3 min de lecture Prix

Privatisation des autoroutes : un rapport sénatorial préconise de renationaliser

ÉDITO - Ce rapport sénatorial plaide pour la fin des concessions à partir de 2031. La commission d'enquête du Sénat dénonce en effet la "rentabilité hors normes" des sociétés concessionnaires des autoroutes françaises. Elle devrait être de 40 milliards d'euros d'ici 2036.

Francois Lenglet ok Lenglet-Co François Lenglet iTunes RSS
>
Privatisation des autoroutes : un rapport sénatorial préconise de renationaliser Crédit Image : JEFF PACHOUD / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
LENGLET 245300
François Lenglet édité par Sarah Ugolini

Un rapport sénatorial s’intéresse à la situation financière des autoroutes françaises. Un nouveau rapport, rédigé par deux sénateurs, de l’Essonne et de la Creuse, a en effet été rendu public ce vendredi 18 septembre, après plusieurs mois d’enquête. Il confirme ce que nous pressentions : ça va plutôt très bien pour les sociétés concessionnaires, celles qui exploitent le réseau français. On parle ici de Cofiroute, Sanef, ASF et autres APRR.        

Le réseau et ses exploitants ont été privatisés en 2006, par le gouvernement Villepin, et vendus à un prix d'une quinzaine de milliards d'euros, prix basé sur la rentabilité estimée à l’époque. Et voilà qu’elles gagnent actuellement plus d’argent que prévu, arrivant à la rentabilité dès 2022, alors que les concessions courent jusqu’au début des années 2030. Ça va donc se goinfrer gentiment, sur le dos de l’usager, nous disent nos deux sénateurs. 

Mais ne peut-on pas renégocier ces contrats ? C’est que qu’on a déjà fait, en 2015, sous l’égide du ministre de l’Environnement d’alors, Ségolène Royal, sous la présidence Hollande. On a alors arraché quelques oboles, un plan d’investissement et quelques réductions de tarif, mais ça n’a pas changé durablement l’équation. 

L’État aurait intérêt à sortir des concessions

Ça veut dire que l’État aurait intérêt à sortir des concessions, et à gérer lui-même les autoroutes ? C’est ce que disent sans détour les auteurs du rapport, tout en signalant que ce serait prohibitif de rompre les contrats aujourd’hui. Cela coûterait en effet une cinquantaine de milliards d’euros.   

À lire aussi
international
États-Unis : un carambolage géant fait 5 morts et plus de 30 blessés

Mais les sénateurs recommandent de se préparer pour la fin des concessions existantes, à partir de 2031. Seul problème, il y a quelques semaines, un décret est paru subrepticement, autorisant la privatisation sous concession de nouveaux tronçons, sur des nationales. Visiblement, le gouvernement actuel, non seulement n’est pas désireux de reprendre la main, mais s’apprête même à étendre le champ des concessionnaires.

Vous nous dites qu'il va y avoir des péages sur les nationales ? Il s’agit en fait de nationales à quatre voies, qui mènent aux autoroutes. En clair, les bretelles d’accès, que les collectivités locales ne parviennent pas à entretenir faute d’argent, et qu’elles seraient enclines à céder au privé. 

L’État impécunieux a préféré encaisser que gérer

Il n’y aurait pas de péages sur ces sections, mais les concessionnaires se rattraperaient sur les péages classiques, avec une augmentation "raisonnable", prévoit le décret de façon sibylline. Exactement la même histoire qu’en 2006, où l’État impécunieux a préféré encaisser plutôt que de gérer et d’investir, quitte à faire mine de se fâcher de temps en temps, quand les tarifs grimpent un peu trop.

Nous sommes donc condamnés à payer plus. Cela dit, à supposer même que les bretelles restent dans le giron public, il faudrait payer pour les rénover. En fait, il y a une alternative pour entretenir les routes : payer avec un péage, ou payer avec des impôts locaux plus élevés. Dans le premier cas, seuls les usagers sont facturés. 

Différencier les prix en fonction de la pollution ?

Dans le second, c’est le contribuable qui paye en fonction de ses revenus, et non pas de l’utilisation qu’il fait du réseau. La première solution : lier le paiement à l’usage, est la plus juste. Nos deux sénateurs proposent de différencier les prix en fonction de la pollution, en faisant payer moins cher les véhicules propres. 

L’autoroute gratuite pour une Tesla à 50.000 euros, et payante pour une Fiat diesel de 1995. Pas évident à appliquer. Si le gouvernement envisageait cela, on n’a pas fini de voir des "gilets jaunes", et pas seulement ceux du personnel d’entretien des autoroutes. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Prix Gouvernement Privatisation
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants