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"Gagner Roland-Garros en étant diabétique, c'est un match dans le match" : Jimmy Mohamed explique pourquoi le sacre d'Alexander Zverev est un exploit hors norme

Vainqueur de son premier titre du Grand chelem à Roland-Garros dimanche, le joueur de tennis allemand doit composer avec un diabète de type 1, qui le contraint à réaliser des injections d'insuline tous les jours, plusieurs fois par jour, notamment pendant les rencontres.

Alexander Zverev sur le court Philippe-Chatrier (Paris), le 7 juin 2026

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Alexander Zverev, premier joueur diabétique à gagner Roland-Garros, et en se piquant au bord du terrain

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Jimmy Mohamed

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C'est un geste discret qui peut intriguer. Alexander Zverev, le vainqueur de Roland-Garros dimanche 7 mai, est régulièrement vu en train de se faire des injections pendant ses matchs. Mais attention, le joueur allemand ne se dope pas devant les caméras, il est tout simplement diabétique. Et gagner le Grand Chelem parisien est déjà un exploit mais soulever la coupe des Mousquetaires en étant diabétique, ça c'est du jamais vu.

Car on rappelle que le taux de sucre dans le sang doit rester stable aux alentours de 1 gramme par litre. Et lorsqu'il augmente et n'est plus contrôlé, c'est ce qu'on appelle le diabète. 

Un diabétique de type 1 plus contraignant

Il existe plusieurs types de diabète, le type 2 étant le plus fréquent et concernant 90% de la population. Il survient aux alentours de 40 ans, a une composante héréditaire et est lié en grande partie au surpoids, à la sédentarité et à l'alimentation ultra-transformée. Le pancréas fabrique de l'insuline de moins bonne qualité, le taux de sucre augmente progressivement et le diabète et découvert par hasard, au détour d'une prise de sang.  

Mais le diabète de d'Alexander Zverev est un diabète de type 1, ce qu'on appelle une maladie auto-immune. En fait, le système immunitaire s'attaque aux cellules du pancréas qui sont censées fabriquer l'insuline. Le taux de sucre monte alors en flèche très rapidement. C'est un diabète que l'on découvre dans l'enfance (15 ans maximum) et n'est pas lié au mode de vie. 

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Les deux diabètes ne sont pas traités de la même manière. Le type 1 est beaucoup plus contraignant : il faut absolument remplacer l'insuline qui manque car sans insuline, vous pouvez mourir tout simplement. Les personnes comme Alexander Zverev ont donc besoin d'insuline tous les jours, plusieurs fois par jour, toute la vie. 

Un capteur pour savoir son taux de sucre

Il existe plusieurs types d'insuline différente : celle lente, qu'on va faire sous forme d'injection une à deux fois par jour pour en avoir sur les 24 heures et celle rapide, injectée avant chaque repas, qui va être calculée en fonction de ce qu'on mange et de son activité. 

Sur le bord du terrain, Alexander Zverev a un stylo d'insuline qui parfois mélange de l'insuline rapide et de l'insuline lente. Parfois, on peut avoir ce qu'on appelle un système de pompe, une pompe qu'on va mettre sous la peau avec un petit cathéter, une petite aiguille, qui délivre de l'insuline en continu. 

Et si certains ont remarqué un petit rond sur le bras d'Alexander Zverev, il s'agit d'un capteur pour savoir quel est son taux de sucre en permanence, pour éviter de se piquer au bout du doigt. 

Une chose est sûre : il est impressionnant de voir un joueur de tennis jouer à son niveau tout en gérant son diabète, notamment car tout fait varier le taux de sucre. Le repas évidemment, mais aussi le stress, l'effort physique, une infection, le sommeil, les hormones, la chaleur… En réalité, gérer un diabète de type 1, c'est gérer une équation à dix inconnues.

Un match dans le match

Alexander Zverev doit absolument contrôler deux choses. Déjà, il doit être sûr qu'il n'est pas en hypoglycémie : s'il fait un effort trop important, l'adrénaline fait également baisser le taux de sucre. Dans ces cas-là, il peut avoir des sueurs, faire un malaise voir mourir d'hypoglycémie. Et à l'inverse, lorsque le taux de sucre monte trop rapidement, attention à l'hyperglycémie, ce qu'on appelle un brouillard mental. 

Gagner Roland-Garros en quatre heures de match, en étant diabétique : c'est un match dans le match. Être sportif de très haut niveau en étant diabétique de type 1 peut donner de l'espoir aux plus jeunes. "J'avais 9, 10 ans, je rêvais déjà d'être numéro 1 mondial et de gagner des Grands Chelems. Voir ces médecins, assis derrière leur bureau, me balancer que ces rêves m'étaient inaccessibles, c'était douloureux", expliquait Alexander Zverev en 2022 à l'Équipe. Mais au final, la maladie n'est pas un obstacle. 

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