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I3P : RTL a pu découvrir le service psychiatrique de la préfecture de police où passent les mis en cause les plus instables

Service méconnu de la préfecture de police de Paris, l'I3P reçoit des personnes venant de passer à l'acte et dont l'état psychiatrique ne permet pas une garde à vue. RTL a pu découvrir ce lieu unique, où les soignants travaillent 24 heures sur 24 dans une vigilance constante.

L'Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de Police (IPPP, également appelée I3P) à Paris, le 31 mai 2018.

Crédit : Philippe LOPEZ / AFP

Immersion au sein de l'Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police de Paris

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Plana Radenovic - édité par Jérémy Descours

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L'I3P, l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, a exceptionnellement ouvert ses portes à RTL. Ce service, hybride, unique en France accueille des personnes venant de passer à l'acte et dont l'état psychiatrique est jugé - par un médecin - incompatible avec une garde à vue. 

Des profils allant de violences graves à l'homicide y sont pris en charge. Parmi les noms tristement connus passés par l'I3P, Dahbia Benkired, la meurtrière de la petite Lola. En général, les personnes mises en cause arrivent directement de leur garde à vue.

Le docteur Vincent Mahé, médecin-chef de l'I3P, décrit l'arrivée des patients comme un protocole très encadré : le patient, qui "arrive en voiture de police", est déposé par les forces de l'ordre qui repartent ensuite. Les policiers transmettent aux soignants les éléments de l'interpellation, souvent pour des faits de violences, parfois jusqu'au meurtre ou à la tentative d'homicide. Ces situations restent rares : entre 10 et 15 cas par an sur environ 1.500 admissions en 2025.

"On a une jolie collection d'armes"

Une fois pris en charge, le mis en cause devient patient. Les menottes sont retirées, mais la surveillance reste constante, assurée par un binôme infirmier-surveillant. Au deuxième étage, les patients sont installés dans des chambres sécurisées après une fouille complète et le port d'un pyjama réglementaire. 

Le médecin précise : "On vérifie également la fouille, voir si la personne n'est pas porteuse d'armes. On a une jolie collection d'armes : de l'arme de poing jusqu'au couteau, en passant par le sabre ou des cutters, les lames de rasoir aussi, donc on vérifie tout ça".

Malgré un encadrement strict, la violence reste une menace potentielle. Les agressions sont toutefois rares, le docteur Mahé en comptant "une ou deux" depuis le début de l'année. 

Un personnel en hypervigilance constante

Dans ce cadre très sécurisé, les soignants évoluent dans une vigilance permanente. Laëtitia Langrand, infirmière psychiatrique à l'I3P depuis 15 ans, insiste sur cette hypervigilance constante, face à des patients dont le comportement peut basculer à tout moment. 

Elle décrit au micro de RTL les signes parfois imperceptibles : "Ça peut être un regard étrange, quelqu'un qui va se refermer sur lui complètement d'un seul coup, ou quelqu'un qui va justement passer à l'acte directement sur nous, violemment". 

Ici, pas de manque de moyens. 24 heures sur 24 et tous les jours de l'année, au minimum 6 personnes, infirmiers et surveillants, sont là pour prendre en charge les patients.

50% des patients sont sans domicile fixe

Les équipes de l'I3P ont vu passer des profils marquants, de la meurtrière de la petite Lola à l'homme soupçonné d'avoir récemment poignardé des femmes dans le métro parisien. Mais sur place, impossible d'entrer dans le détail : le secret médical s'impose.

Dans ce service, 8 patients sur 10 sont des hommes, âgés en moyenne de 20 à 30 ans. Les équipes observent aussi une précarisation croissante : près de la moitié n'ont pas de domicile fixe. À cela s'ajoute, de plus en plus souvent, la consommation de substances multiples, des cocktails qui aggravent les états de psychose.

Les patients restent au maximum 48 heures à l’I3P. À l’issue de cette prise en charge, environ la moitié sont hospitalisés sous contrainte, tandis que les autres sont réorientés vers la garde à vue.

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