 100 ans, contre une sur 30 dans le reste de l'Italie. Un écart considérable, qui distingue cette population de ce que l'on observe habituellement sur l'île, où la longévité exceptionnelle concerne plus souvent les hommes.

Pour expliquer cette situation, les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. La piste génétique existe, mais elle reste à approfondir. Trois facteurs ressortent déjà nettement : l'activité physique quotidienne, l'alimentation et la qualité du lien social.

Marcher, manger méditerranéen, vivre ensemble

Le premier facteur est très concret : à Bolotana, les femmes marchent beaucoup. Les rues en pente et les collines favorisent des déplacements à pied, bien plus qu'en voiture. Cette activité physique régulière, intégrée à la vie quotidienne, constitue un élément central d'une bonne santé sur la durée.

Deuxième levier, l'alimentation. On retrouve ici les grands principes du régime méditerranéen, avec une consommation importante d'huile d'olive. Cette huile est notamment appréciée pour sa richesse en graisses insaturées, souvent présentées comme de "bons gras". Ce modèle alimentaire est régulièrement associé à une meilleure santé cardiovasculaire et à un vieillissement plus favorable.

Le troisième facteur est parfois moins intuitif, mais il revient avec force dans les travaux cités : le lien social. Les familles vivent proches les unes des autres, dans des communautés soudées, où l'isolement semble rare. Les chercheurs en tirent une conclusion simple : les habitants prennent soin les uns des autres.

Le lien social, un facteur clé pour vivre plus longtemps

Cet ancrage collectif pourrait jouer un rôle majeur dans la longévité. Des études menées sur de très larges populations, jusqu'à 300.000 personnes, montrent que vivre en communauté et entretenir des relations sociales solides augmente la probabilité de vivre longtemps. Le mécanisme est multiple : moins de stress, davantage de soutien, une vigilance partagée face aux problèmes de santé, mais aussi des habitudes de vie plus favorables.

Concrètement, lorsqu'une personne est entourée, elle est plus facilement incitée à consulter un médecin si quelque chose ne va pas, à sortir, à s'habiller, à bouger davantage et à mieux manger. À Bolotana, cette vie collective apparaît comme un pilier aussi important que l'assiette. L'idée qui se dégage est simple : pour vivre longtemps et en bonne santé, il faut bouger un peu, bien manger et vivre proches les uns des autres, dans une vie riche en amitié.

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