2 min de lecture Privatisation

VIDÉO - Privatisation d'Aéroports de Paris : pourquoi le projet divise

ÉCLAIRAGE - Plus de 200 parlementaires de l'opposition combattent le projet du gouvernement de privatiser ADP. Ces élus réclament la tenue d'un référendum d'initiative partagée.

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Ce qu'il faut savoir sur la privatisation d'Aéroports de Paris Crédit Image : ERIC PIERMONT / AFP | Crédit Média : Le 12.45 | Date :
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et La rédaction de M6

"Une imbécillité", une "erreur stratégique majeure". Le constat est sans appel pour les parlementaires de l'opposition. Issus de 11 formations politiques différentes, des députés et des sénateurs se mobilisent contre le projet de vente d'Aéroports de Paris (ADP), prévu dans la loi Pacte.

"C'est non seulement une imbécillité sur le plan économique et financier, mais c'est aussi une erreur stratégique majeure parce qu'Aéroports de Paris n'est pas une entreprise comme les autres", a argumenté le député des Landes sur France 2.

Alors que 185 signatures sont requises pour un "RIP", procédure jusqu'ici inédite depuis son introduction dans la Constitution en 2008, les parlementaires ont déposé une proposition de loi référendaire avec 218 signataires, issus de 11 groupes dans les deux chambres. 

Que prévoit le gouvernement ?

En débat depuis plus de six mois au Parlement, le projet de loi Pacte prévoit de supprimer l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%). Depuis la première lecture en octobre, cette privatisation est devenue, après son rejet au Sénat, la principale pomme de discorde, certains pointant un "cadeau à Vinci", qui ne cache pas son intérêt.  

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Bruno Le Maire a lui défendu son projet de concession durant 70 ans comme la meilleure façon de garantir le développement de ce "fleuron". Certains sénateurs signataires étaient retenus à la chambre haute pour cause d'examen en nouvelle lecture... dudit projet de loi, porté par le ministre de l'Économie.

L'exemple de l'aéroport de Toulouse

En attendant, au sein d'Aéroports de Paris, la crainte domine. Chaque avion qui se pose. 
Et chaque foulard vendu en boutique génère des recettes. Pour beaucoup, l'État est un bouclier. Daniel Bertone, le secrétaire général - CGT ADP, partage sa "crainte".

Certains précédents laissent perplexe. En 2015, un repreneur chinois a repris 49.9% de l'aéroport de Toulouse, pour la somme de 300 millions d'euros. Il veut aujourd’hui les vendre, en faisant une culbute. Nadia Pellefigue, vice-présidente PS de la région Occitanie, explique : "Il a une attitude rapace d'aller se servir dans les caisses. Il y a aussi une volonté d'augmenter les dividendes, plutôt que de s'occuper de l'outil".

Dans l'attente du vote à l'Assemblée

Pour le gouvernement, les opposants à la privatisation d'Aéroports de Paris agitent des chiffons rouges. Le texte doit être adopté demain par la majorité présidentielle, en deuxième lecture à l'Assemblée. Ce qui n'est pas forcément la fin de l'histoire. 

Selon une source parlementaire citée par l'AFP, le parcours de la loi Pacte ne devrait pas être remis en cause par l'initiative de "RIP", qui "vient un peu tard". Reste l'hypothèse politique d'une pression telle sur le gouvernement qu'il puisse y avoir promulgation de la loi "mais pas de lancement de la privatisation", à l'image du contrat première embauche (CPE) en 2006, promulgué mais jamais appliqué.  

La porte-parole Sibeth Ndiaye a assuré, ce mercredi 10 avril, que le gouvernement espère toujours l'adoption "à une large majorité" de la privatisation d'ADP, en dépit de la fronde d'une opposition qu'elle considère "constituée des attelages les plus baroques". En attendant, ADP a accusé le coup et a perdu 2,05% à la clôture de la bourse de Paris. 

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