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7 min de lecture
Rafael Jódar, Joao Fonseca et Jakub Menšík.
Crédit : AFP
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Ils sont nés en 2005 ou 2006 et font presque passer Carlos Alcaraz et Jannik Sinner pour des vieux de la vieille. Un vent de jeunesse souffle sur l'édition 2026 de Roland-Garros, faisant découvrir de nouvelles têtes au grand public.
Il faut dire que le tableau masculin était très ouvert cette année, entre forfait du tenant du titre espagnol et élimination surprise de l'Italien n°1 mondial, trahi par son corps lors du deuxième tour. La voie était grande ouverte pour les autres tennisman du top 10 qui… ont pour la plupart pris la porte assez tôt.
Novak Djokovic, Ben Shelton, Daniil Medvedev, Taylor Fritz ou encore Alexander Bublik : tous ont manqué le rendez-vous porte d'Auteuil, laissant la place à une nouvelle génération menée par João Fonseca, Rafael Jodar et Jakub Menšík.
Le premier, João Fonseca, est un jeune Brésilien de 19 ans apparu sur les radars en 2023 avec un titre champion du monde juniors. L'année suivante il fait un pas en avant en entrant sur le circuit professionnel et impressionne rapidement avec son jeu agressif : une première quart de finale dans un tournoi ATP à Rio et une victoire au tournoi ATP Next Gen, réunissant les huit meilleurs espoirs âgés de moins de 20 ans (dont Arthur Fils cette même année).
Mais c'est en 2025 que João Fonseca commence à prendre du galon en remportant ses deux premiers titres (Buenos Aires et Bâle). Il se qualifie aussi pour son premier Grand Chelem, l'Open d'Australie, et s'offre une victoire contre Andrey Rublev, alors n°9 mondial. À Roland-Garros et Wimbledon, il arrive jusqu'au 3e tour mais échoue au 2e à l'US Open. Puis en 2026, João Fonseca commence à être sur toutes les lèvres, adoubé comme pépite du tennis brésilien, atteignant les quart de finale du Masters 1000 de Monte-Carlo.
À Roland-Garros, le Brésilien arrive 30e mondial et signe un beau parcours. Il élimine facilement le Français Lucas Pavlovic avant de peiner un peu plus au deuxième tour contre Dino Prižmić. La consécration arrive au troisième tour : João Fonseca s'offre son idole Novak Djokovic au terme d'un superbe match marathon de 4h53.
Il était pourtant mené de deux sets avant de remonter face à un Serbe de 39 ans impressionnant mais dont la fatigue physique se faisait de plus en plus voir (4-6, 4-6, 6-3, 7-5, 7-5). "Je n'y croyais pas. J'ai joué, tout simplement. J'ai pris beaucoup de plaisir. J'étais tellement content de rentrer sur ce court pour jouer contre lui. C'était la première fois et je veux juste le remercier. Je suis très heureux. J'ai essayé de frapper la balle le plus rapidement possible", a expliqué le Brésilien après le match.
Après Novak, le 30e mondial a encore frappé fort en s'imposant contre un Casper Ruud pourtant très en forme : 7-5, 7-6, 5-7, 6-2 en près de 4 heures de jeu. La belle histoire s'est arrêtée le 2 juin dernier pour les quarts de finale contre un Jakub Menšík impressionnant.
Mais Roland-Garros aura vraiment été un tournant pour le Brésilien. "Je ne savais pas si j’étais capable de gérer un match de cinq heures ou de quatre heures. Je sais maintenant que je peux être à l’aise physiquement dans ce genre de combats", a-t-il assuré après son élimination. Ajoutant : "Cette quinzaine me donne davantage de conviction et de confiance pour la suite. Je comprends mieux mon corps et mes limites."
Après le Brésil, place à l'Espagne. Car avec un Nadal à la retraite et un Alcaraz en convalescence, il manquait de tennismen espagnols à suivre sur la terre battue. La porte d'Auteuil a eu un sentiment de déjà vu en entendant des "Vamos Rafa" pour encourager le jeune de 19 ans, Rafael Jodar. Ce dernier était pourtant seulement 707e mondial il y a un an mais est arrivé à Roland-Garros avec un beau 29e rang au classement ATP, preuve d'une ascension fulgurante.
Au lancement de sa saison, mi-décembre, l'Espagnol pointait au 168e rang mondial avant d'enchaîner les victoires pour ses débuts sur le circuit principal. Il gagne un premier titre ATP (250) à Marrakech, file en demi-finale à Barcelone et s'offre des quarts à Rome et à Madrid (où il gagne en 16es de finale contre l'autre symbole de la next gen João Fonseca). L'Espagnol écope de la qualification de "prochain Nadal" en quelques mois grâce à ses résultats impressionnants sur terre battue.
