3 min de lecture

La canicule fera-t-elle baisser les notes au brevet et au bac ? Ce que la chaleur fait subir au cerveau des élèves

Alors que les collégiens s’apprêtent à passer leur première épreuve du brevet le vendredi 26 juin et que les lycéens sont en plein grand oral du baccalauréat, la France traverse un épisode caniculaire exceptionnel. Attention, mémoire, capacité de raisonnement… La chaleur extrême peut-elle affecter les performances des candidats ?

Des lycéens planchent sur l'épreuve de philosophie du baccalauréat, le 15 juin 2017 à Paris.

Crédit : Martin BUREAU / AFP

Yasmine Boutaba

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Difficile de réviser ou de rester concentré lorsque le thermomètre dépasse parfois les 40°C. Pourtant, en pleine période d'examens, des centaines de milliers de collégiens et lycéens doivent composer avec cette canicule écrasante, qui doit se poursuivre vendredi, date des épreuves du brevet.

Mais notre cerveau est-il en état de fonctionner à de telles températures ? Il est dans "un état proche d’une mini-détérioration intellectuelle", tranche la neuropsychologue Sylvie Chokron, directrice de recherche au CNRS, interrogée par RTL.fr. "Une température trop élevée, au-delà de 22 degrés, provoque un stress thermique pour le cerveau", explique-t-elle. 

En temps normal, le cerveau mobilise déjà une grande quantité d’énergie pour assurer ses fonctions. Lorsqu’il doit en plus maintenir la température interne du corps à un niveau acceptable, ses ressources se réduisent. 

"Le cerveau ne peut pas assurer une double tâche : garder la température interne du corps et travailler efficacement", résume la spécialiste. Entre 30 et 45°C, "on n’a plus du tout les mêmes conditions d’un point de vue physiologique".

Attention, mémoire, prise de décision : toutes les fonctions cognitives sont touchées

Lors d'un examen, la concentration est l’une des premières fonctions affectées par la chaleur. Lire un sujet, repérer les informations importantes, comprendre une consigne ou rester concentré pendant plusieurs heures demande alors davantage d’efforts. "Les tâches qui nécessitent de l’attention vont être difficiles à faire", décrypte Sylvie Chokron.

Et la mémoire n’est pas épargnée. "On peut avoir du mal à mémoriser de nouvelles informations", poursuit la chercheuse. La chaleur complique également la prise de décision, le jugement critique et le raisonnement. 

Le stress de l’examen s’ajoute au stress de la chaleur

Pour les candidats au brevet ou au baccalauréat, la situation est d’autant plus délicate qu’ils subissent déjà une forte pression psychologique. "L’élève qui passe un examen dans la chaleur part avec un désavantage", estime Sylvie Chokron. Selon elle, le stress thermique provoqué par les fortes températures se combine au stress lié à l’épreuve elle-même.

"Ce ne sont pas les meilleures conditions pour être concentré, pour raisonner ou pour mobiliser ses capacités cognitives", résume-t-elle. À cela s’ajoute un autre facteur aggravant : les nuits perturbées par la chaleur. "En ce moment, on dort mal. Or le mauvais sommeil agit directement sur la mémoire. On cumule les problèmes", avertit la neuropsychologue.

Les adolescents sont particulièrement concernés. "Les collégiens et les lycéens sont tout autant exposés à ces vulnérabilités que les adultes, mais ils ont été moins exposés dans leur vie et ont donc moins souvent les bons réflexes", précise-t-elle.

Comment limiter les effets de la canicule sur le cerveau ?

Quels conseils donner aux élèves ? Pour préserver au maximum les capacités intellectuelles, l’objectif est de soulager le cerveau de son travail de régulation thermique.

"Il faut boire régulièrement, rafraîchir son corps et s’hydrater tout au long de la journée", recommande Sylvie Chokron. Plus l’organisme reste au frais, moins le cerveau dépense d’énergie à maintenir une température stable.

La spécialiste recommande aussi de profiter de toutes les occasions pour récupérer et dormir, même si les nuits sont difficiles.

Enfin, certains signaux doivent alerter. Lorsqu’une personne n’arrive plus à se concentrer, à comprendre ce qui se dit autour d’elle ou à mener un raisonnement jusqu’au bout, cela peut traduire un niveau de stress thermique trop important. Il s'agit peut-être alors d'un signe de déshydratation ou d'une hyperthermie, qui peut être grave.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée