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La solitude est mauvaise pour votre santé, voici 6 exercices pour cultiver vos relations avec les autres : la méthode du bonheur du psychiatre Christophe André

Pourquoi avons-nous tant besoin des autres pour vivre mieux ? Christophe André montre que le lien social agit à la fois sur le bonheur, la santé mentale et le sentiment de sécurité, tandis que la solitude subie et le rejet social fragilisent profondément. Il livre aussi des exercices très concrets pour mieux nourrir ses relations au quotidien.

La méthode du bonheur

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Montesquieu définissait l'être humain comme un "animal social". L'idée ne dit pas seulement que nous avons besoin des autres pour survivre. Elle dit aussi que nos plus grands bonheurs, comme nos plus grandes souffrances, viennent souvent de nos semblables. Schopenhauer l'illustrait avec sa métaphore des hérissons : nous cherchons à nous rapprocher pour nous réchauffer et nous réconforter, mais en nous rapprochant, nous nous piquons aussi.

Cette ambivalence ne change rien à un constat central : le lien social est vital pour notre équilibre. Une preuve indirecte en est donnée par les études sur le rejet social. Se sentir rejeté n'est pas seulement désagréable. C'est une expérience qui perturbe profondément. Dans certaines expériences de psychologie, des personnes mises à l'écart par de faux interlocuteurs se sentent ensuite dévalorisées, évitent de se regarder dans un miroir, ont tendance à trop manger ou trop fumer. Leur cortisol augmente, leur rythme cardiaque se dérègle, et les circuits cérébraux de la douleur s'activent.

La méthode du bonheur de Christophe André

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Même les petits échanges comptent

À l'inverse, socialiser fait du bien. Bavarder avec des collègues, des proches ou même des inconnus procure de petites émotions agréables, souvent sous-estimées. Se saluer, échanger un renseignement, se rendre un petit service : tout cela nourrit le bien-être et la santé.

Ce soutien social prend quatre formes. Le soutien matériel, d'abord : l'aide concrète, quand des proches viennent aider à déménager, garder un enfant malade ou faire des travaux. Le soutien informatif, ensuite : un collègue qui partage un bon plan, un voisin qui donne une adresse utile, un ami qui raconte comment il a surmonté ses crises d'angoisse. Le soutien émotionnel, aussi : recevoir du réconfort dans une période difficile, entendre qu'on a raison de suivre telle décision. Enfin, le soutien d'estime : se sentir reconnu, apprécié, encouragé, entendre qu'on est quelqu'un de bien.

À écouter aussi

Il faut aussi comprendre l'interdépendance. Recevoir de l'aide ne signifie pas être assisté. L'aide reçue sera redonnée un jour. Nous dépendons tous les uns des autres, et cette dépendance peut être une force plutôt qu'une faiblesse. Reste à cultiver ces relations au quotidien.

Privilégier le réel, équilibrer ses besoins relationnels

Premier exercice : privilégiez toujours le réel au virtuel. Si une conversation est en cours, mieux vaut ne pas interrompre l'échange pour répondre à un appel ou consulter un message. Dans les groupes et les réunions, être présent suppose de ne pas farfouiller dans ses écrans.

Deuxième exercice : pensez à bien vous alimenter en "nourritures relationnelles". Nos besoins varient selon les personnalités. Les extravertis ont besoin de beaucoup de temps avec les autres. Les introvertis ont besoin de davantage de solitude. Chacun a donc le droit d'équilibrer ses relations selon son tempérament. Si l'on est plutôt introverti, on peut compenser la quantité par la qualité, en étant pleinement présent dans les moments partagés.

Ces "nourritures relationnelles" se répartissent en quatre familles de liens et nous avons besoin des quatre. Les ultra-proches : la famille et les deux ou trois meilleurs amis, ceux qui seront là quoi qu'il arrive. Les proches : le reste de la famille et les amis fiables, à qui l'on peut demander conseil ou secours. Les relations et connaissances : collègues, membres d'une association, voisins de longue date, vieux copains. Enfin, les contacts ponctuels : commerçants, inconnus croisés dans les transports, regards complices, sourires, banalités échangées dans une file d'attente.

Demander de l'aide, écouter, accepter le désaccord

Troisième exercice : osez demander de l'aide. L'époque valorise tellement l'autonomie qu'elle pousse parfois à se compliquer la vie au lieu de solliciter les autres. Demander son chemin, emprunter un marteau ou quelques œufs à un voisin, accepter un dépannage simple : ces gestes rapprochent et rendent la vie plus chaleureuse.

Quatrième exercice : écoutez les autres. La base du lien social, c'est le dialogue. Il faut veiller à l'équilibre entre les moments où l'on parle et ceux où l'on écoute. Écouter autrui est souvent plus enrichissant que parler de soi. Nous savons déjà ce que nous pensons ; nous ne savons pas forcément ce que pensent les autres.

Cinquième exercice : apprenez à être en désaccord sans être en conflit. Le conflit fatigue, le désaccord enrichit. Cela suppose d'accepter que personne ne détient toute la vérité, de constater franchement le désaccord, puis de s'écouter activement : questionner, demander des exemples, faire préciser, reformuler, sans juger ni critiquer. Les études montrent qu'on assouplit davantage son point de vue quand on s'est senti écouté que lorsqu'on s'est senti rejeté.

Dernier geste utile : envoyez des messages positifs. Dire des choses sincères, des compliments, des marques d'affection ou d'estime fait du bien à celui qui les reçoit, mais aussi à celui qui les formule. Cela aide à mieux voir les qualités des autres. C'est plus difficile que critiquer, mais cet effort améliore l'ambiance et embellit le monde.

La richesse du lien social

Le lien social est une force et une richesse. Il est déjà assez menacé par les écrans et l'intelligence artificielle. Croire que l'écoute ou les conseils d'une machine peuvent remplacer ceux des humains est une erreur. C'est un peu comme les vertus d'une orange et d'un comprimé de vitamine C. Bien sûr, l'orange est parfois un peu acide, mais elle est beaucoup plus riche que le comprimé de vitamine C. Elle contient aussi des fibres et des tas d'éléments nutritifs bénéfiques en plus de sa propre vitamine C. 
C'est pareil pour les humains. Parfois, il faut accepter leurs défauts, les désaccords avec eux, mais ils sont tellement plus intéressants et nourrissants pour nous que des robots, même très intelligents.

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