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Matthieu est médecin urgentiste. Dans "Un jour, une vie", il raconte ses interventions les plus marquantes et nous plonge dans les coulisses du SAMU
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"Ce qui me fait me lever tous les matins, c'est d'aller sauver les insauvables", assure Matthieu, médecin urgentiste au SAMU depuis plus de 10 ans. Passionné par son métier, celui qui est aussi écrivain a très vite trouvé sa vocation : "Depuis que je suis tout petit, la médecine me passionne. Je lisais les albums Il était une fois la vie", se rappelle-t-il. Les années sont passées, et son rêve d'enfance s'est finalement réalisé : "Quand j'étais gamin à l'arrière de la voiture de ma mère, on passait devant l'hélicoptère de l'hôpital dans lequel je travaille actuellement", explique-t-il fièrement.
Durant sa carrière, Matthieu a dû faire face à des situations très compliquées, parfois comparables à des scénarios de films catastrophes : "Je me souviens d'une fois où on est allé faire un accouchement dans une cave inondée, sans électricité, à la lueur de la bougie. C'était pendant les inondations, il y a une dizaine d'années, une petite dame était en train d'accoucher sur son lit, sur des meubles surélevés", se remémore-t-il. Dans des conditions extrêmes, l'urgentiste et son équipe arrivent à faire accoucher la personne et à l'extraire de la maison : "Le retour a été compliqué parce qu'il a fallu la transporter, elle et son bébé, sur le Zodiac, on avait de l'eau dans les bottes, ça sentait la vase, c'était terrible".
"Moins je suis dans une situation de confort, mieux je me sens", poursuit le médecin. Matthieu reste pourtant surpris des lieux de certaines interventions : "On est intervenu sur une crise cardiaque chez le propriétaire d'un club libertin, mais qui n'était pas du tout affiché comme tel. Je pensais aller à une adresse classique, et quand je pousse la porte, c'est un temple de l'amour décomplexé", raconte-t-il. L'urgentiste se retrouve alors entouré d'objets en tout genre, et souligne l'ambivalence de son métier : "Il y a des sextoys partout, des choses pour s'attacher, des cloisons trouées. On a un monsieur qui risque de mourir avec un infarctus du myocarde, donc il faut aller vite, mais de l'autre côté, j'ai envie d'aller faire le chien fou et découvrir ce milieu auquel je ne m'attendais pas", confie-t-il.
Il m'arrive souvent de pleurer
Matthieu, médecin urgentiste
Même si Matthieu trouve parfois un peu de légèreté dans ses interventions, il rappelle que la majorité d'entre elles sont de lourdes épreuves psychologiques : "Je me souviens d'être appelé sur les lieux d'une fusillade dans un quartier défavorisé. On arrive en première équipe, et il y a des victimes partout, un mort d'emblée et plusieurs blessés graves. On est obligé de trier les malades en fonction de leur gravité pour espérer en sauver un ou deux", se remémore-t-il. Et forcément, lors des attentats du Bataclan, en novembre 2015, là aussi, Matthieu était présent : "J'en garde un souvenir ambivalent car c'était horrible, certaines choses sont indicibles et pas racontables. Mais paradoxalement, j'en garde un bon souvenir parce qu'il y a eu un effort collectif assez incroyable".
Dans des moments souvent tragiques, l'urgentiste rappelle qu'il est avant tout humain : "Il m'arrive souvent de pleurer après et quand je suis fatigué, on fait souvent des nuits blanches". Avec parfois, des épisodes très forts en émotion : "On est intervenu sur les lieux d'un décès d'un nonagénaire, probablement une fin de vie naturelle. Il y a eu un calme absolument bouleversant, la dame m'a tenu la main et m'a dit : 'Ce n'est pas grave'", se souvient-il. Malgré la mort du mari, le médecin garde en tête un moment suspendu dans le temps : "La dame est malheureuse, et en même temps elle est reconnaissante. C'était très doux".
En cas d'accident, Matthieu rappelle le bon comportement à adopter, même sans formation particulière : "Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est se mettre en danger. La deuxième chose, c'est de ne pas faire ce qu'on ne sait pas faire sans avoir demandé de l'aide". Aujourd'hui, l'urgentiste a pour objectif de former largement la population sur les gestes qui sauvent : " Un de nos grands objectifs sociétaux, c'est d'aller former toute la population aux gestes de réanimation initiale, donc au massage cardiaque. C'est un chantier sociétal majeur".
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