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Un bébé portant une couche (illustration)
Crédit : DIDIER PALLAGES / AFP
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Un nouveau rapport pointe une dégradation sanitaire préoccupante : la mortalité infantile augmente en France. C'est la conclusion de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui note un recul depuis 15 ans avec plus de 4 bébés sur 1.000 décédés avant leur premier anniversaire, dans un rapport publié au début du mois d'août.
Autrefois bien placée parmi les pays développés, la France a reculé depuis le début des années 2010 vers le bas du classement. En 2024, "si la France connaissait le taux de mortalité infantile moyen de l'UE, soit 3,3%, ce sont les morts de 529 enfants dans leur première année qui auraient pu être évitées" et cela aurait été 1.057 enfants avec "les résultats de l'Italie ou du Portugal, soit une mortalité infantile de 2,5 %", selon le rapport.
Mais pourquoi un tel retard ? Déjà, les grossesses sont de plus en plus tardives dans le pays et donc davantage à risque. Selon le rapport, un quart des femmes qui accouchent aujourd'hui a plus de 35 ans. "Quand on prend de l'âge, on a des maladies qui apparaissent, des maladies aigues ou des maladies chroniques. Le diabète et l'hypertension artérielle. Et les grossesses sont plus compliquées et entrainent des facteurs de risque plus importants pour la mère et pour le nouveau-né", détaille sur RTL Isabelle Derrendinger, présidente du Conseil National de l'Ordre des sages-femmes.
Parmi les autres facteurs spécifiques à la France, on retrouve les inégalités sociales. En Outre-mer, le taux de mortalité infantile est deux fois plus élevé qu'en métropole. Autre territoire particulièrement touché par la précarité : l'Île-de-France et notamment la Seine-Saint-Denis.
Le rapport dresse un constat, les femmes précaires ont des conditions de travail plus difficiles avec des métiers physiques ou en horaires décalés. Elles ont aussi moins recours aux soins préventifs. Cela se ressent dans les chiffres. Le taux de mortalité infantile pour une mère cadre est de 2 pour 1.000 quand il est de 5 pour 1.000 pour une ouvrière.
Le rapport écarte enfin toute influence de la fermeture des maternités comme cause possible de la hausse de la mortalité infantile. Isabelle Derrendinger "rejoint relativement l'analyse". "La réalité, c'est qu'il faut absolument stopper les fermetures standardisées et surtout aléatoires, sporadiques sur les territoires de santé", martèle la résidente du Conseil National de l'Ordre des sages-femmes.
Ajoutant : "Dans certains territoires de santé, il y a des femmes enceintes qui sont suivies dans une maternité et qui, au moment d'aller accoucher dans cette maternité, se retrouvent devant une porte fermée. Et ça, ce n'est plus possible en 2026."
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