Timide, peu causant et ayant pour seul entourage son père, le 29e mondial est arrivé à Roland-Garros plein d'espoir pour disputer son premier Grand Chelem. Un an plus tôt, il évoluait sur le circuit Challengers aux États-Unis. "Je regardais les matchs de Roland-Garros à la télé l'année dernière. C'était un autre chapitre de ma vie, mais cela m'a aidé à évoluer", a-t-il expliqué en conférence de presse à Roland.
Et pour son premier tournoi porte d'Auteuil, Rafael Jodar peut être fier de son parcours. Après avoir expédié l'Américain Aleksandar Kovacevic au premier tour (6-1, 6-0 et 6-4), l'Espagnol s'offre l'Australien James Duckworth au deuxième tour, Alex Michelsen au troisième puis son compatriote Pablo Carreño Busta pour filer en quart de finale. Il échoue ensuite face à un Alexander Zverev intraitable et à la quête de son premier titre en Grand Chelem.
Beaucoup auraient aimé voir Jodar aller encore plus loin mais pour une grande première à Paris, l'Espagnol a impressionné, s'imposant comme l'homme à suivre ces prochaines années. "Je ne suis pas pressé, je dois encore apprendre beaucoup de choses sur le circuit. C'est juste ma première année et je suis en train d'expérimenter plein de choses, c'est ce que j'ai fait ces derniers mois. Cela m'aide à me développer en tant que joueur mais aussi en tant que personne", a-t-il assuré, lucide. "Je peux rivaliser avec n'importe qui, mais que j'ai encore beaucoup de progrès à faire."
Puis le dernier petit jeune de la liste est Jakub Mensik, 27e mondial et étoile montage du tennis tchèque. À 20 ans, il dispute son Roland-Garros et impressionne en écartant des favoris au titre. Le Tchèque passe par le parcours le plus classique : circuit tertiaire (Futures) ou secondaire (Challengers) avant de faire son entrée dans la court des grands. À seulement 17 ans, il atteint le troisième tour de l'US Open en 2023 ce qui n'était pas arrivé pour un joueur si jeune depuis 1990 à Fabrice Santoro.
Il atteint encore une fois le troisième tour du Grand Chelem américain en 2024, puis celui de Wimbledon en 2025. Mais cette année là, Jakub Mensik impressionne surtout en s'offrant un premier titre de Masters 1000 à Miami. Lors du tournoi américain, il s'impose face à Jack Draper, Arthur Fils ou encore Taylor Fritz, avant de gagner en finale contre... Novak Djokovic, son idole. Le Serbe avait pris le jeune Tchèque sous son aile après l'avoir vu perdre lors de l'Open d'Australie juniors en 2022, une finale où il avait dû être évacué en fauteuil roulant à cause de crampes.
Pour commencer sa saison 2026, Jakub Mensik s'offre un deuxième titre en Masters à Auckland avant de déclaré forfait en huitième de finale à l'Open d'Australie pour blessure abdominale.
Pour le deuxième Grand Chelem de la saison, le Tchèque arrive remonté à bloc. Il s'offre le Français Titouan Droguet avant de s'imposer au deuxième tour contre l'Argentin Navone au terme d'un match marathon (6/3, 2/6, 6/4, 1/6, 7/6). 4h41 d'affrontement en pleine chaleur à la fin duquel le Tchèque n'arrivait même plus à se relever. Pour atteindre les quartd de finale, le jeune de 20 ans s'offre deux joueurs du top 10 : Alex de Minaur et Andrey Rublev. Puis, il met fin à l'aventure de la pépite brésilienne João Fonseca, s'offrant une place en demi-finale contre Alexander Zverev.
Comme les deux autres joueurs de la nouvelle génération, Jakub Mensik impressionne avec sa puissance mais surtout son service, parmi les plus efficaces du circuit. "Son service est incroyable. Sa façon de gérer les points importants est très impressionnante. Il a contrôlé le match grâce à la qualité de son service et de ses retours", a admis Joao Fonseca après sa défaite contre le Tchèque.
Ce dernier est "super heureux de revenir à Roland en étant bien préparé, sans douleur", assurant : "au fur et à mesure, je joue de mieux en mieux." Va-t-il réussir à s'offrir une place en finale et s'imposer contre le grand favori Alexander Zverev ? Une chose est sûre, si cette nouvelle génération n'arrive pas encore à s'imposer en finale de Grand Chelem, elle donne espoir pour l'avenir du tennis, qui ne sera finalement peut-être pas défini uniquement par Carlos Alcaraz et Jannik Sinner.
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