3 min de lecture Olivier Véran

VIDÉO - Réforme de l'hôpital : "Nous n'avons été ni assez vite ni assez fort", reconnaît Véran

Le "Ségur de la santé" répond à la promesse d'Emmanuel Macron, qui avait évoqué fin mars "un plan massif d'investissement et de revalorisation" pour l'hôpital à l'issue de la crise du coronavirus.

Olivier Véran, le 20 mai 2020
Olivier Véran, le 20 mai 2020 Crédit : Ian LANGSDON / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

"Regarder en face ce que nous traversons et d'en tirer au plus vite toutes les leçons". C'est l'état d'esprit affiché par Olivier Véran sur l'avenir de l'hôpital public. Le gouvernement a annoncé, le 20 mai, qu'il tirerait "au plus tard à la mi-juillet" les conclusions de son "Ségur de la santé", qui débutera le 25 mai sous la houlette de l'ancienne responsable de la CFDT Nicole Notat.

"Nous irons vite. Au plus tard à la mi-juillet, nous tirerons les conclusions de ces concertations auprès des professionnels pour apporter des réponses ajustées [et] construire un système plus fort et plus résilient", a-t-il promis.

Ce "Ségur de la santé" répond à la promesse d'Emmanuel Macron, qui avait évoqué fin mars "un plan massif d'investissement et de revalorisation" pour l'hôpital à l'issue de la crise du coronavirus. Selon Olivier Véran cependant, les discussions ne seront pas limitées aux hôpitaux : elles intégreront la question du grand âge, les soins de ville et l'organisation du système de santé dans son ensemble.

Une hausse des salaires à l'hôpital et en Ehpad

Avec la loi "Ma santé 2022", adoptée en 2019, "nous avons fait le bon diagnostic, nous avons pris les bonnes orientations. Mais nous n'avons été ni assez vite ni assez fort", a estimé Olivier Véran - comme Emmanuel Macron avant lui.

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"Cela passera par une hausse des salaires à l'hôpital et en Ehpad", a-t-il promis, en disant -sans toutefois avancer de chiffre- vouloir "mieux valoriser" les "carrières" des personnels soignants. "Cela passera aussi par une remise en question de certains carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage", a ajouté le ministre de la Santé, en référence à la réforme des 35 heures, que le gouvernement souhaite "assouplir" à l'hôpital.

Olivier Véran a enfin confirmé la reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux, soit un "effort de 13 milliards d'euros", promise l'an dernier. Elle sera accompagnée d'un "nouveau plan d'investissement" pour les établissements hospitaliers, a-t-il précisé. Un programme chargé, dans un calendrier serré et sous pression, avec plusieurs appels à la grève ou à la manifestation dans les prochains jours.

Dès ce jeudi 21 mai, un rassemblement est prévu à 13h30 devant l'hôpital Robert-Debré à Paris. Le syndicat SUD-Santé des Hôpitaux de Paris (AP-HP) appelle à cesser le travail lundi et la CGT des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a déposé un préavis pour la journée de mardi. A Bordeaux, des rassemblements sont prévus devant deux sites du CHU les 26 et 28 mai, à l'appel des syndicats FO, CGT et SUD.

Nicole Notat pour coordonner le "Ségur de la santé"

Dans un communiqué, Nicole Notat l'ancienne responsable syndicale, aujourd'hui présidente de l'agence de notation sociale Vigeo, a dit accepter la mission "d'animation" proposée par le gouvernement, disant vouloir "aider à la construction de conclusions le plus partagées possible".

La nomination de Nicole Notat, 72 ans, a cependant été accueillie avec réserve par plusieurs syndicats, qui gardent un souvenir en demi-teinte de celle qui dirigea la CFDT de 1992 à 2002, jugée trop proche du gouvernement. "Ce choix n'est pas bon parce qu'il prête le flanc à la polémique", a estimé auprès de l'AFP une dirigeante de fédération. "Notat désignée pour piloter le Ségur, ça ne va pas le faire du tout", a prévenu l'un de ses homologues.

Nicole Notat "sera elle-même entourée d'experts", a assuré de son côté Olivier Véran, en assurant que la concertation allait permettre de "bousculer les corporatismes" et d'"apporter des réponses concrètes" aux attentes des soignants. 

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