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VIDÉOS - Marine Le Pen : 6 points à retenir de "L'Émission Politique"

ÉCLAIRAGE - La candidate du Front national a répondu aux questions de Léa Salamé et David Pujadas, dans "L'Émission Politique" sur France 2. Avec 3,5 millions de téléspectateurs, elle a réalisé la meilleure audience de l'émission, en battant les scores réalisés par Alain Juppé et François Fillon.

Marine Le Pen, dans "L'Émission Politique" le 9 février 2017
Marine Le Pen, dans "L'Émission Politique" le 9 février 2017 Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Marine Le Pen est officiellement entrée dans la campagne présidentielle. La candidate du Front national a publié le 5 février dernier ses 144 propositions, ainsi que son clip de campagne. Selon un sondage Elabe pour BFMTV et L'Express, la présidente du parti arrive en tête des intentions de vote au premier tour du scrutin. Elle devance (24%) ainsi Emmanuel Macron (21%) et François Fillon (19%). 

En participant à L'Émission Politique ce jeudi 9 février, Marine Le Pen fait une première. En octobre dernier, elle avait annulé sa participation à l'émission Des Paroles et des Actes en dénonçant une "mascarade". L'enjeu est de taille pour la fille de Jean-Marie Le Pen. Un de ses proches confie à l'AFP qu'il s'agit de l'émission "la plus importante du début de campagne".

1. Un tweet "éminemment condamnable"

David Pujadas débute l'émission en interrogeant Marine Le Pen sur l'affaire d'Aulnay-sous-Bois. Il cite le tweet de Jérôme Cochet, le directeur de la communication de David Rachline. À partir d'une vidéo de Marine Le Pen et d'une autre de François Hollande, il écrit : "L'une est au chevet des boucliers de la nation. L'autre est au chevet des racailles". 

"Je trouve cela éminemment condamnable parce que ce jeune homme (Théo ndlr) n'a rien fait et que, de surcroît, il est blessé. Je pense qu'il a appelé au calme. Je ne le mélange pas avec ceux qui sont des racailles et qui ont profité de cet événement pour aller brûler, casser et attaquer des policiers qui les encerclaient. Ça fait trois nuits qu'il y a des émeutes à Aulnay et dans les villes aux alentours. C'est absolument inadmissible", explique-t-elle. Relancée sur le tweet du membre de l'équipe de David Rachline, la candidate répond que le maire "est grand garçon (...) Incontestablement et je crois qu'il partage mon avis, il condamne ce tweet". 

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Alors que la présidente du Front national explique ne pas connaître Jérôme Cochet, en fin d'émission, Karim rissouli cite un tweet où l'on voit un selfie pris entre les deux personnes. La principale intéressée répond : "Moi je fais un million de selfies".

2. "Je suis tout à fait innocente des accusations"

Concernant les accusations sur l'emploi supposément fictif de sa secrétaire et de son garde du corps comme assistants parlementaires européens, pour lesquelles elle est contrainte de restituer près de 300.000 euros au Parlement européen, Marine Le Pen affirme : "Je suis tout à fait innocente des accusations". La candidat estime que le Parlement européen "combat au quotidien" le Front national. "Il se sert de ces affaires pour nous gêner dans notre mandat, parce que nous combattons l'Union européenne".  

3. "Les Français font bien la différence entre Fillon et moi"

Interrogée sur l'affaire Penelope Fillon, la candidate du Front national assure que "les Français font bien la différence entre Fillon et moi. Je suis issue d'une famille engagée dans la politique, nous sommes tous engagés en politique à un niveau ou à un autre. Cette situation n'a rien à voir, il n'y a pas d'enrichissement personnel".

Concernant la mission de conseil effectuée par François Fillon auprès de l'assureur Axa, un des clients de sa société "2F Conseil", Marine Le Pen déclare : "Il y a derrière tout ça une sale odeur de trafic d'influence peut-être, de conflit d'intérêts à tout le moins (...) Que ce soit pour François Fillon ou que ce soit pour Emmanuel Macron (...) des hommes politiques qui se servent de leurs responsabilités, de leur mandat ou de leurs responsabilités ministérielles pour avantager des petits copains ou alors qui se font remercier peut-être après les avoir aidés".

4. Une grande Europe des nations libres et souveraines

Patrick Buisson était "l'invité mystère" de L'Émission Politique. L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a qualifié la candidate du Front national de "l'héritière cachée de Jacques Chirac". "On ne me l'avait pas faite celle-là", répond la présidente du parti. Elle livre sa définition du patriotisme : "Tous ceux qui défendent le pouvoir supranational de l'Union européenne et privent les Français de maîtriser leur monnaie, leur territoire, ne me semblent pas donner les preuves de leur amour pour la France". Elle se dit prête à accueillir une partie de l'électorat de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon, "pour peu qu'ils comprennent qu'il n'y a pas de protection sans nation".

"Vous savez très bien que je veux l'Europe des nations et que dans ce cadre, je pense que la Russie à sa place. Je ne veux pas une Europe recroquevillée, mais une grande Europe des nations libres et souveraines. Pas une Union européenne remaniée", explique-t-elle. Elle attaque aussi Jean-Luc Mélenchon qui est "le candidat de la poursuite d'une immigration massive, il ne veut pas maîtriser nos frontières".

5. Les maires responsables du "communautarisme"

La candidate a été interpellée par le maire PCF de Montreuil-sous-Bois, Patrick Bessac. Elle dénonce "la lâcheté d'élus, c'est comme ça que le communautarisme est le vivier de l'islamisme radical. Heureusement qu'il y a des candidates comme moi pour défendre les droits des femmes (...) Vous faites partie des maires qui ont acheté la paix civile, accepté une série de compromissions, de vous soumettre aux revendications religieuses de toutes sortes, vous êtes allés dans des mosquées qui acceptent des imams salafistes interdits de prêches dans des pays étrangers tellement leurs prêches sont violents".

Patrick Bessac souhaite que Marine Le Pen arrête "de perdre notre temps avec la police des kippas et des voiles". Réponse immédiate de la candidate : "Quand la loi est votée, tout le monde doit s'y soumettre. Le voile est un acte de soumission de la femme".

6. Un échange sous pression face à Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem est invitée de l'émission et s'adresse à Marine Le Pen. "Il me semble que vous soutenez Benoît Hamon qui défend le fondamentalisme (...) Nous ce que l'on veut faire c'est des petits Français, qui parlent le Français", attaque-t-elle. La ministre de l'Éducation affirme que la présidente du Front national veut "organiser un tri sélectif des enfants dès l'âge de 12 ans. Les parents doivent savoir". 

Marine Le Pen explique que son parti refuse "l'apprentissage de la culture d'origine (...) J'ai manifesté pour l'école libre et je ne veux pas que l'on revienne sur cette liberté". Elle interpelle ensuite la ministre sur l'école privée musulmane Al-Badr de Toulouse. "Vous avez tellement peu d'autorité que l'école islamiste que vous vouliez fermer est toujours ouverte", ajoute-t-elle.

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